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  • L'invité

    Plantu, Dalil Boubakeur

    Invités : Plantu, dessinateur de presse français ; Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris.

    C'est la rencontre unique entre l'un des plus célèbres dessinateurs de presse français et le plus haut représentant de l'islam de France, à travers un livre « 10 bonnes raisons de ne pas se faire sauter ». Un échange de paix fraternelle après la vague d'attentat islamiste qui a touché la France, au cours de laquelle les dessinateurs de "Charlie Hebdo" ont été assassinés.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est une rencontre étonnante. C'est l'un des plus grands dessinateurs de presse Français, Plantu, dessinateur au journal Le Monde, et Dalil Boubakeur, le Recteur de la Mosquée de Paris, ensemble, qui signent un livre en commun aux éditions du Seuil, qui s'intitule "10 bonnes raisons de ne pas se faire sauter". C'est un livre militant et c'est une rencontre exceptionnelle, Jean Plantu. Merci de nous recevoir tous les deux parce que je suis très fier de me retrouver avec Monsieur le Recteur, parc (...)

    C'est une rencontre étonnante. C'est l'un des plus grands dessinateurs de presse Français, Plantu, dessinateur au journal Le Monde, et Dalil Boubakeur, le Recteur de la Mosquée de Paris, ensemble, qui signent un livre en commun aux éditions du Seuil, qui s'intitule "10 bonnes raisons de ne pas se faire sauter". C'est un livre militant et c'est une rencontre exceptionnelle, Jean Plantu. Merci de nous recevoir tous les deux parce que je suis très fier de me retrouver avec Monsieur le Recteur, parce qu'elle est venue du fait que je me posais des questions, déjà seul, en tant que dessinateur. Qu'est-ce qui fait que les jeunes ne comprennent pas certaines images ou sont vexés, furieux. Il faut tout revoir et revoir pourquoi il y a des gens qui dérivent et qui tombent dans le terrorisme. Je me suis dit, il faut que je pose des questions à des intellectuels ou à des professeurs, on travaille beaucoup avec les professeurs avec mon association, "10 bonnes raisons de ne pas le faire sauter". Avec les gens de mon édition, au Seuil, ils m'ont dit tu n'as qu'à aller voir des tas de gens. J'ai dit, oui, et d'ailleurs, je devrais commencer par le Recteur de la Mosquée de Paris. Ils m'ont dit : "Téléphone-lui". Il vous a appelé alors, Monsieur le Recteur. Non seulement, je l'ai appelé, mais en plus, il m'a reçu tellement gentiment que finalement, c'est vous, Dalil, qui êtes le noeud de ce livre.  Pourquoi, Monsieur le Recteur, vous avez dit oui, OK, à cette proposition d'un dessinateur de presse.  C'est véritablement un ami que j'ai été heureux et honoré,  très honoré. J'ai de la chance. Le grand Plantu tout de même, c'est une personnalité du monde, de la presse, de l'opinion française et avoir le plaisir et l'honneur de voir ses pensées, ses questions, ses interrogations, était pour moi un moment absolument extraordinaire. De voir aussi ses dessins iconoclastes, de voir aussi cette liberté d'expression à travers le dessin.  Quand je demande au Recteur de réagir à un dessin comme ça, il prend le dessin, il me le saisit, il le revendique. "Tabagisme nuit gravement à la santé. Salafisme nuit gravement à la laïcité". Et là, je me dis, c'est incroyable. On s'aperçoit que mon dessin que j'ai fait il y a deux ou trois ans, le Recteur le prend et le revendique. Je me dis bon ben voilà, c'est formidable. Le dialogue naît de cette conversation à partir de ces dessins.  Il y a une telle proximité d'idées, je dirais même vision de ces faits que vous dénoncez et que nous dénonçons aussi, que c'était très facile finalement de répondre et d'aller dans le sens, comme on dit inconscient, qu'il a fallu une espèce de maïeutique, c'est un terme savant, dans le sens où nous accouchons de ce qui était déjà en nous. Toutes ces idées étaient inexprimées et inexprimables, mais il a fallu Monsieur Plantu pour les mettre en images et les mettre noir sur blanc. Evidemment, Monsieur le Recteur, on a en tête l'assassinat de tous les dessinateurs de Charlie Hebdo. Mais bien sûr. Par des terroristes. Absolument. Qui se sont revendiqués de l'islam, qui ont dit "On a vengé le Prophète". Vous savez à quel point combien de fois, nous et nos semblables, dire que ce n'est pas la religion musulmane, que ça n'a rien à voir avec l'islam, que ces criminels sont des criminels et qu'il faut toujours traiter un assassin ou un criminel en tant que tel. Vous dites, dans ce livre, que ce sont des escrocs de la religion. Mais bien entendu. Comment voulez-vous qu'au nom de la religion, on tue un gamin de 5 ou de 6 ans dans une synagogue ? Est-ce que quelque chose de raisonnable ou de religieux indique ou recommande ? Lorsque l'on tue des dessinateurs au nom du Prophète. La religion est d'abord un art de vivre, une manière de vivre en paix, d'apporter la paix. L'Islam, c'est la paix et toutes les religions ont apporté un progrès à l'humanité. Mais quand il est des régressions comme ça, archaïques, obscurantistes et criminels, comment voulez-vous traiter ça, de religion ? C'est complètement faux. Il y a cet échange incroyable dans ce livre, tous les deux. Il vous interroge, Plantu. Il vous pose des questions et vous répondez. Jean, cet échange était incroyable.  Je le remercie d'avoir véritablement inscrit, dans ces dessins d'une qualité extraordinaire, admirable, à quel point il a pu faire dire ce que nous pensons depuis toujours. Quand on montre un dessin, je montre un dessin sur les mutilations sexuelles, il se trouve que 14 % des femmes qui accouchent en Seine-Saint-Denis sont mutilées sexuellement. J'utilise le dessin pour que la parole soit dite et Dalil Boubakeur n'aurait pas dit ces phrases s'il n'avait pas vu le dessin. Il est porté et il dit, "ah ben oui, d'ailleurs, j'ai quelque chose à dire". C'est pour ça que le livre est incroyablement riche. Merci infiniment. Mais comment voulez-vous qu'ayant dénoncé l'infibulation, les excisions, etc, les ayant publiquement dénoncés comme des crimes contre la féminité, contre l'être humain, nous voyons que ces faits ne sont pas encore éradiqués. Plantu, pour conclure, c'est émouvant de vous voir tous les deux. C'est le dessin qui fait réfléchir. C'est le rôle du dessinateur. Le dessinateur a des crayons. J'ai un copain Brésilien qui m'a dit "Laisse penser ton crayon", parce que quand on dessine comme ça, le crayon bouge au bout des doigts, on a une idée dans la tête, et finalement au bout, sur le papier, il dit quelque chose d'autre. Il y a quelque chose qui vient d'ailleurs. C'est peut-être la poésie, c'est peut-être la religion, c'est peut-être l'au-delà. A la fin, le crayon dit quelque chose qui n'est pas tout à fait ce que je voulais faire au départ et c'est très bien comme ça. C'est votre écriture automatique, celle qui vient du cœur, celle qui vient de l'inconscient, celle qui vient de l'art et celle qui vient de la manière de dire cet art. La meilleure des conclusions, regardez. Ça, c'est magnifique. Au-dessus du nuage, il y a quand même de la lumière. Derrière, regardez ce qu'il a dessiné. En double alors. C'est une véritable affection, une fraternité entre nous, parce que nous sommes frères et parce que nous sommes engagés dans une même vision sceptique de l'humanité et que nous souhaitons qu'elle s'améliore. Notre but n'est pas de l'avilir, n'est pas de la guérir, mais de l'améliorer, de l'aider à voir en elle ce qui est beau.  Une belle colombe de paix. Notre but, c'est de faire des ponts. C'est la paix. C'est de faire des ponts entre les religions. J'aime beaucoup cette image, entre une mosquée à Paris et la Tour Eiffel. Rien de plus beau symptôme et symbole, mon très cher. Je voulais vous remercier mille fois de votre idée. Vous cachez la poignée de main. Ah la voilà ! Merci beaucoup. Merci infiniment à tous les deux. Le livre s'appelle 10 bonnes raisons de ne pas se faire sauter publié aux éditions du Seuil. C'est un événement de vous avoir tous les deux, Plantu et le Recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, ensemble sur le plateau de TV5 Monde. Merci beaucoup Que Dieu vous bénisse. Merci, Patrick et merci Dalil. Merci.



    Merci, Dalil.

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    00:07:57
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