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  • L'invité

    Ana Girardot, Nicolas Duvauchelle, Marion Vernoux

    Invités : Ana Girardot, Nicolas Duvauchelle, Marion Vernoux.

    Le film de la réalisatrice Marion Vernoux « Bonhomme » a été présenté en avant-première au 11e Festival du film francophone d'Angoulême. Les acteurs Ana Girardot et Nicolas Duvauchelle sont bouleversants dans cette histoire d'amour où le handicap est montré sans pathos et sans aucun tabou.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    Marion Vernoux, Nicolas Duvauchelle, Ana Girardot sont avec nous pour ce film présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême, le bonheur d'être là. D'abord, je vais demander à la réalisatrice avec ses deux comédiens formidables. Vous voulez savoir si ma vie est un enfer ou si je suis heureuse ? Oui. Je suis très heureuse.

    C'est vrai ? Pourquoi ? Regardez-les, ils sont extraordinaires. C'est leur beauté intérieure que j'aime chez Nicolas et Ana. Non, c'est leur talent. Merci, (...)

    Marion Vernoux, Nicolas Duvauchelle, Ana Girardot sont avec nous pour ce film présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême, le bonheur d'être là. D'abord, je vais demander à la réalisatrice avec ses deux comédiens formidables. Vous voulez savoir si ma vie est un enfer ou si je suis heureuse ? Oui. Je suis très heureuse.

    C'est vrai ? Pourquoi ? Regardez-les, ils sont extraordinaires. C'est leur beauté intérieure que j'aime chez Nicolas et Ana. Non, c'est leur talent. Merci, ça fait plaisir. Dis que je suis cheum. Ça va, la plastique me plaît. Ne tournez pas Marion Vernoux, jamais. T'inquiètes, tu es le seul qui veut encore. Marion, c'est ça qui vous les a fait choisir ? Quoi ? Leur humour, leur beauté, leur intelligence, leur talent ? Leur beauté intérieure. C'est tout ça. C'est un petit peu tout ça. Je crois qu'on se choisit. J'ai pas mal réfléchi à la question, entre les réalisateurs et les acteurs. Je crois qu'on avait déjà tourné ensemble, si je me rappelle. C'était toi ? Je crois aussi. Tu m'avais laissé un souvenir impérissable. Un très beau. C'est vrai, un très beau souvenir. C'est quand même extraordinaire, Nicolas, d'interpréter ce personnage - on va raconter évidemment un peu l'histoire - à qui il arrive un drame, un accident, un traumatisme crânien qui va complètement transformer sa vie, et transformer la vie de celle qui accompagne ses jours. Il va avoir un accident. C'est Maryline, Ana Girardot, qui conduit très bien dans le film et qui va me faire avoir un accident. J'ai tapé le pare-brise au niveau du lobe frontal et je vais avoir ce qu'on appelle un syndrome frontal, qui s'appelle le syndrome invisible parce que ça ne se voit pas de l'extérieur. C'est le lobe frontal, c'est tout ce qui régit l'inhibition, le comportement en société. Les gens disent tout ce qui leur passe par la tête. Ils n'ont plus aucune inhibition en société. Il va devenir un peu comme ça, ce personnage. Il va falloir réapprendre à vivre. Les rôles vont être un peu inversés parce que, au début, je fais un peu le bonhomme, le mec du couple. Il est bonhomme, Ana. Ce n'est pas le même. Après, le bonhomme, c'est elle. Les rôles s'inversent à la fin. C'est ça, l'histoire, y compris d'ailleurs le fait qu'il va avoir une libido débordante. Je n'ai pas trouvé ça excessif, personnellement. Non, c'est vrai. Il va devenir hyper sexuel. Avec Marion, on a beaucoup travaillé. On a rencontré des professeurs à Garges. Non, c'est vrai… On est allé voir des professeurs. On a rencontré des gens d'associations. On a rencontré des cérébro-lésés. On a rencontré un mec qui s'appelle (Nouri Leyet) qui est responsable d'une association de cérébro-lésés avec qui on a beaucoup travaillé, avec qui on a cherché le personnage. J'ai rencontré des gens hyper-sexuel dont un mec qui était plutôt hétéro à la base, qui est bi, et m'a même demandé de coucher avec lui un jour, comme il me demandait un café. Maintenant, tu peux me le dire. Tu as accepté, ou non ? Chut. Je te dirai ça plus tard. Comme il m'a demandé un café, c'était assez étonnant. C'est vrai qu'on a du mal à y croire. Ça existe vraiment. Regardez, extrait de la bande-annonce. Ça s'appelle Bonhomme. Putain, fais gaffe. Où êtes-vous né ? Je ne sais plus. Tu me passes une clope ? Tu fumes, tu as des clopes, donne-moi une clope. Il a tapé où ? Là, le front. Le frontal. Il faut que tu arrives à canaliser sa libido. Tu es devant un puzzle. Si chaque jour, à tous les deux, vous emboîtez une pièce… Il sera guéri. J'étais pédé avant. Hein ? On voit ces images, ces personnages. Ça donne envie. Oui, vous êtes Maryline. Je suis Marylin. Marylin Moreau, c'est une jeune fille qui a grandi dans la banlieue de Lille et qui enchaîne les petits boulots dans une ZAC. Elle a été un peu abandonnée par son père quand elle était jeune. Elle n'a pas une ambition débordante. Elle est amoureuse de son homme. Elle a juste envie d'être heureuse et de vivre comme ça. Finalement, il y a un accident qui va complètement chambouler sa vie, qui va complètement chambouler qui elle est et ses capacités à être. Ça va lui arriver sur la gueule. Au lieu de s'apitoyer sur son sort, elle va redoubler d'efforts et elle va tout faire pour que cet homme vive une vie à peu près normale et heureuse, et que leur couple existe, même si ce n'est plus du tout le même couple, que cette histoire d'amour puisse perdurer, qu'il ne soit pas à mourir à petit feu, auprès de ses parents, sous médicaments. C'est une petite nana qui se transforme en bonne femme. Les deux personnages se transforment. C'est ça, le film, cette espèce de rencontre entre le destin qui frappe. C'est l'inversion des rôles. C'est un peu moi, le bonhomme au début, et elle est un peu en demande. Après, forcément, c'est moi. Il y a une expression très simple. C'est un mec de 35 ans avec un cerveau d'un mec de six ans, et dans le slip, un mec de 14 ans. Il a des envies et il dit tout ce qui lui passe par la tête. Quand elle lui dit "non", il n'est pas content comme un enfant. On a rencontré plein des gens comme ça. C'est assez surprenant. Comment ils vont apprendre à vivre, comment ils vont essayer de vivre leur couple. Ce qui est fort , Marion, c'est qu'on est dans le réel. C'est un film qui raconte une histoire puissamment vraie. Les personnages sont complètement authentiques. On est dans le réel, mais aussi on est dans l'idée qu'on peut se faire de Piotr. C'est Marilyn qui regarde Piotr. Nous, moi la première, je ne sais pas toi, mais on ne saura jamais exactement. Si ça s'appelle le handicap invisible, ce n'est pas pour rien. Je crois que c'est ça aussi qui m'a fascinée. Je pense que, tous autant qu'on est, on a tous un petit handicap invisible qu'on planque plus ou moins bien avec nos surmois respectifs, mais je crois que c'est ça qui m'intéressait. Les uns vont être timides, complexés, alors que quand on boîte, ça se voit. Quand on a une jambe en moins, ça se voit. Quand ça se passe là-dessous, on ne le voit pas, mais au-delà de la réalité du traumatisme crânien qui est très mécanique, en effet les circuits sont niqués, je pense qu'on a tous des circuits niqués qu'on planque avec plus ou moins de talent. C'est vrai, ça, Ana ? On est tous un petit peu taré, moi la première. Certains plus que d'autres, on ne va pas se mentir. Ana, interpréter ce personnage, rentrer dans un tel personnage, c'est une histoire très forte. On parle de vie et de mort, d'amour, de sentiments, de désir. Comment on entre dans un rôle comme ça ? On est obligé de rentrer en fonçant tête baissée, en tout cas pour ma part. Je n'avais jamais eu l'occasion de défendre un personnage de femme comme celui-là. On ne m'en avait jamais vraiment donnée l'occasion parce que, pendant très longtemps, j'ai joué des jeunes femmes plutôt timides et réservées. Malheureusement, plus on en fait, moins on vous voit dans quelque chose de différent. Quand Marion a accepté de prendre le pari sur moi, non seulement j'attendais ça depuis longtemps, mais en même temps je crevais de peur. Et en même temps, qu'est ce que c'était… J'ai retrouvé la joie d'être sur un plateau, de se faire peur toute la journée, de finir épuisée et d'avoir sentie qu'il y a un réalisateur ou une réalisatrice qui est allé chercher cette protection qu'on se donne tous, qu'on exprime de manière complètement différente. Marion, on sent que chez ses acteurs, elle a envie d'aller chercher ce qu'il y a derrière. J'aime vraiment ça. J'ai besoin de sortir d'un tournage et vraiment… Prise de risques, d'aller pousser les frontières au cinéma. C'est chouette. Ça s'appelle Bonhomme. On était ravis de vous recevoir, Marion Vernoux, Nicolas Duvauchelle et Ana Girardot. C'est un des films présentés ici qui fait sensation au Festival du Film d'Angoulême. Merci à tous les trois. Merci à vous. Merci beaucoup. Merci.

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    00:08:27
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