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  • L'invité

    Sarah Marquis

    Invitée : Sarah Marquis, aventurière suisse.

    Elle a été nommée « Aventurière de l'année » par le « National Geographic ». Sarah Marquis publie le récit d'une de ses premières expéditions : « L'Aventurière des sables, 14 000 km à pied à travers l'Australie », un défi pour faire comprendre à tous les enjeux environnementaux.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    "Aventurière de l'année", selon le National Geographic. Elle a parcouru à pied l'équivalent du tour de la Terre entière. Bonjour, Sarah Marquis. Bonjour. Vous êtes "L'aventurière des sables", c'est le titre d'un livre. C'était votre première aventure en 2002. Depuis, il y en a eu tellement ! Incroyable parcours qui est le vôtre ! Comment, Sarah, vous expliquez ce désir, ce besoin, au risque de votre vie, de parcourir le monde toute seule, comme ça ?

    Je pense qu'on a tous, au fond d (...)

    "Aventurière de l'année", selon le National Geographic. Elle a parcouru à pied l'équivalent du tour de la Terre entière. Bonjour, Sarah Marquis. Bonjour. Vous êtes "L'aventurière des sables", c'est le titre d'un livre. C'était votre première aventure en 2002. Depuis, il y en a eu tellement ! Incroyable parcours qui est le vôtre ! Comment, Sarah, vous expliquez ce désir, ce besoin, au risque de votre vie, de parcourir le monde toute seule, comme ça ?

    Je pense qu'on a tous, au fond de nous, une mission dans notre cœur. Et je pense que juste en moi, c'était celle-ci, c'était faire ce petit lien entre la nature et les humains. Et c'est ce que j'ai fait toute ma vie en fait, depuis le début. J'ai poussé au-delà du pas normal. Ma curiosité m'a amenée au-delà de ma petite montagne. Je voulais voir ce qu'il y avait derrière.  Petite montagne suisse, vous y vivez une enfance heureuse. Vous racontez que vous avez envie de vous acheter toutes les semaines, -vous n'avez pas beaucoup d'argent-, le magazine Géo et pour ça, vous devez ramasser des limaces.

    Ah oui, alors on n'a rien sans rien dans ces régions-là, vous voyez ? Ce sont des gens de la terre. Et donc ce qu'il se passe, c'est que mon père, qui bien sûr ne me donnait pas d'argent de poche, il m'a dit : "Écoute, tu veux de l'argent de poche ? Il n'y a pas de problème. Tu vas dans le jardin, tu ramasses 100 limaces. Et pour 100 limaces, tu as droit à un euro", voilà.

    C'est beau. Et avec ça, vous pouvez vous acheter Géo toutes les semaines. Il en fallait six. Oui, il en fallait six. Il fallait beaucoup de limaces. Alors, j'ai appris que les limaces sortaient quand il pleuvait plutôt, donc voilà. Et sans limaces, pas de Géo. Mais, avec Géo, l'envie de rêver. Et ça y est, ça a démarré, vous aviez envie de parcourir le monde.

    Ça a commencé comme ça, en fait. Je m'achetais justement ce magazine. Et puis, chez moi, je feuilletais et re-feuilletais. Je ne comprenais pas encore les mots, je n'arrivais pas à lire, mais je comprenais qu'il y avait des perroquets de toutes les couleurs qui habitaient dans une jungle quelque part, le pays s'appelait Costa Rica, je ne savais pas encore où c'était, à ce moment-là. Et il y avait ces mondes merveilleux, comme ça, que je découvrais, au fur et à mesure de ces publications. Et des années plus tard, j'ai été sacrée par le National Géographic, le même. Voilà, quel extraordinaire parcours !

    Et c'est un peu la boucle qui se ferme.

    On va voir des images, parce que là, c'est une aventure. Je disais, en 2002, vous avez envie de découvrir l'Australie, alors vous la découvrez d'une manière incroyable, vous allez faire 14 000 kilomètres à pied, à travers le bush australien. On voit ces images là, on vous voit arriver là, c'est avec un chien. Racontez nous, Sarah. Ça, c'est un moment très marquant et mythique, de cette expédition, c'est l'arrivée. Je suis partie du centre de l'Australie, Alice Springs, et j'ai vraiment fait la boucle et je suis retournée à Alice Springs. Et là, c'est à 100 mètres de l'arrivée. Et là, à un moment donné, je m'effondre parce que je réalise que j'y suis arrivée, malgré les chercheurs d'or, malgré les gens qui m'ont poursuivie, malgré tous ces moments très difficiles et très forts qui étaient la faim, la soif et la chaleur. Par contre, la beauté de tout ça, c'est que j'ai fait cette expédition avec mon petit frère, qui a préparé la logistique de cette expédition. Et à ce moment-là, on n'avait pas de téléphone satellite, on n'avait pas de balise, on a tout fait ça… Voilà.

    On voit votre famille là, qui vous accueille, c'est un moment très fort. 14 000 kilomètres parcourus. Vous racontez dans ce livre, qui est publié chez Michel Laffont, "L'aventurière des sables", qui complète toutes vos autres aventures, que tout le monde s'arrache, parce que vous nous faites rêver, Sarah Marquis. J'espère donner cette petite graine, qui permet justement à chacun de se projeter dans quelque chose qui leur parle. Mon rôle à moi, c'est ça, c'est de faire ce petit pont entre la nature et l'humain. Et pour créer une magie, une magie qui est vraiment existante, dans ces déserts australiens. Alors, vous ne cachez rien de ce qui vous arrive, je vais vous lire, vous dites : "Je vis par terre, je vis dans la crasse, je m'assieds, je mange par terre… Bref, je suis une femme heureuse".

    Alors, ce n'est pas très glam, on est d'accord. Non, pas vraiment. Ce n'est pas très glam. Mais en fait, ce qu'on dénie dans cette société, c'est justement ce lien brut et tellement vrai, qui nous lie à notre planète.  Et en fait, plus on s'en rapproche, plus il y a ce réveil en soi, de cet animal qui est en nous, qui nous sommes en fait. Parce que le reste, ce n'est que des petites pelures, des petites couches de cette société, qu'on nous met, qu'on croit qu'on est Monsieur ou Madame, etc, alors qu'au fond, on est tous la même chose, on a ce lien à la Terre et puis on s'y connecte, plus ça nous permettra de la connaître.

    On pouvait se dire : "Mais enfin, vous deviez souffrir de la solitude", mais pas du tout. En vous lisant, on s'aperçoit qu'au fond, c'est quand vous êtes dans les grandes villes au milieu du monde, que vous souffrez de solitude. Quand vous vous retrouvez tout seule, comme ça, vous dites : "Ah, je suis bien".

    Oui parce qu'on remarque qu'une fois qu'on enlève toutes ces couches, il y a la souffrance en effet, il y a des heures et des heures de marche, il y a une espèce de nettoyage intérieur qui se passe. Mais au-delà de ça, il y a cette connexion magique avec l'Univers. Et tout à coup, vraiment on vit, moi je vis personnellement, cette connexion avec l'Univers. Donc, il n'y a jamais un moment où il y a une solitude, comme on peut la vivre dans les grandes villes.

    Oui, on va voir des images où vous marchez, comme ça. Vous aimez les grandes étendues, Sarah Marquis. Il y a une raison à ça, c'est la liberté pure. Il y a une magie dans ces étendues désertiques qui m'appellent, et me rappellent, et me rappellent encore et encore. Et pour moi, c'est sentir le vent, sentir ces contrées vides et se sentir si petit en fait, sentir qu'on n'est qu'un grain de sable. Mais, en même temps, on compte, tout le monde compte, chaque petit grain de sable compte. Et c'est un petit peu la philosophie de chaque expédition, c'est de trouver sa place, en tant que petit grain de sable dans ce (domaine).

    On vous voit là, vous êtes un petit grain de sable au milieu du désert, qui marchez, Ah voilà, eh bien typiquement, en fait, oui.  C'est vous là, tout en bleu, avec un sac à dos sur les épaules, parfois qui fait 30 kilos. Porter sa maison, ce n'est pas facile et ça nécessite un petit peu de logistique. Quand je pars comme ça en expédition, j'ai toujours le nécessaire pour être en autosuffisance. Ça veut dire que s'il y a une urgence, je peux gérer, j'ai une pharmacie qui est très lourde et j'ai tout le nécessaire avec moi pour pouvoir survivre.

    À votre famille vous dites que quand vous êtes née, vous étiez un gros bébé, Sarah, et votre maman s'est dit : "Il n'y a jamais eu un aventurier dans la famille", mais là…

    Non, il n'y a pas d'antécédent. …il va falloir faire avec. Ils se sont dit : "Eh bien là, ça y est".

    Alors bon, pour elle, ça n'a jamais été trop un problème. Parce qu'elle a bien compris que ce petit bouchon qu'elle avait, elle avait en fait, un caractère bien trempé. Et puis, au fil des années, elle a compris comment il fallait gérer mon caractère un peu sauvage, c'est en me donnant des options. Par exemple elle me disait : "Sarah, tu veux faire tes leçons ou nettoyer ta chambre ?" Et moi, j'avais toujours l'impression d'avoir une option et jamais je ne me suis braquée et jamais je n'ai fait de bêtises dans ma jeunesse parce que justement, je n'ai jamais eu un mur en face de moi. J'ai toujours eu des petites options, qui me paraissaient plus ou moins sympas. Et j'ai pris mes propres décisions et ça m'a beaucoup aidée par la suite.

    Et puis ce sentiment de la Terre, que vous avez en vous. Vous vous dites : "C'est notre mère", c'est quelque chose de très profond en vous, quelque chose que tout le monde n'a pas comme ça, c'est une fibre que vous sentez. En fait, la chance que j'ai eue, c'est justement de vivre proche de la terre avec ma famille et d'aller chasser les champignons, on partait à la pêche. Et inconsciemment, c'est ma maman qui m'a appris à lire le terrain. On allait chercher les primevères au printemps, on allait cueillir le tussilage plus tard, elle nous a appris à découvrir où se trouvait le tussilage, il fallait un terrain précis pour regarder, etc. Et donc, c'est elle qui m'a appris très tôt à lire un décor.

    Merci, Sarah. J'allais dire merci pour nous, parce que vous nous faites rêver. Tout ce qui vous arrive, c'est un peu à nous aussi, par procuration.  Quand on vous suit, on se dit : "Bravo !" On a envie de vous revoir partir, et surtout, de vous voir revenir. Merci, Sarah Marquis, ça s'appelle "L'aventurière des sables, 14 000 kilomètres à pied à travers les déserts australiens", publié chez Michel Laffont. Merci beaucoup, Sarah. Merci à vous.

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