Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Riad Sattouf

    Invité : Riad Sattouf, auteur de bande dessinée et réalisateur français.

    Riad Sattouf fait revivre son personnage fétiche dans "Les Cahiers d'Esther, histoire de mes 12 ans".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Riad SATTOUF est avec nous. Esther a 12 ans, c’est cette bande dessinée qui passionne des centaines de milliers de lecteurs dans le monde parce que c’est même traduit en Corée, Esther. Elle a 12 ans désormais, Riad.

    Eh bien oui, "Les cahiers d’Esther", c’est une bande dessinée que je fais avec une véritable petite fille, qui existe réellement. Je change son nom pour la bande dessinée. Elle me raconte des histoires toutes les semaines et j’en fais des pages de bande dessinée. C’est (...)

    Riad SATTOUF est avec nous. Esther a 12 ans, c’est cette bande dessinée qui passionne des centaines de milliers de lecteurs dans le monde parce que c’est même traduit en Corée, Esther. Elle a 12 ans désormais, Riad.

    Eh bien oui, "Les cahiers d’Esther", c’est une bande dessinée que je fais avec une véritable petite fille, qui existe réellement. Je change son nom pour la bande dessinée. Elle me raconte des histoires toutes les semaines et j’en fais des pages de bande dessinée. C’est un peu comme si j’avais une espionne dans le monde des jeunes. Je me rappelle quand j’étais ado, personnellement, je ne parlais pas beaucoup, ni à mes parents ni aux autres. Là, il se trouve que j’ai cette informatrice extrêmement volubile, qui me parle de sa vie, de l’univers secret des jeunes.

    Elle se confie à vous. Elle vous dit tout, tout ce qu’elle pense, de la vie, des garçons, des choses importantes de la vie.

    Je ne vais jamais à la pêche aux informations avec elle. Je la laisse me raconter ce qu’elle veut me raconter. C’est toujours surprenant parce qu’elle va me parler de politique un jour, de la façon dont elle voit le futur, de la façon dont les garçons se comportent avec elle, de la façon dont elle est amoureuse de tel ou tel, mais je ne vais jamais chercher au-delà. Je ne lui pose pas des questions intimes. Je ne lui pose pas des questions qui pourraient la mettre dans l’embarras ou des choses comme ça. Ce qui m’intéresse, c’est la manière dont une personnalité s’exprime, et surtout d’observer, parce que j’aimerais la suivre jusqu’à ses 18 ans, donc de faire un livre par an jusqu’à ses 18 ans. Il y en a déjà trois.

    Ça fera dix albums en tout.

    Et de voir comment une personnalité se construit et comment se construisent les valeurs morales, comment se construisent les jugements, la vision du futur. C’est marrant. Sur déjà trois albums, j’assiste déjà à une plante qui a un peu poussé.

    Oui parce qu’elle nous parle de MACRON, de la politique, des reptiliens d’ailleurs. Ce sont des hommes politiques, ce ne sont pas même pas des reptiliens. On apprend des trucs.

    Vous saurez tout sur la vérité qu’on vous cache. Les Illuminatis, les reptiliens. Elle a un grand frère qui est complotiste, disons qu’il passe son temps sur internet à regarder des vidéos sur les secrets qu’on nous cache, sur l’ordre caché du monde. Elle me raconte ça. Elle ne sait pas toujours quoi faire de ces informations. Souvent, les jeunes sont envahies d’informations sur tous les sujets. On se demande ce qu’ils en font. C’est rigolo. Avec Esther, je suis aux premières loges de tout ça.

    Elle parle des garçons. Ce sont un peu tous des crétins, quand même.

    C’est le point de vue d’Esther. Elle a un gros problème avec les garçons, c’est vrai. Comme c’est une jeune fille assez jolie, elle est populaire dans son école, donc pour elle, les garçons se divisent en deux catégories. Il y a ceux qui n’osent pas lui parler, qui sont timides, c’est comme s’ils n’existaient pas, et il y a ceux qui lui parlent, qui sont des incroyables casse-pieds, relous, agressifs. Elle ne sait pas quoi faire avec les garçons. Elle aimerait bien s’en passer, finalement.

    Elle danse la Zumba, par moments. Elle fait plein de choses.

    Elle fait plein de choses avec sa mère. Elles ont des activités. La Zumba, c’est une danse qui vient du Brésil. Elle m’explique. Ce sont des choses, j’ai parfois l’impression d’être comme un voyageur du 17e, 18e siècle, sur une autre planète, en train de noter des trucs. Elle me parle de choses dont je n’ai jamais entendu parler. C’est toujours rigolo à observer. C’est une mythologie à laquelle on échappe. On peut y échapper très facilement si on ne fait pas attention.

    Elle est heureuse, finalement. Il y a un fond de bonheur dans votre bande dessinée quand même.

    Ça fait partie des raisons qui ont fait que je me suis jeté dans ce projet. C’était très différent de ce que j’avais fait avant parce que c’est une petite fille qui est bien dans sa peau. Ça m’intéressait beaucoup de voir ce que pensait un jeune bien dans sa peau. Comment elle voit les choses, comment elle envisage le futur. On vit dans un monde où a souvent l’impression que ce sont toujours des intellectuels âgés, qui ont tendance à dire qu’on va vers la catastrophe, le monde va vers la déliquescence. Ils parlent de leur propre condition physique, en général. Esther est jeune. Elle n’a pas du tout peur du futur. Elle croit, elle est optimiste. Elle a envie que le monde aille mieux. Elle est pleine d’énergie. Il y a quelque chose de très rafraîchissant et positif dans le fait d’écouter ses histoires et de les retranscrire.

    Elle vit avec Beyonce, avec Maître Gims. Elle vit avec son temps finalement, Esther.

    Tout à fait. Je me rappelle de cette histoire quand Donald TRUMP a été élu. Le monde était en état de choc. On ne pensait vraiment pas que ce type pouvait être élu. Je lui en ai parlé. Alors, tu as suivi le truc avec Donald TRUMP ? Elle me dit, mais oui, aucune inquiétude parce que Donald TRUMP, il est extrêmement moche. Il est très moche, très gros et sa femme est très, très belle, donc c’est forcément elle qui le commande. Il y a un truc de décalage. Ça va être avec Mélania qu’il va falloir parler, ce n’est pas avec lui. Elle a le point de vue des enfants un peu naïfs et innocents sur l’actualité. Elle est toujours rafraîchissante, je trouve.

    C’est merveilleux. Ça va même être un dessin animé, 52 épisodes, je crois, beaucoup d’épisodes.

    La bande dessinée va devenir une série d’animations sur Canal +, qui devrait sortir au printemps, qui reprendra exactement les histoires de l’album.

    Vous rencontrez des gens qui vous disent, je la connais, Esther. Je la connais, la vraie Esther. On a tous l’impression qu’on a une Esther dans la famille.

    C’est vrai que ça m’est arrivé une fois ou deux. Je dissimule son identité parce que je ne veux pas qu’elle soit embêtée dans sa vie de tous les jours, de savoir qu’elle est le support d’une bande dessinée. Je change des choses pour qu’on ne la reconnaisse pas. Parfois, quand je dessine dans des librairies, il y a des gens qui viennent me voir et qui pensent savoir qui est la vraie Esther. Des petites filles qui racontent qu’elles sont les vraies Esther, c’est assez rigolo.

    On voit la couverture, c’est Présidente populaire, Esther.

    Dans cet album, en effet, il y a pas mal d’histoires où je mets en scène des sortes de projection d’elle-même. Elle s’imagine présidente. Je lui ai demandé au moment où il y a eu la présidentielle en France, donc cette année, je lui ai demandé, tu ferais quoi si tu étais présidente, par exemple. Elle ne s’était jamais posé la question. Je lui ai dit, fais-le vraiment, fais-moi toute une liste de mesures. Elle a écrit quelque chose de très sérieux et je l’ai mis en bande dessinée. Ce n’est pas plus stupide que d’autres programmes.

    Vous pouvez peut-être le proposer à Emmanuel MACRON. Esther pourrait rentrer au gouvernement.

    C’est assez rigolo.

    C’est possible.

    Esther, pour le coup, elle est complètement au centre de la problématique actuelle des filles et des garçons. Elle a envie de faire plein de choses. Elle commence à se rendre compte, à 12 ans, que la société ne prévoit pas forcément les mêmes chances pour les filles et les garçons. Elle aimerait bien avoir plein de maris en même temps. Sur cette page qu’on voit, elle voudrait être mariée à la fois avec Black M, avec Maître Gims, Daniel Balavoine, pas avec n’importe qui. Elle se rend compte que ce n’est pas forcément permis par la société. Elle commence à se demander, mais pourquoi donc les garçons peuvent rêver ce genre de choses, moi non.

    Elle est féministe, Esther. Regardez, la Une de l’Obs. C’était justement à quoi pensent les petites filles, évidemment avec Esther à la une. Elle doit être fière, la une d’un grand magazine comme ça.

    C’est mon magazine préféré. De toute façon, c’est dans l’Obs que paraît Esther chaque semaine.

    Elle occupe les pages des magazines. Évidemment, elles parlent des toutes petites filles. Voici "L’arabe du futur". J’ai les 2 et 3. Je ne sais pas si c’est mon assistante qui a piqué le tome 1. Elle se reconnaîtra. Riad SATTOUF, "Les cahiers d’Esther, histoire de mes 12 ans". Bientôt, elle va grandir. Vous sentez venir un petit peu, tout ça ?

    Oui, bien sûr. Je me rends bien compte que dans les premiers volumes, quand j’ai commencé, elle jouait encore. Par exemple, elle avait des jouets dont elle me parlait, dont j’ai fait des pages. Maintenant, c’est en train de disparaître. La préadolescence est vraiment en cours. On sent que les centres d’intérêt sont en train de changer. Elle devient vraiment une ado. Je sens que la rébellion et l’engagement politique ne sont pas très loin.

    Elle va faire de la politique.

    Je ne sais pas. Elle a envie d’aider les gens. On va voir ce qui va se passer.

    Merci beaucoup Riad SATTOUF.

    Merci à vous.

    "Les cahiers d’Esther" chez Allary Éditions traduit dans le monde entier, même en Corée. En Corée, ils vont découvrir Maître Gims. Merci Riad SATTOUF d’avoir été avec nous.

    Merci à vous.

    Voir plusmoins
    00:08:23
    Tous publics
    Tous publics