Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Christine St-Pierre

    Invitée : Christine St-Pierre, ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie ; elle réagit à l'adoption du CETA.

    Présentation : Patrick Simonin.
     


    Transcription

    Bonjour Christine SAINT-PIERRE.

    Bonsoir.

    Ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, et vous avez représenté le Québec lors de la signature, on va presque dire historique, devant le Parlement européen, le vote pour cet accord entre l'Union Européenne et le Canada. J'allais presque dire : "Enfin, c'est presque fait".

    C'est presque fait, c'est à 90 % maintenant. Le vote était une étape cruciale hier, et nous avons été très heure (...)

    Bonjour Christine SAINT-PIERRE.

    Bonsoir.

    Ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, et vous avez représenté le Québec lors de la signature, on va presque dire historique, devant le Parlement européen, le vote pour cet accord entre l'Union Européenne et le Canada. J'allais presque dire : "Enfin, c'est presque fait".

    C'est presque fait, c'est à 90 % maintenant. Le vote était une étape cruciale hier, et nous avons été très heureux de voir, bien sûr, que le vote a été positif à 58 %. Certains vont dire que ce n'est pas très, très fort, mais moi je peux vous dire qu'avec toutes les pressions que les parlementaires ont eues de la part des opposants, je pense qu'on peut se dire que c'est une majorité très confortable, et évidemment on était très, très, très heureux hier de voir le résultat.

    Il y a encore beaucoup d'opposition, vous avez senti des choses à expliquer ?

    Il y a encore des choses à expliquer, il y a encore des informations qui circulent qui sont des informations fausses, par exemple l'histoire du bœuf et la question des hormones, ce ne sera pas possible.

    On ne pourra pas apporter du bœuf aux hormones en France ?

    Parce que vous allez pouvoir protéger vos réglementations, on n'ira pas à l'encontre des réglementations des différents pays, des différents États, des différentes régions. Et le pourcentage, c'est 1 %, alors on ne viendra pas, évidemment, inonder le marché avec le bœuf canadien où le bœuf québécois. 1 %, une fois que le 1 % est atteint, eh bien la barrière arrive et on reprend l'année d'ensuite. Donc il y avait des choses comme ça qui circulaient, et on parlait évidemment du fait que ça n'aiderait pas les travailleurs, au contraire ça va être créateur d'emplois, ça va permettre aussi d'avoir de meilleurs salaires, c'est un accord qui est pour les petites et moyennes entreprises, ce n'est pas un accord qui est fait pour les grandes multinationales qui sont déjà bien équipées.

    On entend les opposants à dire que c'est un accord qui favorise les multinationales.

    Et c'est ça qu'il faut déconstruire parce que c'est un accord moderne, c'est un accord qui respecte aussi l'environnement, qui respecte également les conditions sociales, et qui respecte les travailleurs. C'est un accord qui va faire en sorte qu'on va pouvoir répartir davantage de richesses parce qu'on va créer de la croissance, et je pense qu'on va avoir avec les exemples qui vont venir au fil des mois, au fil des ans, des exemples très positifs, très concrets de l'accord, et là on va voir que cette décision et cet accord-là est un accord qui est bon, non seulement pour l'Europe, bien sûr pour nous, chez nous au Canada. Pour nous, ça veut dire bien sûr un marché de 500 000 000 de personnes, ça veut dire au Québec la création entre 16 000 et 20 000 emplois, ce qui est très, très important pour nous, compte tenu de notre population qui est de 8 000 000 d'habitants. Je pense que ce qui a été fait hier, c'est quelque chose d'historique, et nous avons bien sûr, maintenant, le devoir de pédagogie, de l'expliquer.

    Oui, il faut encore que les Parlements nationaux votent.

    Mais on ne peut pas reculer. Si un parlement décidait de ne pas se joindre, il faudrait qu'il revienne devant le Parlement européen pour avoir l'unanimité, donc ça ne sera pas possible.

    Mais on entend aussi des candidats à l'élection présidentielle en France qui disent s'ils sont élus, ils reviendraient sur cet accord.

    Oui, j'ai entendu d'ailleurs entre autres les propos de Mme Marine LE PEN qui en fait un vraiment un enjeu de la campagne présidentielle, alors on va laisser bien sûr des débats se faire ici dans votre pays en France, on n'interviendra pas dans les débats.

    Oui mais ça serait possible de revenir sur cet accord ?

    Selon, évidemment, ce qui a été négocié, non, ce n'est pas possible de revenir sur l'accord. Il faudrait l'unanimité en amont, et ça ne sera pas possible.

    Oui, alors le Québec se porte bien au plan économique, pratiquement pas de chômage, ce sont des résultats qui sont arrivés, ça veut dire que vous êtes peut-être forts, à un moment où finalement l'Europe a, elle, des difficultés économiques. Est-ce que ça n'est pas déséquilibré d'une certaine façon ?

    Je ne crois pas. Cependant, bien sûr, nous au Québec on a connu une période assez difficile sur le plan économique, il y 7-8 ans, une dizaine d'années, et là on a un taux de chômage qui est au niveau d'un taux de chômage de 1976, c'est le plus bas taux de chômage depuis 1976, donc c'est vraiment très bon, notre économie est en santé. Cependant, il y a des enjeux, il y a des enjeux face, bien sûr, aux volontés des Américains de vouloir rouvrir l'accord de libre-échange avec les États-Unis, la question du bois d'œuvre, et qui est un marché très, très important pour nous. On a certains enjeux, mais on peut dire que nous sommes très contents, le travail va bien et je pense que ça crée évidemment de la richesse et on souhaite que ça se poursuive cette croissance.

    L'accord finalement avec l'Europe, c'est se tourner vers l'Europe, évidemment pour le Québec, notamment vers la France, on va en parler, parce que l'importance de la France est très grande, à un moment où les États-Unis, finalement, aujourd'hui avec l'arrivée de M. TRUMP au pouvoir, finalement vous incite à ça ?

    Non, parce qu'on est, au Québec, un peuple de commerçants, le commerce pour nous, c'est très important, c'est dans notre ADN et on a besoin d'exportation. Etant donné la petitesse de notre population, nous avons une population qui est de 8 000 000 comme je le disais, donc on a le marché américain qui est notre premier marché, en Europe c'est la France, mais on veut, on veut faire grandir à ce marché-là. L'accord va nous aider, on est déjà sur le marché européen, mais l'accord va vraiment accélérer notre stratégie en termes d'exportation.

    Mais 43 % des exportations françaises vers le Canada, c'est vers le Québec, et qu'il y a une relation extrêmement particulière entre la France et le Québec au plan culturel évidemment, mais aussi au plan économique.

    On a besoin, bien sûr, de ces échanges. Nous avons un partenaire en la France qui est exceptionnel, nous avons de bons échanges, nous avons de bonnes communications, et nous voulons bien sûr poursuivre sur cette lancée, et je pense que l'accord va aussi faire en sorte que vous allez entrer sur les marchés publics, ce qui est vraiment important pour les entreprises, ici. On va voir avec cet accord la vision d'une Europe qui veut faire des choses, évidemment économiques avec le Canada, mais aussi l'Europe voit dans le Canada, avec la signature de cet accord, un ami, un ami fiable, un ami fort, un ami qui sera outre-Atlantique. Et si à des moments plus difficiles, par rapport à nos voisins américains, pour l'Europe, on sera là, on sera là comme ami, puis on pourra à ce moment-là défendre les intérêts aussi de l'Europe.

    Quand on dit libre-échange, et on le disait, ça veut dire aussi qu'on va protéger les marques, qu'on va protéger un certain nombre de choses.

    Bien sûr, ça c'est un aspect très important de l'accord, on parle de 140 marques qui seront protégées chez nous. Donc on ne pourra pas, par exemple, trouver un jambon de Parme qui serait produit au Québec ou ailleurs au Canada, ça sera protégé, ce qui n'était pas le cas présentement, donc il y a des choses aussi qui sont très bonnes dans la protection de marques qui ont été développées ici en Europe et qui font partie de votre patrimoine, et qui ne pourront pas être copiées et qui ne pourront pas… Et ça, ça avait beaucoup déplu à nos partenaires américains, cette clause de l'accord. Il y a l'exception aussi culturelle. La culture, ce n'est pas une marchandise comme une autre, il y a une exception culturelle, et ça on l'a négocié avec la complicité de la France parce qu'il faut protéger aussi, on le sait, nous sommes comme vous membres, nous avons signé la convention de l'UNESCO sur la protection des expressions culturelles, il faut, bien sûr, lorsqu'on arrive dans de grands accords comme ça, dire il faut protéger aussi cet aspect de la vie et de l'identité.

    Oui, merci beaucoup, Christine SAINT-PIERRE, ministre des Relations internationales et de la Francophonie du Québec, et vous allez, j'allais presque dire, prendre votre bâton de pèlerin, vous allez continuer d'aller rencontrer les acteurs économiques pour aller leur dire que cet accord est bon.

    Oui, il faut le faire.

    C'est une sorte de militantisme que vous menez.

    Oui. Et d'ailleurs, mon collègue du gouvernement fédéral, M. CHAMPAGNE, va faire toute la tournée de tous les pays de l'Union Européenne, pour aller prononcer des conférences, et dire à quel point cet accord est bon aussi pour l'Europe.

    Merci beaucoup, Christine SAINT-PIERRE, d'avoir été aujourd'hui notre invitée sur TV5 Monde.

    Merci.

    Voir plusmoins
    00:08:23
    Tous publics
    Tous publics