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  • L'invité

    L'INVITE TV5MONDE-12/02/17

    Invité : Luc Jacquet, réalisateur français ; il est l'auteur de "La Marche de l'empereur" et fait son grand retour avec "L'Empereur".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    -Oscar du meilleur documentaire en 2005 avec La marche de l’empereur, il est de retour L’empereur. Bonjour Luc JACQUET.

    -Bonjour.

    -C’est un plaisir de vous revoir et c’est l’aventure de ces manchots empereurs dans l’Antarctique et c’est incroyable, ce qui leur arrive encore.

    -Oui, eh bien c’est vrai que ça faisait longtemps que je me disais qu’on pouvait faire mieux, j’avais surtout cette frustration de ne pas avoir pu observer, filmer toute la partie oc (...)

    -Oscar du meilleur documentaire en 2005 avec La marche de l’empereur, il est de retour L’empereur. Bonjour Luc JACQUET.

    -Bonjour.

    -C’est un plaisir de vous revoir et c’est l’aventure de ces manchots empereurs dans l’Antarctique et c’est incroyable, ce qui leur arrive encore.

    -Oui, eh bien c’est vrai que ça faisait longtemps que je me disais qu’on pouvait faire mieux, j’avais surtout cette frustration de ne pas avoir pu observer, filmer toute la partie océanique de L’empereur qui est finalement la partie où il est le plus en valeur d’une certaine manière… et j’ai eu envie de prendre ce risque au fond et d’y retourner quoi.

    -Oui c’est un tournage événement, L’empereur, Luc JACQUET. Ce sont des mois de tournage pour arriver à ces images éblouissantes, Luc JACQUET, une aventure encore une fois.

    -L’Antarctique c’est toujours un peu l’aventure, je pense qu’on ne va pas en Antarctique si on n’aime pas le froid, si on n’a pas envie de se mesurer à ces éléments déchaînés qu’on peut trouver là-bas, c’est vrai que c’est aussi pour moi aujourd’hui une nostalgie, ça fait 6 fois que je fais ce voyage pour la Terre-Adélie, j’en ai fait d’autres ailleurs en Antarctique, mais c’est un lieu qui pour moi compte beaucoup. Et c’est un lieu où face aux éléments, comme je vous le disais, on se sent tout petits, finalement il y a quelque chose d’agréable qui vous ramène à vous-même, à vos propres capacités et vous confrontez au blizzard, tout simplement quoi.

    -On va voir des images du tournage. Comment ça se passe un tournage comme celui-là, Luc JACQUET ?

    -Mission Antartica, 11 hommes qui partent pour faire des images sous-marines, comme je vous le disais une équipe de 5 personnes, 2 caméras aériennes, celle de Jérôme BOUVIER et de moi et 2 photographes invités qui vont être là pour témoigner avec leurs points de vue sur… Vincent MUGNIER à la surface, Vincent BALLESTA sous l’eau, pour nous dire à quel point ce monde est un monde incroyable… très, très coloré. Si vous allez sous la surface, ça, c’est quelque chose qui n’était absolument pas attendu… et au contraire un monde de chaos, un monde de froid sur la surface.

    -C’est facile de filmer ces petits manchots qui peuvent aller jusqu’à quoi ? Un mètre, un mètre 30 de hauteur.

    -Un mètre 10… eh bien on le voit sur les images derrière nous, c’est-à-dire c’est un animal qui n’a absolument pas peur de l’homme, pour peu que vous ayez la courtoisie d’être doux avec eux, de ne pas vous approcher…

    -Regardez ! On voit bien là.

    -Absolument. Voilà c’est eux qui vont venir, ils se demandent bien qui on est au final. Et comme ils n’ont jamais appris à avoir peur de l’homme, eh bien il vont se rapprocher, ils vont voir de quel bois on est fait, ils vont nous toucher avec le bec, ils n’aiment pas être touché, ils ont horreur de ça, ce n’est pas le but du jeu. Mais c’est vrai que pour le cinéaste, ça permet vraiment de travailler avec cette espèce comme si on travaillait avec des acteurs au fond.

    -Oui, ce sont des acteurs, d’ailleurs quand on les voit marcher, on a l’impression que ce sont des hommes, ces manchots.

    -Combien de fois on se fait avoir sur la banquise où on prend les jumelles en disant : « Tiens qui c’est là-bas ? Ah c’est un manchot. » Et ça arrive hyper souvent parce que c’est vrai qu’il y a quelque chose dans leur démarche qui rappelle la démarche humaine, il y a quelque chose qui, dans cette solitude quand vous voyez un manchot perdu comme ça sur la banquise, vous avez vraiment l’impression que c’est quelqu’un quoi.

    -Alors évidemment, il y a cette incroyable aventure humaine, ils affrontent les éléments, ça va jusqu’à -90 degrés en plein hiver, avec le vent.

    -Pas ici, pas ici. -90 c’est sur le pôle Sud, mais effectivement c’est -40, 200 km/h de vent, c’est effectivement des pouvoirs de refroidissement qui sont effroyables. Nous, êtres humains, on est rien du tout là-bas, rien du tout. Et moi c’est une des choses qui m’a le plus plus choquée, c’est de voir que je retrouvais sur ce tournage-là des empereurs que j’avais déjà rencontrés en 91, 1991.

    -Vous les reconnaissez.

    -Je ne les reconnaissais pas, ils ont des petites bagues sous-cutanées où les scientifiques nous disent : « Eh bien voilà ! Celui-là il était déjà là quand tu es venu la première fois. » Et je me dis, mais comment on tient, comment on tient aussi longtemps dans un environnement aussi compliqué ? Quelle prouesse de funambule au fond que d’être toujours en équilibre au-dessus de l’abîme de la mort d’une certaine manière quoi. Et c’est ça que j’ai voulu raconter dans ce film, cette notion de destin, qu’est-ce qui fait qu’un individu va pouvoir tracer sa route comme ça et peut-être transmettre d’abord la vie… Et de manière curieuse, on n’a pas l’impression qu’ils apprennent à leurs petits, c’est comme si tout ça était intuitif, inné, c’est très impressionnant au fond, quoi.

    -Et pour nous raconter cette incroyable aventure, il y a la voix de Lambert WILSON, on va voir des images de l’enregistrement et LAMBERT raconte L’empereur, écoutez.

    - « … réduit d’autant les chances de retrouver son poussin. Aurait-il échoué si près du but ? Il sent bien qu’il n’aura plus la force d’affronter un nouvel hiver. Avec sa compagne, il s’est battu sans relâche ces derniers mois pour le garder en vie. »

    -C’est incroyable, je veux dire c’est plein de poésie, d’émotion.

    -C’est sûr que LAMBERT avait, en plus, cette passion de l’Antarctique puisqu’il était sur le tournage de l’odyssée et qu’il a rencontré les manchots empereurs. Et là c’était tellement plus simple puisqu’on parlait de passionné à passionné. Et évidemment avec son grand talent, avec sa disponibilité, il est venu et voilà il m’a dit : « Emmène-moi où tu veux ! » finalement quoi. Et c’est sûr qu’on a beaucoup parlé de l’Antarctique aussi.

    -Oui, ça vous fascine Luc JACQUET, ces manchots empereur.

    -Qui ne serait pas fasciné par l’Antarctique, vous imaginez quel privilège que de pouvoir aller là-bas. Vous restez 2 mois au milieu de ces animaux qui sont en toute liberté dans cet environnement qui n’a jamais été abîmé, finalement quoi. Et c’est un décor qui est tout blanc. Il suffit que la lumière change pour qu’en une fraction de seconde, tout le paysage se mette à changer.

    -Ils donnent quelle leçon aux hommes d’aujourd’hui ces manchots, ils nous disent quoi ?

    -Je crois que leur sublime élégance c’est de ne donner des leçons à personne, mais nous les hommes quand on voit qu’ils tiennent là-bas parce qu’ils ont renoncé à la territorialité, à l’agressivité. Parce qu’ils sont extraordinairement solidaires, parce qu’ils partagent les tâches de l’éducation, on se dit que cet oiseau finalement est peut-être bien plus sage que certains êtres humains autoproclamés sapiens.

    -Merci Luc JACQUET, L’empereur, voici d’ailleurs le livre qui retrace avec des photos…

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    00:07:12
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