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  • L'invité

    Claude Sérillon

    Invité : Claude Sérillon, journaliste français.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Claude SERILLON.

    Bonjour Patrick.

    Quel bonheur de vous retrouver. Alors évidemment on vous avait perdu. Vous étiez avec Michel DRUCKER. On vous a suivi évidemment sur cette antenne. À un moment donné, vous vous êtes retrouvé auprès de François HOLLANDE.

    Pendant 2 ans, à l’Élysée. ça a été un honneur, un privilège. J’ai beaucoup appris de choses. Vous savez quand on est journaliste, il faut être curieux de ce que l’on ne connaît pas. Donc, j’y sui (...)

    Bonjour Claude SERILLON.

    Bonjour Patrick.

    Quel bonheur de vous retrouver. Alors évidemment on vous avait perdu. Vous étiez avec Michel DRUCKER. On vous a suivi évidemment sur cette antenne. À un moment donné, vous vous êtes retrouvé auprès de François HOLLANDE.

    Pendant 2 ans, à l’Élysée. ça a été un honneur, un privilège. J’ai beaucoup appris de choses. Vous savez quand on est journaliste, il faut être curieux de ce que l’on ne connaît pas. Donc, j’y suis allé à la fois par conviction et par amitié pour lui puisqu’on se connaît depuis longtemps, mais aussi parce que j’étais curieux de savoir comment c’était au plus haut niveau de la république.

    Et on apprend autant de choses que quand on présente au journal télévisé pendant tant d’années ?

    Je pense beaucoup plus parce que là vous êtes vraiment dans l’action. Vous savez un présentateur de journal, c’est finalement la chose la plus facile que j’ai faite dans ma carrière parce que vous avez 250 personnes qui travaillent pour vous et l’actualité vous tombe dessus. Donc, après vous la gérez avec rigueur, honnêteté, tout ce que vous voudrez, mais non, je suis plus fier d’avoir fait Géopolis, d’avoir créé le Téléthon et d’être venu sur cette chaîne, sur TV5.

    Vous avez été un des responsables. Vous avez présenté des grandes émissions.

    Oui beaucoup. Moi, j’ai été très privilégié. Je continue de faire mon métier, mais autrement maintenant. Tout ça est très intéressant, ça enrichit et ça oblige à se renouveler et à ne pas rester sur, je dirais, son acquis.

    Oui et parfois viré, 3 fois ?

    Oui, voilà ! Mais c’est parce que je pense que ce n’est pas plus mal de temps en temps d’affirmer une forme d’indépendance et de rigueur, de se tenir droit.

    Quand on voit d’autres présentateurs, en ce moment, il y en a qui perdent leur poste. Par exemple, au journal de France 2 20 h

    Oui, moi, je suis très défenseur du service public. C’est de l’argent public. C’est de l’argent des Français et ce que je regrette, c’est qu’on ne voit plus beaucoup la différence entre le service public et les chaînes privées.

    Oui, vous regrettez le départ de PUJADAS ?

    Je pense que c’est forcément douloureux, difficile. Simplement bon, ça fait 16 ans qu’il était là. Il était peut-être logique qu’il fasse autre chose. D’autant qu’il réussissait formidablement bien les émissions politiques. Après, c’est un choix curieux compte tenu des circonstances et de la date qu’a fait la présidente de France Télévisions.

    Oui. Alors on rappelle, vous étiez sur le canapé de Michel DRUCKER avec votre célèbre rire. C’est-à-dire que finalement cette légère ne vous a jamais quittée.

    Non, je pense qu’il faut savoir garder justement cette forme de légèreté et de rire. Et puis là aussi, moi je fais des choses quelques fois très dramatiques, des directs dans le monde entier, mais quand je me suis retrouvé pendant presque 5 ans chez Michel, j’ai appris ce qu’était le monde de la variété, la fragilité des artistes, les chanteurs, les comédiens. J’ai découvert tout un monde. Donc il a fallu aussi que je prenne mon rythme. Et puis moi, par nature je suis quelqu’un qui voit plutôt le verre à moitié plein. J’aime bien rire. Donc, je ne vois pas pourquoi je me priverais.

    Et après vous avez découvert la fragilité des hommes politiques. Vous étiez au cœur du pouvoir avec François HOLLANDE ?

    Ça vous surprendra peut-être, mais j’en suis sorti avec plus de mansuétude pour le monde politique que pour le monde médiatique.

    C’est vrai ?

    Oui, je trouve qu’il y a beaucoup de bidonnage. Il y a une sorte de gonflement de l’information. Une surinformation qui conduit à des bidonnages parce que, encore récemment, je voyais qu’à propos d’une agression d’un policier à Paris, les journalistes n’avaient comme seule source Twitter et Facebook. C’est quand même pauvre, ça montre à quel point les réseaux sociaux ont pris le pas sur l’information qui doit demeurer rigoureuse, vérifiée et revérifiée 3 fois. Mais on est dans une telle accélération de la diffusion des informations, une sorte de flux permanent, une tuyauterie dans laquelle il faut que tout passe et puis au-delà de ça, il n’en reste plus grand-chose.

    Vous aviez écrit un livre qui s’appelait : « Dire du mal ». Ça, ça ne vous plaît pas qu’on dise du mal.

    Non, je pense qu’on n’a pas beaucoup de temps quand on fait des journaux ou quand on fait des émissions. Autant dire du bien de ce que l’on a aimé et puis on laisse de côté ce qu’on n’a pas aimé, mais on n’est pas obligé de détruire. Quelques fois quand je vois des pages de Télérama ou de Libération qui s’acharnent à dire du mal d’un livre, d’un film, d’une pièce de théâtre, je dis : mais à quoi bon ? En plus, c’est du travail qu’on fait des comédiens, c’est du travail qu’on fait des metteurs en scène, des techniciens de plateau et autres, donc respect. Après, on peut ne pas aimer. Moi je ne fais pas partie des adeptes de PROUST, mais ce n’est pas pour ça que je vais dire du mal de PROUST.

    Oui. Alors quand vous allez dans l’émission de Laurent RUQUIER et qu’il y a Yann MOIX qui vous dit : « vous écrivez des poèmes un peu comme on pisse », je le cite, ça vous a fait mal ?

    Comme vous avez pu voir, j’ai pris ça avec beaucoup de philosophie, avec du sourire. Voilà, il est dans son rôle. Il est trop bon écrivain pour savoir que tout ça n’est qu’un jeu de rôle. Il est dans sa fonction chez Laurent et il fait ça, il a besoin d’être dans la méchanceté, de lancer le truc. Puis après, vous savez, vous retournez les choses.

    Mais vous gardez toujours votre sourire ?

    Ce n’est pas grave. Il y a des choses tellement plus importantes.

    Non, mais c’est vrai.

    Et on est sur une chaîne internationale. Regardez, dès que vous ouvrez un peu les pages vers le monde, vers le monde entier, et que vous regardez, il y a des choses tellement plus importantes. Des réussites tellement plus formidables et des drames tellement plus grands. Donc moi, vous savez, je relativise.

    Oui. Mais au fond un goût pour la liberté, un goût pour la démocratie, un goût pour l’indépendance.

    Oui, je crois qu’il faut avoir le goût des gens, savoir s’intéresser à eux. Je crois qu’on ne fait pas ce métier de journaliste sans aimer un peu les gens. Aimer, ça veut dire « s’intéresser à », ça veut dire « écouter », ça veut dire « prendre du temps ». Et peut-être que cette accélération dont je parlais tout à l’heure fait que le journaliste manque de temps maintenant. Qu’il remplit plutôt les cases à toute allure et qu’un clou chasse l’autre.

    Oui, alors vous descendez dans la rue. Vous y voyez des gens, des passants, vous y voyez des pavés sur une cour officielle.

    Je note. Je prends des petites notes.

    Et puis vous écrivez, vous écrivez alors des nouvelles, ça s’appelle « La conversation ». C’est un livre publié à Mille Milliards.

    Cent Mille Milliards.

    Cent Mille Milliards.

    Oui, c’est une maison d’édition qui a pris le titre du poème de QUENEAU, vous savez cent mille milliards. C’est une jeune maison d’édition très intéressante et qui justement cherche à faire des choses un peu différentes.

    Oui.

    Et livre de nouvelles, c’est mon troisième livre de nouvelles. Là, il y en a eu 8. Et effectivement comme vous dites Patrick, je puise des choses dans ce que je vois dans la vie et puis après c’est mon imaginaire qui galope.

    Je disais par exemple, alors, il y en a une nouvelle, vous croisez 2 personnes dans la rue. Vous fixez comment ils sont habillés. Vous les observez. Mais au fond, pourquoi je les regarde ? Et puis après, vous allez creuser un peu plus loin et puis derrière, on va découvrir des choses qui peut-être ramènent à la politique, ramènent à un certain nombre…

    Oui, « La conversation » qui est le titre du livre et qui est la première nouvelle, c’est une rencontre amoureuse, donc là c’est juste une observation, une sorte de voyeurisme pour moi de cette rencontre amoureuse. Et puis, il y a ce dont vous faites allusion, c’est la traversée et là, c’est l’histoire d’un homme qui est sur un trottoir et qui voit de l’autre côté du trottoir, arriver un couple et il reconnaît l’homme. Et l’homme à ce moment-là, c’est celui que toute la France hait, déteste. Mais il le connaît très bien. Qu’est-ce qu’il doit faire ? Est-ce qu’il doit traverser la rue, aller le saluer ou faire comme s’il ne le connaissait pas ? Donc, à partir d’une intrigue comme ça, j’essaie de nouer toute une histoire.

    En fait, vous observez ce qu’il y a autour de vous Claude ?

    Moi j’adore m’asseoir à une terrasse et puis regarder les gens passer, c’est formidable.

    C’est s’émerveiller au fond. C’est ça, on a l’impression que vous vous émerveillez.

    Encore une fois, c’est la base du journalisme. C’est de regarder ce qui se passe. Et là, on est journaliste. Mais comme il s’agit de fiction, comme il s’agit d’imaginer et d’aller beaucoup plus loin que la réalité, ça vous donne une liberté formidable parce que vous pouvez tordre la réalité, en faire quelque chose de complètement loufoque, ça, c’est amusant quoi.

    Et vous citez Victor HUGO, « le bonheur est parfois caché…

    … dans l’inconnu ».

    Merci beaucoup Claude SERILLON.

    Merci Patrick SIMONIN.

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    00:08:02
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