Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Philippe Geluck

    Invité : Philippe Geluck.

    Philippe Geluck, le dessinateur belge papa du Chat, « pète les plombs » dans son nouvel album où il croque l'actualité avec férocité et jubilation alors que Bruxelles annonce la création en 2022 d'un grand musée du Chat et du dessin d'humour.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est une trilogie très importante dans l'histoire de l'art. Après "Geluck se lâche", "Geluck enfonce le clou", voici "Geluck pète les plombs". Trilogie, Philippe Geluck, c'est une trilogie qui va marquer l'histoire ? Ah je pense. Je pense qu'il y a un avant et un après. Oui. Mais l'important, c'est le pendant et on y est. Eh bien c'est là, on est dans le pendant, là. On est en plein dedans. Oui. Oui, le pendant. Oui, parce qu'il y a le pendant, le truc qui pend, non, c'est maintenant, voilà. Ou (...)

    C'est une trilogie très importante dans l'histoire de l'art. Après "Geluck se lâche", "Geluck enfonce le clou", voici "Geluck pète les plombs". Trilogie, Philippe Geluck, c'est une trilogie qui va marquer l'histoire ? Ah je pense. Je pense qu'il y a un avant et un après. Oui. Mais l'important, c'est le pendant et on y est. Eh bien c'est là, on est dans le pendant, là. On est en plein dedans. Oui. Oui, le pendant. Oui, parce qu'il y a le pendant, le truc qui pend, non, c'est maintenant, voilà. Oui. "Hic et nunc", maintenant et ici, comme disaient déjà les Romains, c'est ça la vie. Oui. Il y a des pensées très importantes, des pensées de Kurt, dans le livre. Oui. Alors, c'est un livre qui contrairement aux deux premiers… alors c'est un mélange disons, une succession de dessins un peu trash et de textes sous forme de chroniques, qui sont parfois très énervées, très inspirées, très délirantes, très décalées. Et puis il y a de temps en temps, les brèves de Kurt. Oui. Ah, eh bien vous avez choisi le dessin le plus poétique, voilà. C'est l'autre qui dit : "Alors docteur, à vue de nez, je dirais 37,5 sous le bras, mais cela demande une vérification". On a vu avec quoi il prend la température. Oui. On préfère là que… voilà. Oui. Mais, vous vous me parlez de Kurt. Oui. Alors j'ai égrené dans cet ouvrage, des doubles-pages, reprenant les brèves de Kurt. Alors Kurt, est un personnage, dont je ne peux révéler la véritable identité, inspiré par le fameux personnage créé par San Antonio, qui s'appelait Kurt (Maibonn), qui était un Allemand. Mais celui-ci, il dit des choses que je ne pourrais pas dire moi-même. Oui. Par exemple une formule, il dit : "Après ma mort, je veux bien éventuellement céder mon corps à la nécrophilie, car ainsi j'aurai tout essayé". Voilà, ça n'engage que lui. Oui. Mais c'est vrai que ceux qui ont tout essayé en sexualité, ne savent pas ce que c'est peut-être, que d'être le sujet passif en nécrophile. Oui, oui. Alors, il y en a une autre, c'est : "Si le Christ s'était fait empaler, à quoi ressemblerait alors le signe de croix" ? Je vous laisse l'imaginer. Oui. Je ne peux pas vous le mimer devant les caméras, ça pourrait choquer certains. Mais ça, c'est Kurt, ce n'est pas moi. Oui, c'est Kurt, ce n'est pas vous. Parce qu'écoutez c'est vrai, c'est écrit d'ailleurs sur le livre : "Cette fois, il va trop loin", "Il va trop loin" ! C'est marqué. Oui. Oui. Oui, mais enfin oui, il n'y a pas de retour possible quand on va trop loin, surtout dans ce domaine-là. Alors c'est un livre dans lequel je me lâche complètement. Ah oui. C'est-à-dire que tant sur les sujets abordés, que sur la manière dont je le fais, je donne libre cours à mon insolence naturelle. Mais, alors est-ce que je peux choquer ? Oui sans doute, certains esprits chagrins. Mais si on repasse sur tous les sujets abordés, qui va du crime climatique, qui est en train de se perpétrer contre l'humanité, de la folie financière - alors je n'ai pas les gilets jaunes, parce que ce n'était pas encore là au moment où j'ai commencé à écrire le livre -, mais tous les thèmes que j'aborde en fait, je me rends compte que même si je le dis de façon très caricaturale, je ne dis que la vérité. Oui. Vous, vous dites : "Ce n'est pas des dessins qui sont horribles, c'est la réalité", il montre. Mais bien sûr. J'ai un dessin qui associe, enfin qui mêle les sujets du nucléaire, de Tchernobyl et de la pédophilie, ah eh bien on le voit justement, d'ailleurs - je ne sais pas si on le voit, je ne sais pas si on peut le montrer à la télé - et qui est horrible. Et les gens me disent : "Mais c'est horrible" ! Mais je ne dis pas : "Ce n'est pas mon dessin qui est horrible. C'est Tchernobyl, qui est horrible et ce sont les crimes de pédophilie, qui sont horribles". Oui. Moi, je ne fais qu'essayer de faire rire, je vais dire c'est de la catharsis. Oui, c'est salvateur. Vous dites : "L'humour, c'est mon parapluie, pour me protéger du monde". Oui. Exactement. J'ai l'impression de l'ouvrir très grand et que mes lecteurs, ceux qui me font l'amitié de me suivre, viennent se réfugier sous ce parapluie. Regardez là, c'est horrible aussi, c'est Schumacher… Oui. …"Les sponsors gardent espoir". C'est horrible, est-ce qu'on peut rire avec ça ? Ce que je trouve cynique, c'est qu'il y ait des enjeux financiers aussi considérables, autour d'un homme qui n'est plus hélas, que végétatif. Mais cyniquement, il y a des avocats, il y a des hommes d'affaires, qui continuent à penser ce que ça pourrait faire perdre à certains, ce que ça pourrait faire gagner à d'autres. Oui. Vous, vous représentez le cercueil de Johnny Hallyday, rempli de billets de banque. Ah oui, j'ai l'impression là, d'avoir simplement dessiné la réalité. On a ouvert le (coffre), j'ai dit : "Mais il est où Johnny, dans tout ça" ? Et c'est vrai que depuis qu'il a disparu, depuis l'immense hommage national qui lui a été rendu, on n'a plus parlé que d'argent. Oui. Bon heureusement, il y a ce disque-là, posthume, qui est sorti, on parle encore de l'artiste. Mais ces histoires de pognon sont un petit peu glauques. Oui. Parce qu'en même temps, il a quand même placé tout son argent à l'étranger, au lieu de payer ses impôts dans son pays. Bon ça, c'est… On voit Trump là, qui dit : "Si Kennedy avait été armé, il aurait pu se défendre", c'est vrai, finalement. Et vous dites, c'est quoi ? "C'est le clown qui fait rire la planète". Oui, c'est gravissime ce qu'il dit. Parce que j'ai fait ce dessin, au moment où il prétendait que dans les écoles, dans les collèges, dans les universités, où des tueurs venaient massacrer des mômes totalement innocents, Trump disait : "Non non, je ne vais pas interdire les armes à feu. Il faut que les professeurs soient armés et pourquoi pas les élèves ? Pourquoi pas les enfants ? Pour se défendre contre les méchants". Mais il est fou, ce mec. Le mal que fait cet homme autour de la planète, en termes environnementaux, mais en termes de violence, en termes d'appel au meurtre finalement, c'est considérable. Donc moi je dessine, c'est très petit. Je veux dire l'insolence, le pied de nez que je lui fais, il est petit comme ça, à côté du mal qu'il fait. Mais je le fais quand même. Oui. Ce sont des dessins, vous dites : "Je ne peux pas vivre au premier degré". C'est-à-dire il faut ce deuxième degré, il faut aller au-delà. Vous êtes un fervent lecteur de Hara-Kiri… Oui. …admirateur de Siné… Bien sûr. …vous aimez cet humour-là, cet humour "bête et méchant". Cet humour, ce genre d'humour m'a toujours fait du bien, dans les moments où je doute, où je suis angoissé par la réalité, par l'actualité. Le fait de raconter des blagues ou de dessiner me fait du bien. Vous savez que des amis de mes parents, rescapés des camps de concentration, m'ont dit un jour que dans les camps, eux - ils avaient survécu -, c'est le rire qui les avait fait survivre, entre eux, ils se racontaient des blagues. Est-ce qu'on peut imaginer ça ? Dans l'horreur qu'ils vivaient dans ces années-là, ils arrivaient encore à rire. Et ils disent : "Ceux qui perdaient cette faculté-là, lâchaient la rampe et ne tenaient pas le coup". Donc l'humour aide à vivre, à survivre et aide à aller mieux. Oui. Oui. Et puis l'absurde, jouer avec les mots. Alors, vous donnez des conseils, c'est très utile. Par exemple, vous dites : "Si vous voulez vous servir de votre ceinture comme un lasso, au moment où vous allez attraper le cheval, vous risquez d'avoir votre pantalon qui tombe". Ça, c'est important de le savoir. Voilà. Mais voilà, je veux mettre… parce qu'après, il ne faudrait pas qu'on vienne se plaindre à moi. Vous savez, c'est comme sur les produits, sur lesquels tout doit être dit dans le mode d'emploi, sinon on peut venir se retourner contre la marque. Et d'ailleurs je rends dans un texte, un très bel hommage à des gens qui vivent de leur plume, à des écrivains ; qui ne sont peut-être pas les plus brillants de la terre, mais qui travaillent tous les jours : ce sont les gens qui rédigent les modes d'emploi, pour les appareils électroménagers ou pour les notices sur les médicaments. Ce sont des gens qui font ce métier-là toute la journée. Ils sont traduits dans des dizaines de langues et pourtant, ils restent anonymes. Et ils sont un peu frustrés et je voulais leur rendre publiquement hommage. Oui. Finalement le délire, la folie, ça fait partie des besoins de la vie ? Oui. Péter les plombs ? C'est une image quand je le dis, je reste très maître de moi. Mais je pense que si je ne pratiquais pas l'humour comme je le fais, je pourrais péter les plombs. C'est-à-dire que la réalité est parfois tellement sordide, les injustices sont tellement criantes, le fossé entre les riches et les pauvres s'est agrandi de façon abyssale. Et ma manière de le dire, mon discours d'indigné, passe par les textes rageurs et drôles, j'espère. Parce qu'il faut que ce soit drôle toujours, sinon certaines choses ne sont pas admissibles. Voici que "Geluck pète les plombs" et qu'il va trop loin. Je peux vous dire, je vous trouve très en forme. Je trouve que vous-même, vous pétez le feu. C'est vrai ? Oui. Ah bien ça, c'est un compliment. Oui, vous pétez la forme. Merci. Merci Geluck, d'avoir été notre invité. Voilà des beaux cadeaux de Noël. Merci, Monsieur Simonin.

    Voir plusmoins
    00:08:16
    Tous publics
    Tous publics