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  • L'invité

    Sugar Sammy

    Invité : Sugar Sammy.

    La star québécoise de l'humour triomphe à Paris depuis plusieurs semaines en se moquant sans pitié de ses "cousins français". Le roi de l'improvisation se produit en plusieurs langues dans le monde entier.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est l'humour sans filtre, la tornade d'humour qui nous vient du Québec. Sugar Sammy, bonjour. Merci d'être avec nous. C'est un triomphe à Paris. Voici une affiche incroyable, "Adoptez-moi ou je couche avec vos femmes. " Vous n'avez pas honte, Sugar Sammy ?

    Non. Moi quand je fais des menaces, il faut que ce soit des belles menaces. Alors pour moi, je voulais rester fidèle à mon spectacle.

    Une affiche partout, qui dans le métro disait : "Ne faîtes pas vos Parisiens. " (...)

    C'est l'humour sans filtre, la tornade d'humour qui nous vient du Québec. Sugar Sammy, bonjour. Merci d'être avec nous. C'est un triomphe à Paris. Voici une affiche incroyable, "Adoptez-moi ou je couche avec vos femmes. " Vous n'avez pas honte, Sugar Sammy ?

    Non. Moi quand je fais des menaces, il faut que ce soit des belles menaces. Alors pour moi, je voulais rester fidèle à mon spectacle.

    Une affiche partout, qui dans le métro disait : "Ne faîtes pas vos Parisiens. " Ça veut dire quoi ?

    "Ne faîtes pas vos Parisiens, venez rire. " Parce que les Parisiens, de première vue, sont tout le temps un peu plus coincés. Alors je voulais dire : "Venez rire, et changer d'air un peu. "

    Vous êtes le comique qui triomphe partout dans le monde. Vous jouez dans toutes les langues, dans une trentaine de pays. Ce qui est incroyable, c'est que finalement vous vous adaptés. Et là vous êtes parisien.

    Oui. Je suis parisien, je devenu comme vous. Bravo, vous m'avez converti. Je vous ai subi pendant un an et demi, à vous écouter, à vous observer, et là j'ai écrit un spectacle. Et c'est mon point de vue sur la France, et sur Paris surtout.

    C'est Sugar Sammy qui débarque.

    "Je vais aux États-Unis, je me moque des Américains. Je vais en Afrique, je me moque des Africains. Je vais au Moyen-Orient, non. "

    Le plus vite vous venez voir mon show, le plus vite je partirai. C'est ça ? C'est ça que vous dîtes ?

    Ce sont toujours les plus belles menaces, comme je dis.

    Oui. Parce que je disais, c'est de l'humour sans filtre. Vous n'y allez pas avec le dos de la cuillère, comme on dit chez nous.

    Oui, je pense que c'est plus intéressant d'écrire sans filtre, et aussi c'est plus facile en France d'écrire sans filtre, parce que je n'habite pas ici, alors je peux toujours retourner chez moi. Et vous avez beaucoup de matière ici, c'est ça qui est intéressant aussi, avec tout ce qui s'en vient, vos tensions politiques, vos tensions sociales… Et juste être à Paris, je veux dire, pour n'importe qui, n'importe quel étranger, ça devient très très intéressant.

    Ça se passe au théâtre de l'Européen jusqu'au 27 avril. C'est plein tous les soirs. Et alors, évidemment, vous interpellez tous les gens qui sont dans la salle.

    Oui. Pour moi, c'est très important d'impliquer les gens. Aujourd'hui en 2017, c'est l'ère des médias sociaux, c'est l'ère des gens qui veulent s'impliquer, et puis je les implique dans mon spectacle et ils deviennent un peu les stars du show.

    C'est interactif. Regardez, extrait du spectacle à Paris. Sugar Sammy.

    "Ah je suis content d'être ici en France. J'adore ça ici. Vous êtes mon pays arabe préféré. Ça va être comme ça toute la soirée, Monsieur. Si vous n'avez pas aimé ça, ça va être très très long. Non mais j'adore. Moi ils m'ont donné le choix, après le Québec, de continuer ma carrière aux États-Unis ou en France, et puis moi j'ai choisi la France. Oui, j'ai choisi la France, parce qu'après le 11 septembre, ils ont commencé à maltraiter les Arabes aux États-Unis, tandis que vous, vous l'avez toujours fait. On sait à quoi s'attendre chez vous, c'est ça qui est bien. Il n'y a pas de surprise. Liberté, égalité, fraternité pour presque tous. Vive la France. "

    C'est incroyable, parce qu'alors vous mettez le doigt là où ça fait mal, mais où ça fait rire aussi.

    Oui, mais je pense que c'est un peu le travail d'un humoriste d'être un peu l'anthropologue de la société aujourd'hui, d'identifier les choses dont on ne parle pas, de creuser plus profondément et d'identifier les choses avec humour.

    Oui. On peut rire de tout.

    On peut rire de tout.

    C'est ça. Il y a une grande liberté.

    Oui. Il faut. Il faut. Pour moi je pense qu'avec l'humour, on peut libérer la discussion beaucoup plus. Des fois, les humoristes, on est un peu les déclencheurs des conversations. Et pour moi je trouve que c'est intéressant par le biais de l'humour, de déclencher les conversations que les gens, des fois, n'osent pas avoir, parce que c'est en commençant ces conversations, qu'on commence à régler les choses.

    Oui mais c'est incroyable la progression que vous avez. Dans la salle, évidemment, vous interpellez des gens. Ils se présentent, ils sont un peu timides parfois. Ils disent des choses inattendues, c'est très drôle.

    Oui. Surtout en France. Parce qu'en France, il y a ce côté où tout le monde a de la pudeur. Il faut faire attention à comment on paraît.

    Ce n'est pas pareil comme ça ailleurs ?

    Non. C'est vraiment le plus haut niveau que j'ai vu de gens qui sont gênés de parler, parce que je pense que ça a été institutionnel, c'est systémique, c'est depuis que vous êtes à l'école qu'il faut faire attention de ne pas dire des conneries, de ne pas avoir des mauvaises réponses, tandis que nous en faisant des fautes, on apprend.

    Oui. Vous voulez dire par là que vous, vous dîtes des conneries et que vous ne faîtes pas attention. C'est ça que vous dîtes ?

    Oui, ça va. Et puis on dit on ne va plus faire la connerie la prochaine fois. Mais je trouve qu'ici, il y a ce côté qui est intéressant. Ça rend la discussion encore plus intéressante.

    Oui. Alors vous êtes d'origine indienne, vous grandissez à Montréal. Et évidemment, vous commencez vos spectacles en anglais. Et puis c'est le triomphe en français, c'est un triomphe incroyable qui arrive.

    Ah. Merci.

    Oui. C'est venu comment, depuis l'âge de 11 ans, 12 ans, l'envie de faire du spectacle ?

    Oui, depuis que je suis jeune, j'ai toujours voulu faire de l'humour. Ça n'a jamais été négociable. Pour moi, ça a toujours été ça. Et j'ai commencé en anglais, j'ai fait ma carrière pendant 10 ans en anglais avant de même essayer de faire un numéro en français au Québec. Une fois que j'ai essayé, ça a marché. C'est parti très vite ma carrière en français, et là je suis venu en France, à venir embêter les Français.

    370 000 billets vendus. Des spectacles en 4 langues. A chaque fois, dans une trentaine de pays, vous vous adaptez au pays. Donc c'est vraiment la mondialisation du rire avec vous, hein ?

    Oui. Je pense que oui, mais je pense que pour les humoristes, il faut faire ce travail-là Il faut s'adapter, il faut savoir créer le pont entre soi-même, notre humour à nous, notre point de vue, et la société dans laquelle on s'en va créer ces spectacles. Et c'est un travail de fond qui est important. Mais quand il se fait, je trouve que le résultat devient incroyable.

    Alors là, on voit des images incroyables. 115 000 personnes. C'était la dernière de "Juste pour Rire", donc sur cette Place des Festivals incroyable, de Montréal. C'était émouvant d'être devant une foule pareille, Sugar Sammy ?

    Oui. C'était ma dernière, alors c'était un peu mon au revoir au Québec. Et puis en même temps, c'était touchant de voir tous ces gens, tout ce public qui voulait aussi me voir pour ma dernière avant que je quitte pour la France. Et puis, oui j'étais très touché.

    Oui, et c'est incroyable de faire un spectacle presque intimiste devant une foule pareille.

    Oui, mais j'ai quand même osé faire de l'improvisation comme toujours. Je suis allé, j'ai parlé avec des gens, et puis j'ai répété ce qu'ils me disaient, et puis pour moi, c'était le résultat. Je ne peux pas m'empêcher de parler aux gens même s'il y a 115 000 personnes.

    Vous êtes taquin. Vous aimez jouer, en fait.

    Oui. Je pense que c'est la meilleure façon de me décrire, c'est la façon la plus gentille qu'on me décrit.

    C'est vrai ?

    C'est taquin. Oui, c'est ça.

    Mais jamais vraiment méchant.

    Non, il y a une bienveillance avec. Et puis pour moi c'est un peu cet esprit de "roast" comme on dit en Amérique du Nord. J'aime ça, mettre la France sur le grill, et n'importe quelle société sur le grill. Et c'est un peu un hommage à quelqu'un ou à la société de les roaster, comme on dit en anglais. Et j'adore faire ça, et c'est mon genre d'humour préféré.

    C'est un peu se moquer, finalement de tout le monde, mais c'est se moquer de soi-même aussi quelque part.

    En plus, oui. Exact.

    Et tout le monde peut rire de soi.

    Mais oui, tout le monde peut rire de soi. Et il faut aussi avoir de l'autodérision. Je pense qu'avec l'autodérision, on évolue. Woody Allen l'a dit, je pense. Il a dit : "On voit qu'une société est rendue à un niveau de maturité, quand elle est capable de rire de soi-même. " Et je pense que vous y êtes rendus là en France.

    Il y a beaucoup d'humanité quand même derrière tout ça, d'amour des gens.

    Oui. Il faut. Il faut avoir cet amour parce que comme humoriste, si on ne l'a pas, il n'y a pas cette connexion. Il faut toujours avoir ça. Dès que tu commences à t'embourgeoiser un peu trop, comme humoriste, ou de ne pas avoir cette volonté d'avoir une connexion humaine avec les gens, ce contact humain, tu perds le rire.

    Oui. Merci Sugar Sammy. Le Hollywood Reporter a dit de vous : "Vous êtes l'un des 10 humoristes dans le monde qu'il faut suivre de près. "

    Oui. La police dit la même chose.

    Sugar Sammy. A Paris, en triomphe. Merci d'avoir été avec nous.

    Merci à vous.

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    00:08:13
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