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  • L'invité

    Sophie Cadieux, Ines Talbi, Fanny Bloom

    Invitées : Sophie Cadieux, actrice québécoise ; Ines Talbi, autrice-compositrice-interprète et metteuse en scène québécoise ; Fanny Bloom, autrice-compositrice-interprète québécoise.

    « La Renarde, sur les traces de Pauline Julien » est un spectacle 100% féminin, donné au Francos de Montréal, pour rendre hommage à Pauline Julien, à l'occasion du 20e anniversaire de sa disparition. Sophie Cadieux, Ines Talbi et Fanny Bloom, avec onze artistes québécoises, célèbrent cette icône féministe et engagée de la chanson québécoise.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francos de Montréal.


    Transcription

    C'est elle ou moi Celle qui parle ou qui se tait Celle qui pleure ou qui égaie C'est Jeanne d'Arc ou bien Margaux Vie de vagues ou de ruisseaux C'est notre proposition, qu'est-ce que vous en pensez ?

    C'est pas mal.

    Au Québec, on n'a pas le choix d'être souple.

    Sophie Cadieux, Inès Talbi, Fanny Bloom : c'est La Renarde. C'est un hommage à Pauline Julien, ici, à la Maison symphonique de Montréal pour les Francos. Quel bonheur que de rendre hommage à cette  (...)

    C'est elle ou moi Celle qui parle ou qui se tait Celle qui pleure ou qui égaie C'est Jeanne d'Arc ou bien Margaux Vie de vagues ou de ruisseaux C'est notre proposition, qu'est-ce que vous en pensez ?

    C'est pas mal.

    Au Québec, on n'a pas le choix d'être souple.

    Sophie Cadieux, Inès Talbi, Fanny Bloom : c'est La Renarde. C'est un hommage à Pauline Julien, ici, à la Maison symphonique de Montréal pour les Francos. Quel bonheur que de rendre hommage à cette immense artiste québécoise, et quel bonheur de vous avoir toutes les trois. Ça fait plaisir. On s'est installées. Installée dans la Maison symphonique. Dites-moi, Inès, pourquoi c'était important de faire un spectacle pour dire combien était extraordinaire Pauline Julien ?

    Parce que je trouvais ça nécessaire de ramener cette artiste sous les feux de la rampe.

    C'est autant un hommage qu'une célébration de son œuvre et de sa vie. C'est 20 ans aussi après son décès. Il y a quand même eu plusieurs trucs qui sont sortis cette année par rapport à ça ; dans ce spectacle-là, mais ça va bien au-delà de la "célébration" du vingtième anniversaire de sa mort.

    Sophie Cadieux, vous la comédienne, vous chantez alors ? Oui, je dirais que je chantonne, mais… Tu t'en sors très, très bien. D'accord, bon. On ne jouera pas sur les mots. Mais aussi, c'est dans le spectacle qu'imaginait Inès… Pauline Julien était une femme de parole, une femme de mots, elle a été impliquée politiquement, elle a donné une voix aussi aux femmes. Elle a fait naître une voix de femme dans les années 70. Avec Anne Sylvestre, on présente des extraits de textes, des textes qu'elle a écrit. Mon temps de comédienne est mis à profit aussi un peu dans cette soirée, où les mots, sa correspondance avec son amoureux Gérald Godin aussi, est présente. 

    On présente plusieurs facettes. On pourrait écouter juste un tout petit extrait de ce spectacle, qui a fait l'objet d'un disque formidable. C'est La Renarde, regardez.

    Ce soir j'ai l'âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce Je suis Québec morte ou vivante

    La la la

    On l'appelait "La Renarde", Pauline.

    Parce qu'elle était rusée.

    C'est mignon comme nom, je trouve. Elle avait toute cette espèce de correspondance pendant plus de 30 ans avec Gérald Godin. Qui est un homme politique et un poète. Un homme politique et un poète. On l'appelait "le ministre à vélo" : le poète à vélo et le ministre à vélo.

    Le mal coiffé, aussi.

    Le mal peigné, bien sûr. Ah oui, le mal peigné. Il partait à vélo pour cogner porte à porte chaque citoyen pour lui pour leur parler de ses rêves de politiciens, de pourquoi il voulait se présenter. Puis, Pauline le suivait en vélo, ils partaient… Ils étaient écologiques avant leur temps.

    Ils étaient tellement avant-gardistes. Et féministe, Fanny ? Elle était féministe, Pauline Julien. Je crois que oui. Force est de constater qu'avec tous les choix de chansons qu'elle a décidé d'interpréter : oui, complètement. Si je prends exemple : j'interprète dans ce spectacle "Une sorcière comme les autres" qui est un texte d'Anne Sylvestre, mais qu'elle s'est beaucoup approprié.

    Si on prend deux minutes pour lire ce texte-là, c'est complètement féministe. 

    Elle avait un duo, un spectacle qui s'appelait "Gémeaux croisées" avec Anne Sylvestre, une pièce de théâtre qu'elle a jouée en Pologne, en Europe et ici. Émilie Bibeau et Sophie reprennent. J'ai fait un collage de cette pièce-là, donc ils reprennent le duo Anne Sylvestre-Pauline Julien. Et on l'entend, à quel point c'est féministe et rempli d'humour, et un certain cynisme, mais une ironie hyper intelligente et hyper pertinente.

    Je pense que les années 70 ont été synonymes d'un grand moment d'émancipation politique au Québec. Et Pauline Julien en a fait partie. Mais au-delà des allégeances politiques, elle a aussi je pense voulu redonner une espèce de noblesse au peuple québécois, aux travailleurs, aux gens qui, depuis des années, avaient été comme rabâchés sous l'anglais, tout ça. il y avait une fierté de la langue française, du peuple québécois. Et elle a mis ça en avant avec une grandeur, avec une ampleur, vraiment. Aujourd'hui, c'est ça qui est beau, c'est au-delà d'un souverainiste ou non, elle a quand même redoré le blason du petit Québécois… De notre identité. …d'une identité qui était… Forte.

    Voilà, ça y est. Vous avez changé de position, toutes les trois. On est versatiles. On est très à l'aise.

    On est alaise, car regardez l'endroit où on est. C'est extraordinaire : une maison symphonique en bois, c'est somptueux. Il y a les grandes orgues derrière. Vous allez donc vous produire ici. Vous vous produisez partout pour ce spectacle, où il n'y a que des filles. Seulement, on est 13 dames extraordinaires sur scène, du début à la fin.

    Vous n'avez pas voulu les mecs ? Cous les avez sortis du jeu ?  On ne les a pas sortis, on n'en avait juste pas besoin. On n'y a même pas pensé. Mais c'est un spectacle rempli d'amour pour l'homme et la femme, donc ce n'est pas contre, absolument pas au contraire. Ce n'est qu'une heure et demie de parole amoureuse du citoyen, de la société, de l'Homme. On entend Godin, on entend Gilles Vigneault. Tout le monde est là. Ce n'est pas un spectacle… Ce n'est pas POUR les filles, non plus.

    Je pense que ce n'est pas ce qu'on revendique. Absolument pas.

    Est la première, d'ailleurs, à avoir fait connaître les textes de Gilles Vigneault en France. Pauline Julien va avoir du succès en France, va porter cette chanson, ce Québec.

    Elle va faire découvrir Léo Ferré au Québec.

    C'est vrai ? Je ne savais pas. C'est vraiment une grande interprète, aussi. C'est une femme qui prenait un texte à bras le corps. Les gens étaient excités de pouvoir avoir leurs chansons dans la bouche de Pauline Julien parce qu'elle était dramatique, elle mettait un relief, une ampleur. Comme on disait, ce n'est pas un hommage qu'on fait, mais une célébration. Et en on prend avec ce qu'on est, ce qu'on est aujourd'hui en 2019, et on fait les chansons a une autre saveur qu'elle. Mais on n'essaie pas de l'imiter.

    Je me dis en vous vous entendant, que vous avez un tel enthousiasme…

    Ça va m'avoir marquée pour la vie, ce truc-là. J'espère qu'on va être capable de faire naître des étincelles dans le cœur des jeunes filles aussi qui vont pouvoir se dire qu'ells peuvent se permettre…  S'identifier.

    Patrfois, je trouve qu'on a la mémoire courte, de dire : "Oh mon Dieu, ce sont les 20 ans de sa mort." Et de voir qu'on s'est rassemblées autour du projet d'Inès et des femmes de plusieurs générations, que certaines avaient connues, et d'autres ne connaissaient presque pas le répertoire. Ne serait-ce que pour ça. À chaque fois qu'on a fait le spectacle, les gens nous disent "merci" parce qu'il y a des gens qui peuvent venir retrouver un élan de leur jeunesse et faire découvrir parfois à d'autres personnes Pauline Julien. "Mon Dieu, je ne connaissais pas, elle a fait ça…" Oui, et il ne faut pas oublier ces pionnières.

    Bien sûr.

    Merci beaucoup Sophie, Inès, Fanny. C'est La Renarde. En se quittant, on va peut-être entendre "L'âme à la tendresse", la vraie voix de Pauline Julien… Qui est un texte de Pauline Julien : il y a peu de gens qui le savent.

    On l'écoute, on l'entend en ce moment. C'est beau. C'est magnifique. C'est magnifique parce qu'elle est là, quelque part. Son âme était ici, dans ces travées de cette Maison symphonique de Montréal pour les Francos, qui salue l'immense talent de Pauline, grâce à vous. Merci à tous les trois.

    Ce soir j'ai l'âme à la tendresse

    Tendre tendre, douce douce Ce soir j'ai l'âme à la tendresse Tendre tendre, douce douce

    Magnifique. Ce soir j'ai l'âme à la tendresse

    Tendre tendre, douce douce

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    00:08:24
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