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  • L'invité

    Serge Joyal

    Invité : Serge Joyal.

    Sénateur canadien, historien, ancien ministre d'État de Pierre Trudeau, Serge Joyal est notre invité alors que le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, effectue une visite historique en France pour commémorer le centenaire de la bataille de Vimy et rendre hommage aux 60 000 Canadiens morts pendant la Première Guerre mondiale.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Serge JOYAL. Vous êtes sénateur du Canada, ancien ministre d’État de Pierre TRUDEAU dans les années 80 qui était Premier ministre du Canada et aujourd’hui c’est Justin TRUDEAU, le Premier ministre actuel, qui donc commémore le centenaire d’une bataille historique à Vimy dans le Pas-de-Calais. C’est un moment très important qui a été vécu aujourd’hui, la présence du Premier ministre et finalement une bataille qui a marqué l’histoire du Canada.

    Elle a marqué l’histoire du Can (...)

    Bonjour Serge JOYAL. Vous êtes sénateur du Canada, ancien ministre d’État de Pierre TRUDEAU dans les années 80 qui était Premier ministre du Canada et aujourd’hui c’est Justin TRUDEAU, le Premier ministre actuel, qui donc commémore le centenaire d’une bataille historique à Vimy dans le Pas-de-Calais. C’est un moment très important qui a été vécu aujourd’hui, la présence du Premier ministre et finalement une bataille qui a marqué l’histoire du Canada.

    Elle a marqué l’histoire du Canada parce qu’au sortir de la guerre, le Canada est devenu un pays individualisé, un pays qui avait maintenant une personnalité dans le concert des nations et cette bataille de Vimy a marqué l’étape tournante de la guerre où l’armée canadienne qui jusqu’à ce moment avait été distribuée dans les forces britanniques s’est retrouvée sous un commandement unique assisté d’un brigadier général canadien et remporte une victoire là où auparavant les alliés britanniques et français avaient malheureusement essuyé des échecs avec des morts d’hommes énormes, 100 000 personnes, 900 000 soldats écartés du champ de bataille dans des assauts antérieurs. Et, ce qu’il faut comprendre, monsieur SIMONIN, c’est que le Canada au début de la guerre n’avait pas d’armée. Le Canada était un pays qui n’avait pas non plus voix au chapitre sur le plan international. C’était uniquement la Grande-Bretagne qui parlait en son nom. Donc, lorsque la guerre est déclarée, le Canada doit se constituer une armée…

    … avec des volontaires.

    Avec uniquement des volontaires…

    Donc des Canadiens qui vont mourir pour ce qui est la mère patrie, c’est-à-dire pour le Royaume-Uni !

    Oui. En vain on donne sa vive pour la gloire de l’Empire et on donne sa vie également chez les Canadiens français en mémoire des racines françaises qui remontent, comme vous savez, comme mes propres ancêtres au XVIIe siècle.

    60 000 Canadiens vont donner leur vie !

    60 000 Canadiens vont donner leur vie, qui vont être inhumés et dont les restes vont demeurer en France après la guerre. Alors, pour nous quand nous venons à Vimy ou quand nous traversons la région du Nord-Pas-de-Calais ou des Flandres, nous sentons la présence canadienne encore dans la terre française ou dans la terre flamande. Et c’est ce qui est important, il faut que vous compreniez qu’il y a un élément émotif extrêmement important pour les Canadiens, parce que ceux qui ont perdu un grand-père, un grand-oncle, qui ont perdu un parent quel qu’il soit, pensent encore à lui ou parfois à elle parce qu’il y a eu également des infirmières et dont les restes sont en France.

    Donc ce discours aujourd’hui de Justin TRUDEAU c’est évidemment très émouvant, et finalement un jour historique pour tout le Canada.

    Oui pour l’ensemble du Canada parce que les forces armées canadiennes à Vimy étaient rassemblées de tous les coins du pays. Il y avait les troupes écossaises originaires de la nouvelle Écosse, il y avait le Royal 22e provenant du Québec, il y avait les troupes provenant de l’ouest du pays, de l’Ontario. Donc l’ensemble des contingents canadiens qui jusqu’à Vimy avaient opéré à différents endroits dans l’armée britannique tout à coup sont rassemblés ensemble. Donc c’est le Canada entier qui se retrouve à Vimy, alors que dans les batailles antérieures jusqu’au 9 avril 1917, leur individualité était perdue dans les troupes britanniques. Pour la première fois, ils sont rassemblés sur la crête de Vimy.

    Ça veut dire que c’est finalement la manifestation, la première de l’indépendance du Canada !

    Oui, et c’est ce qui va se prolonger 3 mois plus tard à Lens. 3 mois plus tard en août, les forces canadiennes avec le consentement du commandement britannique décident de prendre la ville de Lens, là où les Allemands s’étaient fortifiés de façon incroyable depuis d’ailleurs le mois d’octobre 1914. Et les troupes canadiennes sous commandement canadien, au prix évidemment de pertes au-delà de 6000 soldats vont finir par percer la ligne allemande à Lens en août 1917. Donc Vimy en avril, Lens en 1917 et ensuite les grandes opérations du printemps 18 au moment où on perce la ligne de Cambrai, de Valenciennes, etc.

    Ça, ça veut dire aujourd’hui, Serge JOYAL qu’on peut dire que finalement l’action des Canadiens a été déterminante.

    17 a été une année horrible et c’était une des premières victoires des Alliés en 17, où les Canadiens ont réussi là où malheureusement auparavant, comme je l’ai mentionné, les troupes britanniques et françaises n’avaient pas réussi à percer le front allemand. Alors, il y a là un élément, j’oserais dire, d’encouragement des alliés à redoubler d’efforts, surtout au moment où les Américains vont finir par arriver comme vous savez à la toute fin de 1917, en décembre 1917. Donc cette victoire du printemps 1917 à Vimy, perçant les lignes allemandes là où sont concentrées les mines de charbon qui soutiennent l’industrie militaire allemande, c’est extrêmement important pour la suite des événements.

    Vous avez écrit, parmi d’autres livres, « La Grande Guerre 14-18 le Canada et la France » publiée chez Art Global. Vous avez été, je l’ai dit, un ministre d’État de Pierre TRUDEAU dans les années 80.

    TRUDEAU père, TRUDEAU père.

    Oui on dit quoi : le « vrai TRUDEAU » ?

    Non, on dit TRUDEAU père.

    Aujourd’hui c’est son fils, Justin TRUDEAU, qui est Premier ministre du Canada, pour cette cérémonie évidemment. Qu’est-ce que vous ressentez vous qui avez travaillé pour son père ?

    C’est toujours un peu de l’étonnement parce que les 2 personnalités sont vraiment très différentes. TRUDEAU père c’était un cérébral, c’était un intellectuel, c’était un professeur d’université, c’était un auteur très recherché et surtout c’était un esprit qui aimait repousser les frontières de la réflexion. Alors que le fils est plutôt, je dirais, un émotif. C’est une personne qui a une grande intelligence, mais très émotive, et qui aime le contact humain, alors que TRUDEAU père s’il ne connaissait pas les personnes, il était plutôt timide et réservé.

    Alors, vous avez connu Justin TRUDEAU tout petit alors ?

    Ah oui bébé…

    C’est-à-dire ?

    Oui bébé en 1972, 74.

    Vous l’avez eu dans vos bras alors.

    J’étais député à cette époque-là. Absolument, et en plus j’étais très près de sa mère au moment où monsieur TRUDEAU s’est marié avec Margaret TRUDEAU et au moment où elle devient enceinte, c’est pendant la campagne électorale. Et évidemment monsieur TRUDEAU, comme il avait une nouvelle épouse, elle était près de lui dans les rassemblements publics, et il est arrivé à quelques reprises qu’elle éprouve des malaises. Et puis comme j’étais souvent sur la scène avec monsieur TRUDEAU, j’étais presque l’ambulancier de service pour alerter les personnes de l’entourage quand elle ne se sentait pas très bien à cause de cette pression publique.

    Quand vous avez eu le petit Justin dans vos bras, vous ne vous seriez jamais douté qu’il serait un jour le successeur de son père et Premier ministre à son tour ?

    Absolument pas. Monsieur SIMONIN je vous mentirais si je vous disais que je croyais que…

    Mais son père aurait été heureux, espérait ça ?

    Son père oui, parce que quand monsieur TRUDEAU père a quitté la politique en 84, il m’a demandé : « qu’est-ce que tu feras ? » J’ai dit moi je continue, je suis jeune encore, bon. Et j’ai dit : « vous qu’est-ce que vous ferez. » Et il me dit : « moi écoute j’ai 3 fils et puis c’est moi qui en ai la garde. Par conséquent, si je ne prends pas charge de leur éducation, si ne je leur transmets par mes valeurs, je serais mort quand ils seront des adultes ».

    Merci Serge JOYAL. Donc c’est une commémoration historique aujourd’hui qu’a vécu à la fois le Canada et bien sûr la France à Vimy. Merci d’avoir été notre invité.

    Très agréable plaisir monsieur SIMONIN.

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