Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Dylan Robert, Kenza Fortas

    Invités : Dylan Robert, Kenza Fortas.

    Valois de diamant au 11e Festival du film francophone d'Angoulême, « Shéhérazade », premier long-métrage de Jean-Bernard Marlin, est aussi la révélation de deux comédiens : Dylan Robert, qui a tourné dans la prison d'où il venait juste de sortir dans la vraie vie, et Kenza Fortas, qui fait sa première apparition à l'écran. Patrick Simonin les a rencontrés quelques heures avant l'annonce du palmarès qui a couronné le film.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    Le jury du onzième Festival du Film Francophone d'Angoulême est arrivé hier au théâtre pour proclamer les résultats. Le Valois de diamant TV5 Monde est allé à un film étonnant dont nous avions rencontré les deux comédiens principaux quelques heures avant qu'ils n'apprennent leur récompense.

    Quelle aventure ! Quelle aventure que Shéhérazade, présenté à la Semaine de la critique au Festival de Cannes et présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême avec Dylan Robert et Kenza F (...)

    Le jury du onzième Festival du Film Francophone d'Angoulême est arrivé hier au théâtre pour proclamer les résultats. Le Valois de diamant TV5 Monde est allé à un film étonnant dont nous avions rencontré les deux comédiens principaux quelques heures avant qu'ils n'apprennent leur récompense.

    Quelle aventure ! Quelle aventure que Shéhérazade, présenté à la Semaine de la critique au Festival de Cannes et présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême avec Dylan Robert et Kenza Fortas, tous les deux à l'affiche de ce film de Jean-Bernard Marlin qui se passe à Marseille. J'allais presque dire, Kenza Fortas, c'est une expérience incroyable de jouer, comme ça, dans son premier film? Ah oui, c'est plus qu'incroyable même, c'est un rêve carrément! C'est vrai ? Oui. C'est une expérience que jamais de ma vie je n'aurais pensé pouvoir vivre et je l'ai vécue grâce à Jean-Bernard Marlin. Dylan, vous aussi vous étiez loin d'imaginer… Moi, j'ai bien aimé, je me suis bien amusé pendant le tournage. Après, oui, c'était bien. C'était une bonne découverte. Oui, ça m'a même fait prendre de la maturité, un peu. Parce que, vous savez, au tournage, on était un peu derrière moi. J'étais un peu comme un bébé dans le tournage. Oui, oui, j'ai trouvé ça bien. J'ai appris sur moi-même, carrément. Je travaille sur moi-même. Il y avait des moments même où, du coup, j'allais chez l'orthophoniste des fois. Il y avait des mots que je n'arrivais même pas à dire. Ça fait que je n'avais jamais vu un orthophoniste. Quelle aventure ! Shéhérazade, c'est l'histoire de ce gamin, Zach, que vous interprétez, qui va rencontrer Shéhérazade, qui est là, sur un chemin de vie difficile. Ça se passe à Marseille, regardez. À bientôt. Comment ça, à bientôt ? On va au foyer, allez, viens. (inaudible) Ah, c'est pour toi, ça frangin. Non, arrête ! C'est une grosse cougar, elle. Cadeau ! Tu veux elle, elle, elle, elle ? Attends, mais je crois que je la connais elle. Tu t'appelles Shéhérazade ou quoi? Oui, je m'appelle Shéhérazade. Tu te rappelles pas ? Pourquoi les éducateurs ils ont écris que tu étais carrément parti pendant une journée ? Si on ne témoigne pas, on va retomber dans les mêmes difficultés. En fait, tu es comme les autres, tu ne respectes pas les femmes. Oulala, tu essaies de me la faire à l'envers ou quoi ? C'est 50 l'amour et 30 la pipe. Tu viens avec moi, s'il te plaît ? T'es devenue folle ou quoi ? Je n'ai jamais fait ça moi ! 250 ou rien. Il n'y a pas de monnaie les gars. Me touche pas comme ça, tu as touché plein de garçons. J'ai cru que quand tu rentrerais de prison, que tu allais comprendre un peu mon frère. Tu es sorti, que dalle. Tu es encore plus con qu'avant. Tu as vu ce terrain ? Maintenant, c'est à nous. Quoi, tu es amoureux ? Dis la vérité. Tu es dingue ou quoi ? Eh bien, ça va ! Ça veut dire que ça ne te fait rien ce que j'ai fait. Tu viens chez moi, tu fous le bordel pour une pute, en gros. Tu es devenu fou ou quoi ? Qui t'a fait ça ? Tu veux témoigner contre tes amis ? Tu ne vas pas faire ça quand même, Zach, on n'est pas des balances nous ! Jamais, je te dis, jamais tu n'as agis comme un homme toi, en vrai. Juste ça, mets-toi à sa place. Sois là pour elle. Oui, ces images, Dylan… C'est Zach que vous interprétez. Ce gamin, il a 17 ans il sort de prison, il va être rejeté par sa mère. Et puis, il va rencontrer cette personne, Shéhérazade, sur un parcours de vie très difficile parce qu'il va y avoir le milieu de la prostitution, il y a le milieu de la violence. C'est ça que raconte le film, au fond ?

    C'est un peu une sorte de message ce film, pour moi, pour la jeunesse. Comme quoi il y a de l'amour partout, partout, mais vraiment partout. Et il y a des hauts et des bas partout et tout le monde peut s'en sortir. Vous incarnez Shéhérazade. Et ce personnage-là, malgré toute la difficulté de cette rencontre avec Zach qui est un enfant perdu, elle va s'accrocher quand même à lui. Oui, parce qu'en même temps le personnage de Shéhérazade, il est envoûtant, quand vous regardez le film et… Envoûtant parce qu'au fond, elle lui donne un espoir. Au fond, voilà. L'espoir en fait qu'il ne se retrouve plus seul. Ça y est, il a quelqu'un qui l'épaule et qui sera toujours… La personne sera toujours là pour lui. Parce que c'est difficile cette vie-là, mais c'est une vie réelle, au fond. C'est ça. Vous vous êtes sentie Shéhérazade ? Oui, je me prise pour Shéhérazade pendant deux mois, je crois. C'est ça être comédienne ! C'est ça, je n'arrivais pas à sortir de mon rôle à la fin. C'est pas vrai ? Pour de vrai. Comment ça ? Le matin, je me levais avec la tête de Shéhérazade, genre. Vraiment. Et vous vous êtes sentie complètement… Et vous, vous vous êtes senti, Zach ? Moi, ça n'a pas été trop difficile pour moi de jouer Zach parce que, oui, j'ai un petit peu son parcours on va dire. Et puis, oui, le jeu, on a travaillé beaucoup, pas mal le jeu. Mais non, non, je n'ai pas eu trop de difficultés car il a un peu mon vécu. Parce qu'il faut dire que vous avez été, j'allais presque dire, découvert, alors que vous étiez Zach, vous étiez en prison. Oui, oui, oui, bien oui.

    Vraiment ? Oui, moi j'ai été en prison et une éducatrice pénitentiaire, (Émilie Roudil), m'a branché sur un casting dès que possible, dès que je mettais le pied dehors. Et j'ai mis le pied dehors, j'y suis allé directement. Ça a tout de suite collé. On m'a demandé de revenir et c'est à ce moment-là que j'ai rencontré Jean-Bernard Marlin. Et il m'a dit tout de suite qu'on passait en répétition. Oui, et il vous a dit : "Tu vas retourner dans la prison pour tourner cette fois, non plus pour être en prison… On va tourner dans une prison et tout. J'ai dit oui, et tout… Il ne savait pas encore laquelle. Je ne savais pas encore laquelle. Parce que, du coup, comme j'étais déjà rentré, on avait le droit de prendre les surveillants de ma prison mais pas de les changer de prison. C'est juste magique de faire ça ! Aucun détenu ne va faire un film avec son surveillant qui lui donnait la gamelle à midi et le soir, personne ! C'est juste un rêve ! C'est incroyable. C'est vrai?

    Oui, c'est une évolution. Vous, vous n'avez pas été découverte en prison, hein ? Non, je n'ai pas été découverte en prison. Moi, j'ai été découverte… Comment ça s'est passé ? En fait, à la base, c'est ma mère qui a été découverte. Puis, elle a envoyé des photos de moi et tout ça à la directrice de casting. J'ai passé deux, trois castings et j'ai rencontré Jean-Bernard, et voilà. Et vous vous êtes dit quoi ? Moi, je ne prenais pas ça au sérieux, je m'en foutais complètement. Je me disais : "D'où je vais être prise pour un film ?" Vous vous êtes dit quoi ? Oui, que c'était impossible que je sois prise pour un film. Et là, maintenant? Et en fin de compte, je me retrouve à Angoulême, à Cannes… C'est extraordinaire. C'est ça. Vous vous êtes sentie proche de ces filles perdues, là ? Au début, je ne vous mens pas, j'avais peur un peu, je les appréhendais p arce que je ne connaissais pas ce milieu-là. Et après, oui, j'ai appris à parler avec eux. En vrai, ce sont des personnes comme nous et qui ont juste besoin de se sentir aimées, tout simplement. Ça veut dire qu'il faut changer le regard qu'on a sur eux. C'est ça. Il faut changer le regard. Ce film peut aider à ça. Ce film est touchant. Parce que déjà Marseille est cataloguée, déjà. Par exemple (en faisant chouffe), on a rajouté un poids sur nos épaules, vous voyez ? Je crois que c'est pour ça qu'il y a deux fois plus de polices et tout ça. Merci à tous les deux. Dylan Robert, Kenza Fortas. Premier film qui s'appelle Shéhérazade, présenté au Festival de Cannes, au Festival Francophone d'Angoulême, événement ici. Merci à tous les deux. Merci à vous.

    Voir plusmoins
    00:08:14
    Tous publics
    Tous publics