Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Maud Fontenoy

    Invitée : Maud Fontenoy, navigatrice française, auteure de "Des tempêtes j'en ai vu d'autres".

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    La première femme à avoir traversé l’Atlantique Nord et le Pacifique à la rame, le tour du monde à contre-courant et toujours à contre-courant, Maud FONTENOY. Même en politique, vous êtes à contre-courant, ce livre-là, d’ailleurs, le montre. Vous l’intitulez "Des tempêtes j’en ai vu d’autres" et alors vous ne mâchez pas vos contre les écolos, vous les traitez de Khmers verts.

    Les écolos radicaux. J’essaie de distinguer ceux qui veulent préserver la planète et Dieu sait qu’on est no (...)

    La première femme à avoir traversé l’Atlantique Nord et le Pacifique à la rame, le tour du monde à contre-courant et toujours à contre-courant, Maud FONTENOY. Même en politique, vous êtes à contre-courant, ce livre-là, d’ailleurs, le montre. Vous l’intitulez "Des tempêtes j’en ai vu d’autres" et alors vous ne mâchez pas vos contre les écolos, vous les traitez de Khmers verts.

    Les écolos radicaux. J’essaie de distinguer ceux qui veulent préserver la planète et Dieu sait qu’on est nombreux puisque selon un dernier sondage de l’ADEME, il y a deux tiers des Français qui veulent préserver l’environnement, donc il y a d’un côté tout un chacun, des entrepreneurs, autant que des gens de la société civile qui veulent préserver l’environnement, et de l’autre, certains qui portent une écologie qui est une écologie, je dirais, radicale, portée sur un discours culpabilisant, anxiogène, un petit peu un côté retour "Ah c’était mieux avant". Et à ceux-là, j’ai envie de leur dire : "Mais c’était mieux avant quand ?". Est-ce que c’était mieux en 1750 quand l’espérance de vie était de 27 ans en moyenne qu’on a envie de revenir. Personne n’a envie de revenir à cette époque-là.

    Mais alors il y a eu les Khmers rouges, vous dites c’est les Khmers verts, c’est un peu dur quand même.

    Je dis qu’aujourd’hui, il faut impérativement qu’on porte une écologie moderne, c’est-à-dire une écologie qui parle d’emploi, qui parle de croissance, qui parle d’accès à l’énergie, une énergie propre, une énergie qui préserve les ressources naturelles de la planète, mais aussi le développement de l’humanité ; on ne peut pas, nous qui consommons, voire gaspillons l’énergie, dire à d’autres pays du monde : "Vous qui avez encore le chauffage à bois pour vous nourrir, enfin pour faire cuire votre alimentation dans certains pays, vous, vous n’avez droit qu’à rester à ce type d’accès à l’énergie. " Il y a un milliard de personnes qui n’ont pas accès à l’électricité dans le monde, il y a 4 millions de personnes qui meurent du fait des émanations toxiques de ces petits feux domestiques.

    Ça veut dire ça veut dire qu’il faut changer parce que vous dites, on dit toujours, il faut changer, changer de mode de vie, changer de voiture, changer de tout, finalement changer de désir et ça, ça vous énerve.

    Je dis qu’aujourd’hui, il faut arrêter de vouloir sans arrêt culpabiliser l’homme comme quoi l’homme serait toujours mauvais. Un premièrement, il n’y a pas d’un côté les gentils qui parleraient aux arbres et de l’autre côté les méchants qui seraient ceux qui habiteraient dans les villes. Donc un, il faut réconcilier l’homme et son environnement. Deux, il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, la préservation de l’environnement, c’est aussi la préservation de l’emploi, la préservation des richesses naturelles et que l’homme, il est aussi coproducteur de biodiversité, il fait aussi de belles choses pour son environnement. Et trois donc, c’est que la solution, c’est la science, c’est la recherche et l’évolution technique, technologique.

    Mais tout le monde dit ça.

    Aujourd’hui, il ne faut pas faire juste…

    Tout le monde dit ça.

    Non. Aujourd’hui, ce qu’on dit "c’est tout ce l’homme fait c’est mal. L’homme, vous êtes mal quand vous consommez, il faut tout arrêter et revenir à avant", un avant assez mal circonstancié sachant que celui qui vous le dit, en général, vient d’arriver en Uber et repartira dans son appartement surchauffé.

    Il faut quand même bien changer les choses face au défi du réchauffement climatique. Par exemple ?

    Il faut non pas dire : "C’était mieux avant" et revenir sans cesse en arrière, mais comprendre que le développement durable et l’environnement préservé, c’est positif et c’est surtout source de richesses. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, par exemple, si on utilise la nature, la nature aujourd’hui elle n’a pas de poubelles, aujourd’hui on va jeter de façon inconsidérée ce qu’on considère comme des déchets alors que la nature elle-même pourrait considérer ça comme une ressource. Quand on voit l’exemple simple du bois, on va utiliser du bois pour faire du papier et il y a environ 17 % de tout ce qu’on va prélever, dont on va se servir pour faire du papier, tout le reste, on va le jeter. Eh bien, ce que je veux dire c’est que tout ça, c’est des ressources pour demain, c’est-à-dire que l’économie de la connaissance, c’est comprendre que l’environnement, au lieu de le détruire comme on serait dans une grande bibliothèque, on prendrait des livres, les livres on ne sait pas trop quoi en faire, on va les brûler parce qu’on sait que ça chauffe, sauf qu’on ne sait pas que dans ces livres, il y des choses incroyables à apprendre et bien aujourd’hui la nature c’est pareil, on dégrade la nature, on vient marcher avec nos gros sabots sur un potentiel économique incroyable. Par exemple, quand les Américains atterrissent sur nos côtes, ils vont écraser de leurs grosses pattes, des vers de sable. Ces vers de sable aujourd’hui, on le sait, elles ont une hémoglobine qui est 40 fois plus oxygénante que l’hémoglobine humaine et alors qu’ils avaient tellement de blessés et tellement besoin de transfusion de sang, ils avaient ça sous leurs pieds et ça on ne le savait pas. Donc aujourd’hui la nature et c’est ça, le biomimétisme et la bioinspiration, c’est que la nature aujourd’hui, elle est source de pollution donc solution, il ne faut pas juste dire : "C’était mieux avant ou il faut un peu changer". Non il faut juste faire mieux.

    Est-ce que ça veut dire pour autant, comme vous le dites parfois, qu’il faut faire du gaz de schiste ?

    Non.

    Parce qu’abord vous dites le gaz de schiste…

    Je dis qu’il faut faire de la recherche.

    Mais vous dites le gaz de schiste, on est hypocrites, on l’interdit ici puis on en achète ailleurs, oui, mais bon.

    Je mets le doigt, un, sur certaines hypocrisies et dis qu’il faut faire de la recherche. La recherche, ça va vers les énergies renouvelables et ça va notamment sur les énergies marines. Aujourd’hui, les sources en énergie doivent venir de la planète et notamment de la mer. C’est-à-dire qu’on a des hydroliennes, on a des éoliennes, on a des différences thermiques, on a des différences de salinité, on a les courants marins, tout ça c’est un potentiel en énergie incroyable et donc ce que je veux dire, c’est au lieu de faire toujours un peu moins mauvais et de se culpabiliser, essayons juste de faire mieux et donc d’inverser le système, c’est-à-dire qu’au lieu d’avoir une voiture qui pollue, faisons une voiture, non pas qui pollue un peu moins, mais faisons une voiture qui dépollue complètement son environnement.

    Alors vous dénoncez quand même le discours sur les OGM, vous dites : "Voilà, les OGM, c’est épouvantable, je vais vous expliquer ce que c’est" et finalement vous avez l’air de dire que ce n’est pas si grave les OGM.

    Ce que je dis par rapport aux OGM, ce qui est terrible, c’est qu’on on avait, nous, on était très en avance nous, Français, sur la recherche, sur ces technologies alternatives et on a laissé le monopole aux Américains avec Monsanto qui ont fait absolument n’importe quoi et qui ont créé des graines stériles qu’ils vont vendre à prix d’or aux Africains.

    Parce que nous, on n’aurait fait n’importe quoi, vous croyez, avec ça ?

    J’ose espérer que les OGM doivent servir à la survie des hommes parce qu’à un moment donné, si nous, vous comme moi, on sait ce qu’on va manger ce soir, il y a quand même un enfant qui meurt de faim toutes les 5 secondes dans le monde et que si les OGM peuvent permettre de nourrir la population, et notamment ces pays où il y a de grandes sécheresses ou de grandes zones d’humidité et qu’il faut créer des plantes alternatives pour créer de la nourriture, peut-être que c’est intéressant de s’y pencher. C’est bien pour ça qu’aujourd’hui il ne faut pas jeter tout avec l’eau du bain, mais il faut laisser la science avancer parce que la science, c’est des solutions pour notre avenir.

    Un mot sur la COP22, puis COP23, ensuite à Marrakech. Vous, vous dites c’est bien gentil tout ça, on fait des accords, mais finalement on ne sait même pas comment on va l’appliquer. Quand même, il y a des engagements qui ont été pris.

    Je crois beaucoup aux engagements personnels de chaque pays et je crois beaucoup, notamment, on montre souvent du doigt la Chine, la Chine aujourd’hui, c’est le premier producteur d’énergies renouvelables, donc la Chine demain va nous apporter clé en main des éoliennes et des panneaux solaires parce que nous, on est à la traîne par rapport à eux. Au contraire, on montre du doigt et qu’est-ce que nous, on fait ? On dit qu’on va arrêter notre nucléaire alors que le nucléaire, ce qui nous permet d’être un des pays les moins pollueurs au monde.

    C’est dangereux aussi le nucléaire.

    Le nucléaire n’est pas la solution idéale, mais aujourd’hui la solution d’être comme l’Allemagne, de rouvrir des mines à ciel ouvert de charbon, de polluer tout l’air de l’Europe avec des usines de charbon qui sont la source d’énergie la plus polluante au monde, ce n’est pas non plus la solution.

    Ce que vous dites, alors, Maud FONTENOY, parce que vous êtes élue les républicains.

    Oui.

    Dans le sud de la France.

    Chez moi, j’essaye de faire avancer mes idées.

    Aux côtés de François FILLON, j’imagine, au fond, finalement, vous dites : "C’est ça finalement le programme de la droite. " Demain, vous serez ministre de l’Environnement peut-être, c’est ça que vous allez faire ?

    Ce que j’aimerais, ça serait que un, l’écologie soit transversale à tous les partis, l’écologie ne peut pas rester l’écologie d’un parti d’extrême gauche, l’écologie elle est autant à gauche qu’à droite et des gens qui nous écoutent et qui nous regardent peuvent se sentir écologistes à l’intérieur d’eux-mêmes sans voter forcément pour un candidat ou pour un autre. Donc un, ça doit être partout. Deux, cela doit nous faire comprendre que l’homme peut être réconcilié avec son environnement et que l’entreprise peut faire des bénéfices tout en préservant cette ressource naturelle et que trois, aujourd’hui, il faut changer de paradigme et qu’il va falloir prendre conscience que le principe de précaution doit être transformé en un principe d’innovation, en un principe de recherche et que oui, il va peut-être falloir passer par le nucléaire pour financer les énergies renouvelables et qu’il va falloir maintenant passer aux faits et aux actes et ça ne suffit plus les professions de foi. Aujourd’hui, il faut être dans le pragmatisme.

    Un mot. Ça s’appelle "Des tempêtes, j’en ai vu d’autres", effectivement, Maud FONTENOY, c’est publié chez Plon, merci d’avoir été aujourd’hui notre invitée.

    Merci de votre invitation.

    Voir plusmoins
    00:08:09
    Tous publics
    Tous publics