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  • L'invité

    Arno

    Invité : Arno.

    Le chanteur belge se raconte comme jamais dans le film "Arno - Dancing inside my head".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Arno, icône de la chanson francophone, évidemment irremplaçable, vous êtes l’objet d’un documentaire exceptionnel signé Pascal POISSONNIER qui raconte finalement que vous dansez dans votre tête, Arno, c’est vrai ça ?

    De temps en temps, oui. Beaucoup.

    Qu’est-ce que ça veut dire danser dans sa tête ?

    Peut-être c’est une forme d’autisme, je ne sais pas, que je construis moi-même. Peut-être c’est une excuse aussi pour me protéger, je ne sais pas. (...)

    Bonjour, Arno, icône de la chanson francophone, évidemment irremplaçable, vous êtes l’objet d’un documentaire exceptionnel signé Pascal POISSONNIER qui raconte finalement que vous dansez dans votre tête, Arno, c’est vrai ça ?

    De temps en temps, oui. Beaucoup.

    Qu’est-ce que ça veut dire danser dans sa tête ?

    Peut-être c’est une forme d’autisme, je ne sais pas, que je construis moi-même. Peut-être c’est une excuse aussi pour me protéger, je ne sais pas.

    Ça veut dire que la musique, elle est là, elle est à l’intérieur ?

    Chez moi, oui, depuis que je me réveille, jusqu’à ce que j’aille me coucher.

    Qu’est-ce que c’est la musique pour vous, Arno ?

    Je suis toujours occupé avec la musique dans ma tête. Peut-être que ça me protège, peut-être que c’est ma maîtresse, elle ne me trompe jamais et elle toujours là, c’est ma drogue, je ne sais pas et j’ai de la chance qu’elle soit là.

    Arno, "Dancing inside my head", extrait du documentaire.

    (langue étrangère)

    La vie des autres, ce n’est pas une vie pour toi.

    Je chante une chanson de n’importe quoi.

    Vive ma liberté.

    Les garçons peuvent vieillir tranquilles.

    Comme une bonne bouteille de vin rouge.

    Ce film-là, il dit votre liberté, Arno. Vous avez toujours été libre.

    J’ai acheté ma liberté avec la musique, c’est ça, parce que j’ai eu de la chance aussi de faire de la musique et j’ai vécu une vie, par exemple en 68, j’avais 19 ans et quand on était jeunes, notre génération, c’est la première génération qui n’a pas eu une guerre parce que mon père, il a eu une guerre, mon grand-père, deux mondiales. C’est en Europe et nous on l’a vécu avec notre cul dans le beurre parce que tout était possible. C’était la première fois que les jeunes ont construit leur propre culture, la musique, c’était la première fois dans l’histoire. Donc j’ai vécu ça. Mais comme un voyeur.

    C’est-à-dire "comme un voyeur" ?

    J’ai regardé tout le bazar. Je me souviens encore j’étais ici à Paris, la première fois que je suis venu à Paris j’habitais à Londres et j’ai pris le bateau et le train pour faire Londres-Calais, Calais-Paris. C’était au mois de mai 68, j’étais avec une copine, une Française, qui m’avait invité pour voir Paris. J’ai été à la Bastille, je n’avais jamais été là-bas et j’ai vu plein de gens, des jeunes et des étudiants qui manifestent, mais dans le temps pour être étudiant, ça vient des familles. Pas de working class, pas de travailleurs. J’ai vu une meute et au début de cette meute, j’ai vu un mec avec des lunettes avec une femme à côté de lui et je demande à ma copine : "C’est qui ?". Elle me dit : "C’est SARTRE. " Je dis : "Tiens. " Et le soir, je vais aux Champs-Élysées et je passe aux grandes Brasseries, je vois un mec et je me dis c’est le même qui est en train de boire du champagne, je dis : "Tiens, c’est un gauchiste avec des trous dans ses poches. " (Inaudible) Ça m’a attiré, comme ça, j’ai vu tout comme un voyage dans le temps, je pense, maintenant… On sait les Américains dans les années 60, ils ont bombardé le Vietnam, ils ont détruit des villages avec le napalm, donc la guerre, ça existe toujours. Mais nous, mais ici, en Europe tout était possible.

    Oui. Le rock était possible ? Finalement, cette musique qui vient de…

    Le rock, c’était une anarchie, une révolte contre le système parce que moi je me souviens encore dans les années 60, on n’avait pas le droit d’aller dans les restaurants avec les cheveux longs. C’est fou.

    On voit ce parcours dans ce film-là de Pascal POISSONNIER, on va revoir des images. On vous suit à New York, vous revenez, finalement, vous avez joué partout, Arno. Finalement, le monde est un vaste terrain de jeu et de rock pour vous.

    Je n’ai pas de frontières, dans ma tête non plus, je joue partout. Quand je suis en France ou au Japon ou à Copenhague, tout le monde a de tout dans son (inaudible), c’est l’être humain.

    C’est ça, c’est que la musique, finalement, c’est quoi ? C’est une forme de langage universel ?

    Je peux communiquer, c’est ma communication, la musique pour moi. Parce que dans le temps, quand j’étais jeune, je bégayais et encore et j’ai eu un truc, de temps en temps j’ai eu peur de parler et de bégayer et la musique m’a sauvé. C’est ma pilule.

    Regardez un extrait d’archives dans ce film parce qu’il y a des documents incroyables.

    Il y une forme de révolte dans cette musique-là, Arno.

    Oui, c’était le bazar.

    Merci Arno, "Dancing inside my head". Ça danse dans votre tête là, je le sens.

    Je dis aussi, merci au public parce qu’un artiste sans public, il est nu.

    Merci pour tout ce que vous lui donnez aussi à ce public.

    Vice-versa, aussi.

    Merci beaucoup Arno, "Dancing inside my head", film de Pascal POISSONNIER, documentaire événement sur ce que vous êtes, unique. Merci beaucoup Arno.

    OK. Au revoir.

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    00:08:00
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