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  • L'invité

    Bruno Foucher

    Invité : Bruno Foucher, président de l'Institut français ; à l'occasion de la Journée internationale de la francophonie.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Bruno FOUCHER. Vous avez été ambassadeur de France au Tchad et puis à Téhéran. Vous êtes aujourd’hui le Président de l’Institut français. On est le 20 mars ; c’est la journée internationale de la Francophonie. Vous coordonnez l’action de quoi ? C’est-à-dire 817 alliances françaises à travers le monde, dont 134 pays et 98 instituts français. J’avais envie de vous dire, comment se porte la langue française ?

    Merci, Patrick SIMONIN, de m’inviter sur TV5. C’est effectivement le (...)

    Bonjour Bruno FOUCHER. Vous avez été ambassadeur de France au Tchad et puis à Téhéran. Vous êtes aujourd’hui le Président de l’Institut français. On est le 20 mars ; c’est la journée internationale de la Francophonie. Vous coordonnez l’action de quoi ? C’est-à-dire 817 alliances françaises à travers le monde, dont 134 pays et 98 instituts français. J’avais envie de vous dire, comment se porte la langue française ?

    Merci, Patrick SIMONIN, de m’inviter sur TV5. C’est effectivement le jour de la francophonie. Nous sommes le 20 mars. C’est un jour important pour nous parce que la francophonie, ça fait partie de notre identité profonde. Je veux dire, le français n’est pas parlé seulement en France, mais il est parlé partout dans le monde. Il est parlé par 274 millions de locuteurs aujourd’hui. Et son potentiel de développement est énorme puisque selon les chiffres qui sont donnés par l’OIF, nous serons 760 millions à le parler en 2060 dont 85 % en Afrique. Donc c’est un enjeu majeur pour nous, pour préserver notre culture, pour préserver notre façon de penser et la francophonie c’est maintenant.

    Oui, quand vous dites, c’est maintenant, ça veut dire qu’il y a urgence à agir, il faut aller plus loin ?

    Il y a effectivement urgence à agir parce qu’on ne peut pas se contenter des chiffres qu’on nous donne. Je veux dire, le français se porte bien. C’est la cinquième langue la plus parlée au monde ; c’est la quatrième langue la plus parlée sur Internet ; c’est la troisième dans le domaine des affaires ; la deuxième la plus enseignée et la première en termes de progression, mais il ne s’agit pas seulement de compter ceux qui parlent français, il faut que le français soit bien parlé. Et l’enjeu, c’est l’enseignement du français. L’enseignement du français en dehors des systèmes scolaires, vous parliez des alliances françaises et des instituts français. Nous avons l’un et l’autre des cours de français pour des publics qui souhaitent améliorer le français ou débuter le français, mais l’enjeu majeur, c’est les systèmes d’éducation nationale dans son pays.

    C’est-à-dire la formation des professeurs, notamment en Afrique.

    C’est la formation des professeurs notamment en Afrique. Nous avions un programme de formation de 100 000 professeurs en Afrique qui est maintenant presque forclos. Et le Président de la République lors du sommet de Tananarive a annoncé qu’il fallait le poursuivre, qu’il fallait former 180 000 professeurs supplémentaires avec tous les intervenants dans le domaine de la francophonie, dont l’institut français.

    Oui. Donc ça veut dire qu’il faut agir chaque jour. C’est quoi finalement l’enjeu ? C’est une diplomatie culturelle active ?

    C’est une diplomatie culturelle active avec des moyens qui permettraient d’avoir des résultats et des résultats qui soient évaluables.

    Oui. Ces moyens-là, ils existent aujourd’hui ?

    Ils existent. Il faut qu’ils soient renforcés, je veux dire, il faut le définir, il faut d’abord se rendre compte de l’enjeu et mettre en face les moyens pour y parvenir. L’institut français est un acteur majeur dans le domaine de la francophonie, il n’est pas le seul et nous sommes tous mobilisés pour faire en sorte qu’on parle le français demain dans tous les pays du monde. Comme le français a la caractéristique d’être la seule langue mondiale qui est parlée sur les cinq continents. Donc ça dure.

    Donc quand vous dites c’est une diplomatie culturelle, mais derrière, il y a des enjeux économiques très importants.

    Bien sûr, il y a des enjeux économiques et d’ailleurs c’est la raison pour laquelle la campagne de publicité que nous faisons en faveur du français s’appelle "Et en plus, je parle français" parce que nous ne souhaitons pas que le français soit seulement une langue qui soit parlée à la maison, mais que le français soit également une langue qui soit utilisée dans le monde des affaires et qu’elle soit valorisée comme une langue qui vous apporte quelque chose en plus.

    Donc dans tous les aéroports, à Paris, ailleurs, on va voir cette affiche qui dit "Et en plus, je parle français", ça veut dire qu’on peut parler anglais, on peut parler une autre langue, mais en plus, on parle français. C’est un plus ?

    Exactement, nous allons faire une campagne de publicité dans les aéroports de Paris grâce à notre partenaire, aéroport de Paris et nous souhaitons, nous souhaitons surtout avoir cette approche qui ne consiste pas à dire : "il faut que tout le monde parle français", mais en plus, on peut parler français, c’est-à-dire que nous sommes un élément de la culture mondiale, que nous souhaitons avoir un dialogue avec les cultures mondiales. D’ailleurs, c’est notre signature à l’institut français, c’est vivre les cultures.

    Oui. Vivre les cultures, c’est dialoguer avec les autres cultures, être présent. Aujourd’hui, on est suffisamment présent ?

    On est suffisamment présent, oui absolument. Vous avez rappelé les chiffres, 817 alliances françaises, 98 instituts français, 160 services de coopération et d’action culturelle, le deuxième réseau diplomatique mondial après celui des États-Unis, une culture française qui est extrêmement connue, qui est reconnue. D’ailleurs la France, et la définition de la France se fait plus par la culture que par sa politique ou par son économie ou par ses entreprises. C’est une marque de fabrique. La culture française est demandée partout dans le monde. Et moi, je le vois bien comme président de l’institut français. Nous croulons sur les demandes de France partout à l’étranger.

    Il n’y a pas, j’allais dire un French machine pour parler, pour un terme anglo-saxon. Il n’y a pas quelque part le sentiment peut-être faux que le français recule aujourd’hui dans le monde ?

    Non c’est tout le contraire. Le français ne recule pas, il avance. Le tout, c’est de le consolider sur des bases solides. Je veux dire. Le français avancera sur des bases solides si le français est bien parlé, s’il est bien enseigné. Alors naturellement, les enjeux ne sont pas les mêmes sur tous les continents, je veux dire. Les enjeux du français en Asie où il est très minoritaire ne sont pas les mêmes que ceux en Afrique où il est majoritaire, où il sera majoritaire ni même les mêmes que ceux d’Amérique du nord ou par exemple se développe une politique de la deuxième langue où on a besoin de professeurs de français et il est parfois difficile de les trouver.

    Oui quand on dit que l’Afrique, évidemment, c’est le berceau de la francophonie de demain, ça veut dire aussi que la francophonie est peu présente notamment pour certaines régions en Asie, par exemple.

    Par exemple, si vous prenez la Chine. La Chine, c’est un pays de 1 003 000 000 d’habitants, 1 300 000 000 d’habitants et c’est un pays qui est devenu une puissance économique or le français n’occupe pas la place qu’il mérite d’occuper dans ce pays pour des raisons qui sont assez simples. Je veux dire lorsque les lycéens chinois veulent entrer à l’université, ils n’ont pas le choix entre deux langues occidentales, ils doivent choisir l’anglais. Ceux qui ont appris le français abandonnent le français pour se mettre à l’anglais, pour pouvoir intégrer la meilleure université. Donc nous avons un volume de francophones qui n’est pas suffisant compte tenu des enjeux que constitue la Chine notamment en Afrique francophone.

    Oui. Alors, vous avez de nombreuses activités, on ne pourra pas toutes les citer, notamment pour 2017 sur des saisons que vous organisez, des saisons culturelles, sur des échanges, sur des nuits d’évènement, la nuit des idées, un certain nombre d’évènements. Tous ces évènements-là ont eu une très forte dynamique, une grande participation est très attendue.

    Tout à fait. Je veux dire, nous avons une programmation qui est tout à fait importante. Nous contribuons à faire monter 2 000 évènements internationaux par an. Je veux dire, les saisons, c’est une marque de l’institut français. Nous en avons fait 60 et en général, c’est un instrument que nous déployons sur un pays très particulier.

    Oui, la Colombie par exemple.

    Actuellement, nous avons lancé cette saison le 16 décembre dernier en Colombie, je veux dire, c’est une belle saison avec 400 évènements qui s’annoncent d’un côté et de l’autre qui correspond à la fois à un temps fort politique de la Colombie puisqu’ils ont signé l’accord de paix avec les Farc qui met fin à 52 ans de guerre. Je veux dire, accord politique que nous avons toujours soutenu, mais également par un retour des entreprises françaises dans ce pays. Nous avons à peu près 180 entreprises qui sont implantées en Colombie, qui emploient des milliers de personnes dans ce pays. Et nous avons pensé que, y rajouter de la culture lorsqu’il y a une équation qui comprend les deux premiers facteurs, c’était utile.

    Oui.

    Je pense qu’on aura à faire une très belle saison qui va commencer en France le 23 juin prochain.

    Et c’est la diplomatie culturelle à travers Internet, à travers finalement tous ces nouveaux outils aussi qui sont aussi importants pour le français.

    Tout à fait. Tout à fait. Nous utilisons tous les supports possibles, je veux dire, nous utilisons les supports culturels. Nous sommes nous-mêmes des promoteurs de plateforme numérique qui sont des outils d’enseignement du français par exemple. Vous avez IFprofs qui permet aux professeurs de français du monde entier de communiquer entre eux, de changer leur expérience. Nous avons CULTURETEC qui apporte dans le centre culturel l’ensemble des médias français, qu’il s’agisse de la presse écrite des magazines ou des émissions de télévision qui sont des moyens pédagogiques utilisés par les professeurs. Et puis nous avons toute la culture que nous diffusons à travers du monde qui est un vecteur, qui porte la culture française et le français.

    Merci beaucoup, Monsieur le Président de l’Institut français d’avoir été notre invité aujourd’hui sur TV5 monde, la chaîne de la francophonie pour cette journée internationale de la francophonie. Merci.

    Merci à vous.

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