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  • L'invité

    Aïssa Maïga, Lucien Jean-Baptiste

    Invités : Aïssa Maïga, Lucien Jean-Baptiste.

    Ils sont à l'affiche de la comédie "Il a déjà tes yeux", réalisée par Lucien Jean-Baptiste. Une émission enregistrée au Festival du film francophone d'Angoulême.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour, Aïssa MAÏGA, Lucien JEAN-BAPTISTE.

    Bonjour.

    "Il a déjà tes yeux", c’est le film qui a fait chavirer le festival du film francophone d’Angoulême, 10 minutes de standing ovation, ça fait plaisir, non ?

    Franchement, ça fait plaisir, ça fait super plaisir parce qu’il y a eu énormément de rires pendant le film, moi j’étais à l’arrière de la salle, assise, et quand il y avait des scènes d’émotion, j’ai vu plein de mouchoirs sortir. Donc je pense que… (...)

    Bonjour, Aïssa MAÏGA, Lucien JEAN-BAPTISTE.

    Bonjour.

    "Il a déjà tes yeux", c’est le film qui a fait chavirer le festival du film francophone d’Angoulême, 10 minutes de standing ovation, ça fait plaisir, non ?

    Franchement, ça fait plaisir, ça fait super plaisir parce qu’il y a eu énormément de rires pendant le film, moi j’étais à l’arrière de la salle, assise, et quand il y avait des scènes d’émotion, j’ai vu plein de mouchoirs sortir. Donc je pense que… oui, pour nous c’était hyper émouvant de se dire les gens ont vraiment reçu l’histoire pleinement.

    C’est un film qui fait rire et qui est très émouvant, touchant, Lucien JEAN-BAPTISTE.

    Oui, c’est, j’allais dire, c’est un peu ma méthode, mon truc.

    C’est sa spécialité.

    Oui.

    Acteur et réalisateur.

    Oui, la galère. J’essaie simplement de faire un film qui me ressemble, j’essaie de dire les choses un peu graves avec beaucoup d’humour et en même temps de sincérité, ce qui fait que lorsque ça devient très touchant et que la situation dérape, eh bien, on a de vraies émotions qui arrivent. C’était magnifique et le public a adhéré.

    C’était incroyable.

    Et c’est vrai qu’on parle beaucoup de nous 2, mais le bébé, ce bébé, ce troisième.

    Le petit Benjamin.

    Dès qu’il sera grand, il faudra qu’on l’interviewe.

    "Il a déjà tes yeux".

    Ça ne va pas, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

    J’ai reçu un coup de fil.

    Donc le conseil de famille propose de vous confier un petit garçon, nous sommes face à un cas assez particulier, vous étiez plutôt ouvert. Je vous présente Benjamin.

    Tu crois que j’ai fait assez ?

    Bonjour !

    Faut que je vous dise quelque chose.

    Ils t’ont donné un Congolais ? Dis-moi juste que mon petit Lamine est un Congolais.

    Il s’appelle Benjamin, maman.

    Il s’appelle Lamine, Lamine comme le père d’Ousmane, comme le grand-père d’Ousmane et comme l’arrière-grand-père d’Ousmane, c’est la tradition.

    Mais quelle histoire dans votre couple, adopter ce petit Benjamin, petit blondinet aux yeux bleus, tout mignon, mais ça va provoquer des situations.

    Oui parce qu’on ne peut pas avoir d’enfants dans le film, mais quand l’histoire démarre, on est face à un couple hyper amoureux, à un couple qui a des projets, voilà, ils ne sont pas du tout malheureux. Mais quand cet enfant arrive, c’est aussi le fruit, et c’est ce qu’on découvre, d’une longue attente et donc quand ils le découvrent, c’est un amour immédiat qui arrive, un amour instantané, puissant, un amour maternel, paternel, il y a une filiation immédiatement qui s’installe et pour eux c’est simple. On ne le regarde pas comme un Blanc, on ne regarde pas comme un étranger.

    Et donc voilà Lucien, la suite c’est que ça va s’enchaîner, c’est que tout ne va pas se passer comme ça.

    C’est-à-dire que vous avez 2 humains qui rencontrent un autre humain, ils décident de vivre une aventure commune et puis autour, alors là, il ne voit pas des humains, il voit des gens de l’extérieur, la forme, il voit des couleurs, il voit des Noirs, des Blancs et c’est là que tout commence à déraper et ce qui est intéressant, je trouve, c’est qu’on a la position des 2 camps. Ce n’est pas un film ou c’est les gentils Noirs, les méchants Blancs, non tout le monde…

    Tout le monde en prend pour son grade.

    Mais gentiment.

    Avec bienveillance.

    Moi on me reproche souvent : "Oh, tes films, il y a beaucoup de bons sentiments". Ben ouais, j’assume, j’assume, moi quand j’ai mes enfants dans les bras, depuis petit, je leur raconte des belles histoires, même si ce monde est parfois horrible, je préfère leur raconter des histoires du père Noël et de Blanche-Neige que de leur dire : "Tu vas voir, c’est galère cette planète, etc. " Voilà j’essaie de de faire avancer les choses avec un message positif.

    Contre le racisme, contre tous ces clichés et contre tout ça, et on le fait avec humour, avec tendresse, Aïssa.

    Oui, il y a beaucoup d’humour et de tendresse, mais il y a aussi de l’absurde dans le film. Il y a une sorte de mélange comme ça des genres. Il y a des scènes dramatiques et c’est ce que le public nous a renvoyé hier, on est dans des montagnes russes émotionnelles et ça, à jouer, c’est génial parce qu’on a tous des personnages hyper riches qui ont plein de facettes et qui ont plein de choses à exprimer, il y a des choses différentes, et puis en tant que spectateur, je crois que ça fait partie du bonheur, de passer du rire aux larmes.

    C’est un film qui à la fois rend heureux, feel good movie, on va dire, et puis aussi qui quelque part qui a ce fond, qui fait réfléchir aussi.

    Oui. C’est un film qui parle de la différence, de toujours ces problèmes de fond qu’on a à accepter l’autre, c’est un peu mon cheval de bataille pendant un moment je ne l’assumais pas, oui non, c’est bon vous allez arrêter de parler de ça. Eh ben non, j’assume oui, je fais des films où je parle de cette question de la différence. Vraiment, pendant un moment, je n’osais pas et puis maintenant j’assume d’être un peu, pas le porte-drapeau, mais de faire un cinéma qui parle cette question de la place du Noir, de l’homme noir dans la société et des femmes noires, etc. Et donc c’est mon petit cheval de bataille et j’essaye de le faire de façon très positive et quand on parlait d’humour, j’aimerais revenir aussi sur les personnages comme ça, enfin, les acteurs, Vincent ELBAZ.

    Qui sont formidables.

    Delphine, Marie-Philomène NGA.

    Ils sont tous très drôles.

    Ils sont formidables et tout le monde a apporté sa pierre à l’édifice pour amener cette histoire.

    Et alors quand on sort de ce film, on se sent bien, on se dit : "Bon sang, le monde est beau !"

    On a envie d’embrasser des Noirs !

    C’est ça la plus belle récompense, Aïssa.

    Et puis ce qui est intéressant aussi, c’est que Lucien, il a un regard qui est à la fois intérieur et extérieur, c’est-à-dire il est Français, etc. Mais il est arrivé, c’est vrai ? Tu m’arrêtes sinon, il est arrivé de Martinique quand il avait 5 ou 6 ans. Tu t’en souviens ?

    Oui, oui, il faisait froid.

    Il faisait froid hein ? Avec sa maman qui est Antillaise et aujourd’hui il a des enfants métis et donc il est comme ça, en relais entre 2 générations et il a des choses à dire sur ces différents versants-là. Et ça, ça donne un film vachement riche parce que c’est riche.

    Je voudrais rebondir sur ce que dit Aïssa. C’est aussi un film sur la transmission, c’est ça aussi qui m’a plu quand j’ai commencé à écrire le scénario, c’est que j’y ai vu la possibilité moi de mettre ingrédients très forts liés à la transmission. C’est-à-dire que quand on vient de loin, nos parents arrivent avec une culture, un bagage, etc. , nous on grandit ici, on devient des petits Français avec une part importante moi, antillaise, elle, africaine, et puis on a des enfants aussi et nos enfants, qu’est-ce qu’on fait ? Qu’est-ce qu’on doit leur donner ? Qu’est-ce qu’il leur reste ? Et je voulais parler de tout ça. Et c’est vrai que moi, j’ai des petits métis et parfois je dis : "J’ai fait des petits Blancs" avec humour.

    Des petits Gaulois.

    Des petits Gaulois. Donc c’est intéressant de parler de tout ça. Et aujourd’hui, un des grands problèmes, c’est qu’on a du mal encore à comprendre que quelqu’un qui est d’origine maghrébine, d’origine africaine, mais né sur le territoire français soit Français. Malheureusement, il va falloir que les gens comprennent qu’il y a des garçons qui s’appellent Ahmed qui sont Français, qui s’appellent Sai Fatou et qui sont Français qui sont Lucien JEAN-BAPTISTE et qui sont Français. Il va falloir qu’on commence à entendre ça aussi.

    "Il a déjà tes yeux". Benjamin, ce petit garçon, on le recevra dans quelques années, là on l’interviewera, il est tellement mimi, et vous êtes tellement un joli couple, c’est Paul et Sali. C’était chouette d’être en couple le temps d’un film.

    Oui, c’était super.

    Oui, on va rester un couple. On va s’entendre.

    Il va falloir qu’on discute.

    Couple ça ne veut pas dire la langue. Ça veut dire l’amitié aussi.

    Merci à tous les deux, "Il a déjà tes yeux".

    Merci.

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    00:08:09
    Tous publics
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