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  • L'invité

    Adèle Haenel, Pierre Salvadori

    Invités : Adèle Haenel, actrice française ; Pierre Salvadori, acteur et réalisateur français.

    Couronnée par deux César, star des frères Dardenne, icône du cinéma d'auteur, Adèle Haenel est à l'affiche de « En liberté ! ». Cette comédie, réalisée par Pierre Salvadori, détourne les codes du cinéma de genre, pour offrir un film délirant et jubilatoire.

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival international du film francophone de Namur.

    Transcription

    Pierre Salvadori. Dites-moi, Pierre Salvadori, c'est vrai, il vaut mieux être finalement un salaud qu'une victime ? Non, c'est ce que dit le personnage, mais ce n'est pas du tout la morale du film et je ne crois pas du tout à ça. Je préfère être une victime qu'un salaud, si je dois choisir absolument entre les deux. Bah, non, c'est affreux d'être un salaud. C'est affreux, c'est désincarné. C'est ne plus être un homme. C'est atroce. Dans ce film, ça parle vraiment. C'est une histoire incroyable, (...)

    Pierre Salvadori. Dites-moi, Pierre Salvadori, c'est vrai, il vaut mieux être finalement un salaud qu'une victime ? Non, c'est ce que dit le personnage, mais ce n'est pas du tout la morale du film et je ne crois pas du tout à ça. Je préfère être une victime qu'un salaud, si je dois choisir absolument entre les deux. Bah, non, c'est affreux d'être un salaud. C'est affreux, c'est désincarné. C'est ne plus être un homme. C'est atroce. Dans ce film, ça parle vraiment. C'est une histoire incroyable, Adèle Haenel, que ce personnage d'Yvonne que vous interprétez, qui va retrouver le passé de celui qui était le héros avec lequel elle a partagé sa vie, puis, s'apercevoir que ce n'était pas exactement ça. Sa vie est bousculée. Ah oui, c'est sûr, oui. Cela part un peu en live pendant le film, en tout cas. Oui. Oui, c'est quand même intéressant. Je trouve que ça faisait un personnage fort, c'est-à-dire quelqu'un qui se rend compte, qu'une jeune veuve qui se rend compte que les huit années qu'elle a passé avec un homme était un mensonge, que cet homme lui a menti sur ce qu'il était, que c'était un sale type. C'est terrifiant, c'est un effondrement. Et là, elle va peut être trouver, mais, sans lui dire, l'homme qui a payé pour cette trahison de son ex. Elle le trouve. Oui, en fait, elle essaie de se battre contre sa culpabilité puisqu'elle a volontairement profité des escroqueries de son mari. Donc, elle essaie de racheter un peu sa conscience en essayant de sauver ce pauvre gars qui a payé pour tout le monde. Mais, en fait, en essayant de l'aider, elle fait un peu qu'empirer la situation. Puis, elle répare un peu les fautes qu'elle n'a pas commises. C'est-à-dire que ce n'est pas elle qui a mis ce type en taule, c'est son mari. Mais, comme elle ne dit pas la vérité pour protéger son fils, elle se sent un peu coupable, elle se sent obligée. Donc, elle suit ce mec partout pour essayer de réparer et colmater les fuites derrière. Et comme lui, il est fou de rage et qu'il casse tout ce qui se bouge. Tout ça dans ce film. On se rend compte qu'il y en a des choses dans ce film. On regarde quelques instants. Ça s'appelle "En liberté". Ça s'est vraiment passé comme ça ? Pour la marque de la voiture, je ne suis pas tout à fait sûre, mais pour le reste, quasiment comme ça, oui. Il a été fort papa. Vous êtes qui ? Le comptable de la bijouterie (Masséna). Votre diamant brut, c'est moi qui l'ai refilé à Jean. Putain ! (inaudible). Il y a de la poésie. Il y a de l'absurde. Il y a de la folie. D'ailleurs, on le voit entre vous deux, d'ailleurs. Donc, vous vous amusez bien sur un tournage comme ça, Adèle.

    Ah oui, c'est vrai, c'était sympa. C'était un tournage heureux. On a bien rigolé. Non, c'est vrai, c'était super. Mais, en plus, après le scénario, il s'y prêtait bien puisqu'on avait non seulement des, beaucoup de, on avait pas mal de textes, qui est quand même déjà en soi super, c'était super drôle à la fin. Mais, on avait aussi beaucoup de scènes d'actions, notamment des courses-poursuites. Mais, moi, j'ai toujours rêvé de faire ça. Donc, j'étais vraiment ravie d'avoir cette occasion. Dès qu'elle avait un pistolet, elle tirait partout. Elle avait très envie de, alors qu'elle est censée cacher qu'elle est flic et qu'elle avait un fusil à pompe. Mais, bon, il suffisait d'attendre dix minutes, qu'il n'y ait plus de balle dans le barillet. Alors, ça canarde, ça mange des oreilles parfois. Ça peut arriver. Ça transporte des morceaux de corps humains dans des sacs plastiques. Il y a tout ça dans le film. Oui. J'avais oublié. Oui. Mais, en fait, ce n'est pas non plus que gore. C'est-à-dire… Ça ne l'est pas. Ça ne l'est pas, oui. Il ne faut pas… Mais, moi, j'avais envie de mélanger les gens, de faire un film un peu total, coloré et de ne pas avoir peur de mélanger tout ça. Oui, il y a un côté "Le gâteau 100 fois bon", c'est un livre que j'avais quand j'étais enfant, ou c'est un chien et un chat qui font un gâteau : "On ne va mettre que des trucs bons dedans et ça va être 100 fois bon". Voilà. Et ça marche. Et ça marche. En fait, on peut faire un gâteau 100 fois. On croit tout ça, que certains cuisiniers très chics vont vous dire : mais, non, les saveurs vont s'annuler. Eh bien, nous avons prouvé le contraire. On a fait le film 100 fois bon. C'est bien ton histoire-là. On rit beaucoup. Il y a du Tarantino. Il y a du Zoro. Il y a du James Bond. Il y a un peu du (Bebel). Il y a des cascades. Il se passe plein de trucs. Bien, oui, parce que le film parlait aussi de ça, de l'importance des histoires dans nos vies, de transmettre à travers des choses, à travers des histoires. Donc, la mère raconte à son fils quand elle le croit encore glorieux des histoires du père génial. Quand elle apprend la vérité, elle est obligée de lui raconter des nouvelles histoires. Donc, ces histoires, on les voit à l'image, ça permet de relancer le récit. Ça permet de mélanger les gens. Je me suis autorisé beaucoup de choses. Oui, peut-être que ça à voir avec le titre, mais, j'ai eu l'impression de filmer et d'écrire un peu plus en liberté que d'habitude. Le plus beau des comiques, c'est l'absurde au fond. C'est de jouer avec le spectateur. Alors, pour une comédienne, c'est génial ça, de s'amuser, brouiller les pistes. Oui, je dirai que c'était un des trucs qui était vraiment intéressant à faire, au delà de ce que je vous ai dit par rapport aux courses-poursuites, qui restent quand même pour moi indépassables. Mais, le fait de faire dans les scènes de dialogues, d'avoir toujours des… En fait, le film, il fonctionne vachement sur le côté triangulaire. C'est-à-dire deux personnes qui prennent part à une discussion, une troisième personne qui regarde. Mais, parfois, c'est même, au sein même d'une discussion à deux personnes, un des deux personnages qui va jouer deux rôles. C'est-à-dire le rôle d'être à la fois dans la discussion et à l'extérieur. Donc, il y a toujours cette idée de faire entrée-sortie, entrée-sortie, et là-dessus, il y a quand même - comment on appelle ça - une sorte de… On appelle ça de l'ironie dramatique. C'est-à-dire qu'un personnage ment. Celui qui est en face de lui ne le sait pas, et le spectateur le sait. Donc, l'actrice, Adèle, elle joue et pour le mec à qui elle ment. Mais, d'une certaine façon, elle joue aussi avec le spectateur. Donc, c'est ça la comédie. C'est cette jouissance du spectateur de savoir des trucs que l'autre ne sait pas. Et pour l'acteur, c'est cette complexité à être très sincère dans les mensonges. Mais, en même temps, à garder une ironie et une drôlerie pour que le spectateur, un timing, si vous voulez, qui est destiné à faire rire le spectateur. Oui, il y a des moments forts. Lors d'une scène d'amour dans laquelle la fille dit au mec :"Je t'autorise à ne pas me respecter". On a rarement vu ça au cinéma. Ce film, il est aussi beaucoup autour de la contagion. C'est la contagion de la dinguerie de Pio qui commence à l'atteindre, la contagion du désir de Pio pour Adèle qu'elle reporte sur son amoureux à elle. Enfin, donc, avec des répétitions, des choses comme ça. Oui, à un moment, elle retrouve Louis, et l'autre vient de lui faire une déclaration d'amour assez brûlante et elle réutilise les mots de Pio et elle les ressort à ce pauvre Damien qui est complètement paniqué, puisqu'il a un désir un peu moins assumé, et cache un peu les trucs. Il met un masque pour l'embrasser. Il y a beaucoup de masques dans le film. C'est vraiment le plaisir du jeu, Adèle Haenel ? Exact. C'est vrai, c'est un des films auxquels j'ai participé, qui ressemble plus à une cour de récré, quand même. Oui. Mais, alors, ça, c'est autre chose. Moi, j'aime beaucoup que les tournages soient heureux. C'est affreux. C'est déjà dur de faire un film si, en plus, il faut qu'on souffre au tournage. Donc, moi, j'en ai besoin en tout cas. Sinon, je suis tétanisé, je n'ai plus d'idée. Donc, les gens se décarcassent pour me faire croire qu'ils s'éclatent, alors qu'ils n'ennuient tous, pour faire croire à Pierre que c'est drôle. Et ce qui est plus extraordinaire, c'est que le spectateur est heureux aussi. Oui. On a vu quelquefois quand même les séances auxquelles on a participé, c'est quand même vraiment agréable. Il est super content, parce que… A Cannes, c'était génial. Oui. A Cannes, j'ai cru que… Il y avait un mec à ma droite, parce que moi, je n'avais jamais vu le film avant. Une comédie, c'est un pari. On ne sait pas si ça va marcher ou pas, tout ce truc. On écrit dans sa petite chambre. On est là. Bon, oui, ça va être rigolo. Après, on monte, mais, on ne sait jamais si ça va marcher ou pas. Quand à Cannes, je voyais cette hilarité comme ça. Il y a un mec, j'ai cru que pendant la scène du braquage en costume SM, j'ai cru qu'il allait mourir de rire. Et je vous avoue que j'ai secrètement espéré qu'il meure de rire parce que je me suis dit ça pourrait lancer un buzz génial, une crise cardiaque. Comme avant, on faisait des pubs comme ça d'exorcisme. Un mec est mort de peur. Donc, tout le monde allait voir le truc en disant : mais… Je me suis dit peut-être on pourrait faire croire qu'un mec est mort de… On va le faire croire. Oui, c'est ça. Donc, c'est assez terrible à Cannes, et il y a un mec qui est mort de rire, qui a eu une attaque pendant le… C'est ça. Donc, ça m'a vachement bouleversé. Donc, répétez-le ! Mais, en même temps, bon… Merci beaucoup. Merci Adèle. Bien, oui, avec nos condoléances. Et Pierre Salvadori. Ce film, c'est "En liberté !" On va vous rendre votre liberté tout de suite là. Merci beaucoup. Merci beaucoup. C'est précieux. Merci à tous les deux.

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    00:08:13
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