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  • L'invité

    L'INVITE TV5MONDE-11/02/17

    Invité : Frédéric François, chanteur et compositeur italo-belge ; il fête ses 40 ans de succès à l'Olympia.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C’est 40 ans de carrière et une longue histoire d’amour avec le public, Frédéric FRANÇOIS, bonjour !

    Bonjour.

    On est ravi de vous accueillir. Quand je dis 40 ans d’amour avec le public, c’est vraiment ça votre vie ?

    C’est une grande histoire d’amour. Je crois que c’est… je dirais même, c’est un conte de fées, moi. C’est un conte de fées parce qu’on est parti de nulle part, des corons, charbonnages, on habitait dans une petite maison en face de la mine av (...)

    C’est 40 ans de carrière et une longue histoire d’amour avec le public, Frédéric FRANÇOIS, bonjour !

    Bonjour.

    On est ravi de vous accueillir. Quand je dis 40 ans d’amour avec le public, c’est vraiment ça votre vie ?

    C’est une grande histoire d’amour. Je crois que c’est… je dirais même, c’est un conte de fées, moi. C’est un conte de fées parce qu’on est parti de nulle part, des corons, charbonnages, on habitait dans une petite maison en face de la mine avec 3 petites chambres, il y avait déjà, j’avais déjà 6 ou 7 frères, frères et sœurs. Et voilà, et mon père avait cette idée dans la tête, parce que lui avait émigré avec sa guitare, que son fils, un jour, deviendrait une vedette, une star.

    Il l’a vu, il a vu ce succès, votre papa ?

    Oui, heureusement. Bien sûr, il m’a quitté trop tôt, mais il a quand même vu, par exemple à Paris, le succès jusqu’à « Je t’aime à l’italienne ».

    Il y a une chanson nouvelle qui dit : « à tous ceux qu’on aime » et qui dit : « il faut dire qu’on aime à ceux qui sont là »…

    « À tous ceux qu’on aime »…

    Vous l’avez dit à votre papa ?

    Pas assez. Et c’est pour ça que la chanson existe, j’aurais voulu le dire 1000 fois, mais on est trop jeune et peut-être que, à cette époque-là, ça ne se disait pas de la même façon. Par exemple, quand j’arrivais chez moi, mon père… à certains moments quand je jouais du piano et tout ça, il avait un geste, il me caressait les cheveux ; pour lui, ça voulait dire : « mon petit garçon, je t’aime ». Ma mère, elle, elle me prenait dans ses bras, elle m’embrassait et quand j’allais la voir, et peut-être que sa façon de me dire je t’aime, c’était : « comme je te trouve maigre, il faut que tu manges quelque chose, je t’ai préparé un plat extraordinaire », alors que je devais aller manger chez moi et ma femme m’attendait. Et donc je mangeais 2 fois. Donc, ils avaient une autre façon de dire je t’aime. Aujourd’hui, ma fille, je peux lui dire dans un petit texto : « allez je t’attends, ton papounet qui t’aime », par exemple.

    Écoutez ! Nouvelle chanson.

    « La vie n’est qu’un éclair

    Une illusion

    Qui s’évanouit dans l’air

    L’amour, celui qu’on donne est une clé

    Qui fait vivre les hommes

    Il faut dire je t’aime

    À tous ceux qu’on aime

    Tant qu’ils sont vivants… »

    C’est ça la leçon, Frédéric !

    Oui, c’est une leçon de vie. Voilà, à refaire, on leur dirait encore, même si on a fait beaucoup dans la vie, parce que je pense que je n’ai pas de regrets, je n’ai pas de remords ; et donc, j’ai fait beaucoup, mais j’aurais dû faire encore plus.

    Francesco BARRACATO, c’est ça votre vrai nom.

    Francesco BARRACATO.

    Venu donc de Sicile. Un papa qui doit travailler dans les mines près de Liège en Belgique, et vous allez le rejoindre dans des camions de la Croix-Rouge.

    Voilà, c’était un convoi de la Croix-Rouge, donc il avait un contrat de 3 ans, comme il avait vraiment travaillé les 3 ans et que c’était un bon ouvrier, il avait émigré avec sa guitare, entre parenthèses ; et donc 3 ans après, il y avait eu un convoi de la Croix-Rouge et j’arrive avec ma mère et mon frère, et on découvre la Belgique. Nous habitions dans les camps qui étaient vraiment dans l’enceinte de la mine. Il y avait la mine bien sûr, et puis les camps militaires allemands. Et nous habitions dans cette chambre et cette petite cuisine.

    Une enfance pauvre, on va dire le mot pauvre, mais aimé.

    Heureuse. Tu vois quand j’y pense, je me dis : « punaise, on n’avait rien du tout. Jamais de vacances, pas de voiture, pas de vélo, pas de télévision, rien du tout », mais wouah, quelle enfance heureuse ! Mon père le dimanche prenait sa guitare, il chantait… Toutes des chansons d’amour, ma mère rayonnait, elle préparait le déjeuner, elle venait chanter quelques chansons et puis voilà ; et très vite, il y a eu beaucoup d’enfants parce qu’il y a eu 8 enfants. Ils n’avaient pas la télévision, donc voilà, 8 enfants.

    Et alors vous rêviez, mais un jour, à 10 ans, vous chantez pour la première fois dans un café devant des Siciliens ?

    Oui, ma mère me dit : « Francesco, va chercher ton père, j’ai préparé le dîner », on savait où il était. Il était dans le bistrot italien, près du passage à niveau parce que tous les Siciliens se retrouvaient là-bas. Et bien sûr, moi j’arrive dans ce bistrot, je rentre, mon père fier : « (inaudible) ! », il me prend dans ses bras et il dit à ses copains : « mon fils, il va vous chanter une chanson ». Il me met sur la table, il dit : « vas-y chante-nous O sole Mio ! ». Et moi bien sûr, j’avais 10 ans, tout timide, j’ai commencé à chanter « O sole Mio » devant tout le monde, voilà. C’était mes premiers applaudissements et mon premier passage sur scène.

    Alors, vous allez avoir envie de chanter, vous allez passer par des groupes. Et puis, vous écrivez des chansons. Et puis, vous avez envie de chanter et un jour, vous gagnez le Microsillon d’argent en Belgique.

    Ça, c’est le premier concours que je gagne. Ça s’appelait le Microsillon d’argent, j’avais exactement 16 ans. J’avais écrit 2 chansons : « petite fille » et « ne pleure pas », tu vois, c’est normal quand tu as 16 ans.

    Des chansons d’amour quand même déjà !

    Déjà des chansons d’amour ! Et voilà, et je gagne le premier prix et le directeur de ce jury était un gars qui faisait partie d’un orchestre français très connu. Et donc, j’ai enregistré un disque et voilà. Le seul hic, disons, c’est que mon père devait acheter les 500 disques !

    C’est votre papa qui achète tous les disques, en fait !

    On a acheté les 500 disques, mais on les plaçait dans les bistrots, on les envoyait en Sicile, on les envoyait à la radio, il y avait des disques demandés, donc on envoyait un petit billet pour un anniversaire. Et on était là devant le transistor et on écoutait la radio, c’était quand même des grands moments, vraiment !

    Les chansons d’amour, quand vous dites : « les femmes sont la lumière du monde », Frédéric FRANÇOIS. Ça a un peu marqué finalement toutes vos chansons, les femmes ?

    Depuis toujours, je pense que ma carrière, je la dois à beaucoup de femmes et j’ai toujours chanté l’amour. C’est-à-dire que, quand j’ai trouvé le style, je pense que mon style, c’est génétique, c’est mon père, donc je le regardais chanter toutes ces chansons d’amour, et je me suis dit : « oui voilà, ça, c’est toi », tu ne peux que chanter que des chansons d’amour ? Et c’est ce qui me faisait vibrer. Et donc, voilà aujourd’hui, les femmes sont la lumière du monde, et bien sûr, elles sont la lumière du monde. Quand on regarde bien, moi je regarde ma mère, elle donne la vie, c’est elle qui faisait que la maison puisse tourner parce que, au centime près, elle devait finir le mois, c’est elle, ou ma femme, par exemple quand quelque chose ne va pas, c’est elle qui nous épaule. Elles sont toujours là, elles nous pardonnent, elles nous épaulent, elles nous guident. Comme dirait ma femme : « j’ai 5 enfants ! ».

    Écoutez !

    « Les femmes anonymes ou Joconde

    Les femmes sont la lumière du monde. »

    Vous ne parlez que d’amour dans vos chansons, il n’y a que ça ?

    Oui, l’amour pour moi, est quelque chose de très important dans la vie. Je crois que c’est la base de notre vie, nous, les humains. On construit par amour, on se bat par amour, mais tout est amour. Et donc voilà, toute ma vie, j’ai décidé de chanter des tranches de vie qui nous parlent d’amour. Voilà, l’amour, plein de façons de chanter l’amour, ça peut être l’amour individuel, ça peut être l’amour comme ensemble on gagnera, paix sur la terre, ce sont des chansons d’amour.

    C’est-à-dire tout oublier, finalement, spectacle à travers des chansons, rêver ?

    La vie est tellement difficile. Il ne faut pas croire que c’est rose tous les jours pour tout le monde, même pour moi. Et donc voilà, le fait de donner et de partager tout ça, je pense que c’est une belle mission de la vie.

    Merci beaucoup Frédéric FRANÇOIS. « Les femmes sont la lumière du monde », c’est le nouvel album, et puis voici le DVD avec les concerts à l’Olympia depuis tant d’années ou Forest National, et puis partout au Québec aussi. Merci Frédéric FRANÇOIS, et ses 40 ans d’amour avec le public, merci !

    Voilà, bisous à tout le monde !

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    00:08:25
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