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  • L'invité

    Élodie Bouchez, Jeanne Herry

    Invitées : Élodie Bouchez, actrice française ; Jeanne Herry, actrice et réalisatrice française.

    Élodie Bouchez est à l'affiche de « Pupille », réalisé par Jeanne Herry, un film sur la maternité et l'adoption.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Transcription

    Jeanne Herry, Élodie Bouchez. Ça s'appelle Pupille, présenté en clôture du Festival du film francophone d'Angoulême. C'est un film qui a ému tout le monde, votre film. C'est très touchant parce que ça parle au fond de la filiation, ça parle d'enfants abandonnés, adoptés, ça parle de la vie. C'est ça ?

    Ah oui, ça parle de la vie.

    Ouais.

    De beaucoup de choses de la vie. Ouais, c'est vrai.

    C'est un enfant, en l'occurrence dans le film, qui a e (...)

    Jeanne Herry, Élodie Bouchez. Ça s'appelle Pupille, présenté en clôture du Festival du film francophone d'Angoulême. C'est un film qui a ému tout le monde, votre film. C'est très touchant parce que ça parle au fond de la filiation, ça parle d'enfants abandonnés, adoptés, ça parle de la vie. C'est ça ?

    Ah oui, ça parle de la vie.

    Ouais.

    De beaucoup de choses de la vie. Ouais, c'est vrai.

    C'est un enfant, en l'occurrence dans le film, qui a eu des problèmes. Sa maman, en tous les cas, l'a abandonné et pendant deux mois, elle va pouvoir revenir sur cette décision mais pendant deux mois, on va chercher quelqu'un pour adopter et aimer cet enfant.

    Ouais et s'occuper de lui aussi, de le tenir, là, dans ce temps un peu suspendu, incertain. Il y a tous les travailleurs sociaux qui viennent encadrer ce bébé et c'est la maman qui deviendra sa maman adoptante.

    Ouais, c'est justement vous, Élodie, qui interprétez ce personnage, qui depuis dix ans espère un enfant, qui ne sait pas qu'elle va rencontrer ce petit bout d'amour et qui attend, qui espère. C'est merveilleux de jouer ce personnage ?

    Oui, c'est tout un parcours parce qu'on revient quelques années en arrière sur les étapes du parcours de cette jeune femme. Les étapes d'une vie avec toutes les surprises que peut réserver la vie, c'est-à-dire une rupture, des changements de plans par rapport à la possibilité ou non de cette adoption.

    Ouais. Pupille ; regardez la bande annonce.

    Comme tu le sais, ta maman ne peut pas s'occuper de toi dans l'immédiat mais elle nous a chargés de veiller sur toi et nous, on est là pour ça, pour toi.

    Il faut continuer à bien boire, tu sais, pour prendre du poids.

    Le conseil de famille a donné ses directives pour trouver des parents à ce petit Théo.

    Alice Langlois. Sa première demande d'agrément date d'il y a huit ans. Elle est prête cette femme, c'est le bon moment pour elle, je le sais.

    Je me sens carrément prête.

    Ce qui est incroyable, c'est qu'évidemment on voit ces images, c'est touchant ce petit bébé. Élodie, le personnage qu'elle  interprète, qui va peut-être pouvoir l'aimer. Mais avant, il y a ça ; avant, il y a cette famille d'accueil ; avant, il y a l'administration ; avant, il y a tout ça.

    Tout à fait. C'était un film sur ce cadre-là précisément parce que moi, ce qui m'intéressait, c'était de voir comment la société française, par les bras armés de ces travailleurs sociaux, va gérer ce genre de cas. C'est-à-dire une femme qui ne peut pas psychiquement garder un bébé, qui le remet à l'adoption ; maintenant, on ne parle plus d'abandon, on parle de remise, de recueil. C'est plus positif on va dire et je pense, un peu plus juste parce qu'elle ne l'abandonne pas en rase campagne ou dans une poubelle, elle le livre aux mains de personnes qui, dans mon film, en tout cas, travaillent bien, suivent un protocole qui est pensé avec beaucoup à la fois de degré de civilisation et d'intelligence et de sensibilité. Oui, il en faut du monde pour encadrer tout ça.

    Ouais et tout ça va passer par des chocs émotionnels incroyables. Il y a Gilles Lellouche qui interprète cet homme qui va, pendant ces deux mois, avoir cet enfant, peut-être s'attacher ; et c'est très difficile aussi ce travail-là.

    Eux, les travailleurs sociaux, ils disent que c'est les métiers de l'impossible parce qu'on leur demande à ces gens-là, lui, il est assistant familial, de s'attacher au bébé, de lui donner toute la nourriture possible pour que ce bébé s'épanouisse et ne dépérisse pas et que le bébé s'attache à lui aussi et favoriser le transfert de l'attachement à la personne qui va devenir sa maman. Donc oui, ce sont des métiers très complexes et en même temps, on l'imagine et on l'espère, parce qu'utiles, remplissants, intéressants, passionnants.

    Ouais et alors en plus, il y a la trame romanesque mais qui est tellement vraie parce que chacun des personnages a sa vie en plus de ça ; ses amours, ses ruptures, ses sentiments, ses faiblesses. Elle est touchante celle que vous interprétez Élodie parce qu'elle est fragile.

    Oui et la vie continue. C'est-à-dire sur des expériences de vie et des délais aussi longs, la vie nous rattrape ; et tous ces gens, qui s'occupent de tout ça, ont une vie aussi et ont leurs épreuves. Tout est centré autour de la vie et de l'avenir de ce petit bébé mais avec la vie de chacun, les parcours de chacun.

    Ouais. Ce sont des scènes bouleversantes, sans révéler le film, mais l'instant même où une maman rencontre son enfant adopté pour la première fois, c'est une scène extraordinaire à interpréter, Élodie, jouer ça. Jouer cet instant d'amour comme ça avec ces larmes qui viennent.

    Oui, c'était un des moments… Pour moi, chaque moment que Jeanne m'a donné à jouer dans ce film était important et essentiel. Pour moi, en tout cas, j'avais envie de trouver la justesse la plus vraie et l'humanité absolue de cette femme. Et quand ça se concrétise, quand enfin elle est devant ce petit bébé, j'ai essayé d'être le plus dans la situation possible.

    C'est le cas.

    Ouais, c'est vrai que c'est des moments, enfin, où les bébés ou les gens rencontrent leurs enfants adoptifs et d'adoptants. Tout ça, ce n'est quand même pas aussi organique qu'un accouchement, je veux dire ; et il se passe beaucoup de choses différentes et c'est ce qu'ils essayent de leur dire : "Ça ne se passera pas comme vous pensez, vous ne pouvez pas déterminer votre réaction, vous ne pouvez pas déterminer la réaction du bébé". Il y a des bébés qui pleurent, il y a des bébés qui ne peuvent pas y aller, il y a des bébés qui se jettent immédiatement, qui ont un mouvement vers… On ne sait pas. On ne sait pas ; et on va apprendre et il y a un temps d'adaptation qui fait que… Mais c'est vrai que cette scène, moi, j'avais déterminé très précisément ce qui s'y passait mais il faut aller chercher tout ça après.

    C'est là où on voit l'actrice.

    Ouais.

    La grande actrice qu'est Élodie.

    Exactement.

    Un mot parce qu'il y a votre maman dans le film.

    Ouais.

    Miou-Miou.

    Oui.

    C'est un film qui parle de filiation et votre maman est avec vous, là.

    Quand même ! Si elle n'est pas, comment on va faire ?

    C'est beau de tourner avec sa maman !

    Et elle ouvre le film : c'est la première voix qu'on entend dans le film. Le premier dialogue, c'est elle. Elle n'a pas un rôle qui est central. Elle fait partie de ce collectif-là qui gravite autour des personnages centraux. Mais c'est quand même un rôle qui est important parce que tout ce qu'elle a à faire est très déterminant pour le destin à la fois du bébé et du personnage d'Élodie. C'était important qu'elle soit là ; ouais, bien sûr. D'abord, c'est quelqu'un qui m'a toujours beaucoup soutenue dans ce que je faisais, tout globalement ; et en particulier dans l'écriture, quand je me suis lancée dans l'écriture et la réalisation. Mais l'écriture surtout, c'est une des premières qui m'a dit : "Moi, j'aime bien moi ce que tu fais et tout". J'ai la chance d'avoir été élevée par une grande actrice.

    C'est vrai.

    Je ne vais pas m'en passer.

    C'est vrai.

    J'avais son numéro, c'était facile.

    Oui, vous avez son numéro, hein ?

    Elle était facile à contacter.

    Vous me le donnerez après ! Non, je rigole !

    Je ne sais pas, ça, je ne sais pas.

    Merci beaucoup, Jeanne Herry, Élodie Bouchez.

    Merci.

    Ça s'appelle Pupille. Le film présenté à l'honneur en clôture du Festival du film francophone d'Angoulême qui nous a tous touchés.

    Merci à vous.

    Merci.

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    00:08:24
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