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  • L'invité

    Magyd Cherfi

    Invité : Magyd Cherfi.

    Le chanteur du groupe Zebda, dont le dernier livre "Ma part de Gaulois" a figuré dans la sélection du prix Goncourt, fait son retour en solo avec l´album "Catégorie Reine", plein de poésie et de fraternité.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Magyd CHERFI.

    Bonjour.

    Écrivain, compositeur, chanteur, poète, romancier. Vous êtes tout, vous êtes le créateur absolu, grandi à Toulouse, avec l’envie d’écrire des poèmes d’amour, finalement un jour chanter avec le groupe Zebda, composé une centaine de titres dont certains sont devenus des grands tubes, et puis vous voici sélectionné au Goncourt avec un roman qui racontait votre vie : Ma part de Gaulois. Et maintenant le troisième album solo qui s’appelle Cat (...)

    Bonjour Magyd CHERFI.

    Bonjour.

    Écrivain, compositeur, chanteur, poète, romancier. Vous êtes tout, vous êtes le créateur absolu, grandi à Toulouse, avec l’envie d’écrire des poèmes d’amour, finalement un jour chanter avec le groupe Zebda, composé une centaine de titres dont certains sont devenus des grands tubes, et puis vous voici sélectionné au Goncourt avec un roman qui racontait votre vie : Ma part de Gaulois. Et maintenant le troisième album solo qui s’appelle Catégorie reine. C’est une soif de création permanente, Magyd.

    Oui, je crois que oui parce qu’au fond je pense que je suis à la quête de moi-même ; et donc écrire c’est d’essayer de me connaître un petit peu plus, et donc j’ai cette curiosité de moi qui me fait, être dans 1000 activités.

    Oui. Et je dirais presque ce disque-là, c’est la bande-son du livre ?

    Oui, alors accidentellement parce que chapitre après chapitre, je disais : ah ! C’est bon pour une chanson. J’aborde une thématique : ah ! C’est bon pour une chanson. Et du coup les chansons arrivaient comme ça pendant le bouquin.

    C’est la part d’identité, la part de soi que l’on a envie de partager.

    Oui. La part de soi dans le sens où, ce qui nous intéresse, c’est la part universelle, et donc amener l’idée qu’il faut que chacun de soi soit une part de tous, et la fraternité naîtra de ça, puisque c’est une quête, éperdue de l’humanité que la fraternité.

    Et Les gens tristes. Les gens tristes ils sont là, c’est le titre d’une chanson avec un formidable duo avec Olivia RUIZ sur ce nouvel album. Pourquoi Les gens tristes ?

    Eh bien, parce que c’est cette espèce de mélancolie des gens qui rêvent, qui jouent au hasard, les jeux de hasard pour s’en sortir. On est paumé, on ne sait plus et on ne compte plus que sur la chance pour essayer de trouver… Et donc il y a une espèce de tristesse à penser qu’il faille compter sur le hasard pour trouver une vie meilleure.

    Magyd CHERFI.

    'Les gens qui ont le teint pâle

    Ont la tête dans les étoiles

    Ils attendent en héros

    Que sortent six bons numéros

    Celui qu’est raide est bien décidé

    À jouer sa vie avec les dés

    Mais la misère à ses côtés

    Est comme un lien de parenté

    Il se dit…"

    C’est la voix d’Olivia qui est là. La misère à ses côtés a comme un lien de parenté, et derrière le dos il y a la révolte, il y a aussi ce que l’on est tout au fond de soi, ce qu’on veut être.

    Absolument. Et on veut être une étoile. Et chacun de nous se dit : est-ce que je peux avoir ma part de bonheur en fait.

    Oui, c’est possible ça ? D’y croire ? Croire à ça malgré la dureté du monde.

    Oui, c’est une obligation. Je crois qu’on est condamné à croire à quelque chose de meilleur parce qu’on ne peut pas vivre en se disant, ça n’ira pas mieux demain. Donc, on a ce besoin de chercher une issue.

    Oui. On voit un dessin animé dans ce clip, c’est un rêve de gosse, ça Magyd, vu comme ça, ces images comme ça, les dessins animés, de rêver et regarder les étoiles.

    Oui, parce que quand on écrit, en réalité on reste un enfant parce que c’est aussi une façon de préserver l’innocence et on veut se préserver une innocence parce que le temps nous rend de moins en moins innocents. Et donc l’écriture permet de conserver comme une espèce de fraîcheur comme ça permanente.

    Et derrière, dans ce disque il y a toute l’émotion, une chanson s’appelle Tu, une chanson qui parle de votre père, de la dureté de la vie, du combat de la vie.

    Oui. J’accompagnais mon père au marché du cristal, à Toulouse au centre-ville, et il croisait les ouvriers de la semaine du chantier, il les vouvoyait et eux le tutoyaient. Et donc, mon encre a dû devenir rouge très tôt dans ma vie à cause de ça et j’ai essayé d’y expliquer le "tu" amical du "tu" condescendant et puis le "vous" poli, le "vous" à plusieurs personnes. Et c’était notre bagarre entre mon père et moi, "ta langue française, elle est trop compliquée".

    Puis à la présence des femmes, la féminité qui est très importante dans ce disque. D’ailleurs qui s’ouvre avec une chanson qui s’appelle donc Les filles d’en face. Vous dites, le féminin de voyou c’est voyelle ! C’est ça.

    Oui parce que rendre à la féminité une espèce d’érudition voyelle alors qu’au masculin c’est la connerie quoi. Et au fond si vous voulez, c’est vrai que j’ai une écriture féministe parce que j’ai trouvé dans le combat des femmes quelque chose de similaire avec notre combat à nous, fils d’immigré, et quand elles disaient "oui, on est discriminées", "mais moi aussi". J’étais derrière les femmes en train de dire : "Moi aussi je suis discriminé de la même manière. " Et donc, j’ai calqué mon combat sur le combat des femmes pour leurs dignités.

    Oui, et puis derrière ça, l’envie de chanter, l’envie d’écrire, l’envie de témoigner par la littérature, par l’art ! Ayo une autre chanson du disque.

    Oui. Qui est aussi voilà une chanson qui évoque l’espoir des filles de s’en sortir, "on sacrifiera ce qu’il faudra sacrifier, mais il faut qu’on atteigne notre liberté".

    Oui. Ayo, alors vous cherchez partout pour faire un disque à la manière d’Alain CHAMFORT, Magyd CHERFI, on est à Toulouse là.

    On est à Toulouse, La place Arnaud-Bernard.

    Aller, sur la place, regardez.

    "Il en est tombé de la neige

    Ayo, putain de mauvais sort

    Ayo, si jamais je m’en sors…"

    Ravi de vous voir sur scène Magyd CHERFI, bientôt donc en concert comme ça, solo, avec les copains ; toujours pour faire de la musique et Catégorie reine le titre de ce disque, ça veut dire que malgré tout, ça reste un combat, on m’a dit que vous montez sur un ring un peu.

    Oui, alors il y a 1000 façons d’entrer dans l’art et il y a un certain nombre d’artistes pour qui c’est un combat en réalité pour l’élévation de l’âme, pour la dignité du genre humain en fait quoi.

    C’est-à-dire qu’il faut qu’il y a de la sueur derrière tout ça.

    Oui, l’idée du combat.

    Ce n’est jamais gratuit ?

    Ce n’est jamais gratuit, et il n’y a pas de don du ciel. On obtiendra la fraternité, que dans la bataille.

    C’est-à-dire que, mais on l’obtiendra parce que derrière ça il y a un optimisme incroyable.

    Oui, parce qu’on est condamné à y croire parce que moi j’ai des mômes. J’ai envie de me dire, ils auront quand même un horizon et donc on y croit.

    Oui. Les chansons sont là, pour en parler il y a une chanson qui s’appelle Inch'Allah peut être, ça veut dire quoi ça Magyd ?

    Bon alors, Inch'Allah c’est la promesse divine, tu auras ton cadeau. Et dans la bouche de ma mère c’était : Maman je pourrai avoir une paire d’Adidas ? Inch’Allah. Je pourrai aller au ski ? Inch’Allah. Et rien n’est jamais arrivé. Donc c’est un oui qui devient une espèce de non dans la bouche de nos mères parce qu’elles n’avaient pas les moyens de nous faire des cadeaux.

    Oui. C’est un disque touchant et fort, ça s’appelle Catégorie reine, Magid CHERFI.

    Merci.

    C’est vous vraiment là ?

    Là je creuse, voilà. Album après album, j’ai envie de dire aux gens, voilà ce que je suis davantage ; que ce que j’ai pu dire auparavant. Creuser une intimité, (dénuement), tirer le rideau. Voilà ce que je suis.

    Magyd CHERFI, Catégorie reine, nouvel album. Merci beaucoup, Magyd, d’avoir été avec nous.

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    00:08:15
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