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  • L'invité

    Michèle Cotta

    Invitée : Michèle Cotta, journaliste française ; elle commente la victoire d'Emmanuel Macron.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    L’une des plus grandes voix du journalisme politique français, bonjour, Michèle COTTA.

    Bonjour.

    Merci d’être notre invité dans cette journée un peu historique encore. Le plus jeune président de la cinquième république Emmanuel MACRON, qui s’est donc présenté au Louvre hier soir au son de l’hymne européen, avant de prononcer un discours de président. C’est une élection en tout point étonnante, c’est une élection qui marquera l’histoire. Michèle COTTA, vous qui avez con (...)

    L’une des plus grandes voix du journalisme politique français, bonjour, Michèle COTTA.

    Bonjour.

    Merci d’être notre invité dans cette journée un peu historique encore. Le plus jeune président de la cinquième république Emmanuel MACRON, qui s’est donc présenté au Louvre hier soir au son de l’hymne européen, avant de prononcer un discours de président. C’est une élection en tout point étonnante, c’est une élection qui marquera l’histoire. Michèle COTTA, vous qui avez connu la plupart des présidents de la cinquième République, il y a quelque chose d’unique dans ce qui vient de se passer ?

    Il y a quelques choses d’unique, pas seulement par la jeunesse du président, effectivement 39 ans, quelques mois de moins que celui qui avait le record jusqu’à présent de toutes les républiques, Louis Napoléon BONAPARTE, donc, sa jeunesse est déjà quelque chose de tout à fait étonnant, mais c’est surtout le parcours qui est encore plus intéressant, parce qu’au fond, lorsqu’il a quitté le gouvernement il y a un an pour se présenter à l’élection, personne ne donnait cher d’Emmanuel MACRON. Personne ne pensait qu’il pouvait accéder tout de suite à la présidence de la République. D’ailleurs autour de lui, ces conseillers disaient pas tout de suite, 2017, non, attendons 2022. Et lui il disait non, c’est 2017. Sa première réunion, la création d’un parti à Pâques dernier, avec la première réunion en juillet, puis le départ du gouvernement, à l’automne. Tout ça s’est passé à une allure folle quoi, à une allure folle.

    C’est exceptionnel, c’est historique. Je disais, on n’a jamais vu ça, vous n’avez jamais vu ça Michèle COTTA ?

    Non, mais je pense… D’ailleurs, il n’y a pas beaucoup de pays qui ont dû voir ça, parce qu'on peut comparer par exemple sa position politique au centre, peut être comparée à celle de Valéry Giscard D’ESTAING par exemple, qui a été élu jeune lui aussi, mais enfin, avec 10 ans de plus, qui a été élu après une campagne à bride abattue, mais enfin, Giscard D’ESTAING, il était déjà dans un parti, il avait déjà été élu, déjà depuis longtemps au gouvernement de DE GAULLE. Donc ça n’est pas comparable. Lui, franchement, c’est une chevauchée fantastique avec, il faut dire, une chance formidable, un alignement des planètes comme on dit, unique. D’abord les primaires de la droite et du centre, qui ont amené le plus radical d’entre eux à la candidature, François FILLON, les affaires de François FILLON, rendant à droite le terrain un peu bouché. Après, la disparition au fond, dans toute cette année, de tous les grands noms de la politique, qu’il s’agisse à gauche de François HOLLANDE qui a donc décidé de ne pas se représenter, Manuel VALLS qui a été après écarté. À droite, on a vu tomber Nicolas SARKOZY, Alain JUPPÉ puis François FILLON. Et puis autre conjonction des planètes sur la gauche, avec un parti socialiste divisé, qui a désigné aussi le plus radical d’entre eux, laissant cet espace central, exactement, que voulait Emmanuel MACRON.

    Alors, on va voir des images de ce matin. Eh bien, Emmanuel MACRON aux côtés de François HOLLANDE donc pour ce 8 mai. C’est une image forte, est-ce que cette image, Michèle COTTA, confirme finalement presque ce lien de parenté entre François HOLLANDE et Emmanuel MACRON, qui est souvent d’ailleurs dénoncé par ses adversaires ?

    Je vais vous dire, je crois que c’est plus compliqué que ça. Je crois que François HOLLANDE a aujourd’hui des sentiments ambigus. C’est-à-dire d’un côté, il a dit, lui aussi avait dit « il me doit tout », Emmanuel MACRON lui doit tout. Et quand même d’une certaine façon, même si le président de la République actuel ne veut pas le dire maintenant, il l'a un peu trahi, et même il l'a carrément trahi. Et d’un autre côté, il va réaliser ou ils essaie de réaliser ce que François HOLLANDE lui voulait, c’est- à-dire l’ouverture, la sociale démocratie ou le libéralisme social comme vous voulez, et donc, il doit y avoir quand même, aujourd’hui chez HOLLANDE, qui n’a pas pu se représenter, un sentiment ambigu avec quelqu’un… Il est plutôt content que ce soit lui qui ait gagné plutôt que Marine LE PEN.

    Il dit : « je serai à ses côtés », il l’a redit ce matin.

    Il l’a redit ce matin, et à la fois, il ne doit pas avoir oublié complètement que pendant des mois, c’est lui qui a mis Emmanuel MACRON en selle sans le savoir.

    Oui. Et ça veut dire aujourd’hui que ce président-là n’est pas seulement élu par défaut (inaudible), même s’il n’y a pas eu de front républicain, beaucoup ont voté pour lui pour faire barrage à Marine LE PEN. Est-ce qu’il va avoir les coudées franches pour gagner les législatives.

    Tout le problème est là. Généralement sur la cinquième République, les présidents élus ont immédiatement une majorité. Elle a été très, très confortable je vous rappelle pour François HOLLANDE, il est arrivé à François MITTERRAND en 88 notamment qu’elle soit plus faible. Enfin, généralement les présidents élus entraînent derrière eux, une sorte de souffle, de blast comme on dit, de 2 % à 3 %. Est-ce que ça va suffire à Emmanuel MACRON pour que les 577 candidats d’En Marche lui donnent une majorité, ça, c’est tout tout le problème aujourd’hui. Beaucoup le pensent à l’intérieur du mouvement En Marche, notamment François BAYROU qui lui n’a pas l’air de penser une seconde que ça puisse être autrement. D’autres quand même s’interrogent, est-ce que les partis sont finalement… ils sont cassés, mais ils sont lents à mourir. Et donc, est-ce que la droite arrivera, juste pour ces élections, avant d’autres divisions, mais arrivera à se mettre d’accord ? Est-ce que la gauche… Que fera la gauche avec un parti communiste, un parti socialiste en perte de vitesse complète, et le score de Jean-Luc MELENCHON. Mais, vous savez un score aux élections nationales, aux présidentielles, c’est un score sur lui-même, sur sa personnalité. Est-ce qu’il trouvera 577 petits MELENCHONS pour rafler la mise à la gauche, ce n’est pas dit.

    Oui. Mais il peut y avoir une cohabitation ? D’entrée de jeu ?

    Je ne pense pas.

    Que le président ne pourrait pas forcément appliquer sa politique ?

    Non. Il peut y avoir une coalition, après tout comme en Allemagne. Et il peut très bien se trouver qu’après les élections, il y ait une coalition avec les macronistes, et puis une partie de la gauche et une partie de la droite, mettons les juppéistes qui choisiraient de gouverner avec lui, ça c’est possible. Une cohabitation, ça me paraît moins certain à vrai dire, quoi que François BAROIN qui dirige la campagne pour… les républicains le disent, ça me paraît plus difficile d’abord parce que les les républicains, en ce moment n’ont pas la majorité au parlement. Ensuite parce que beaucoup de parlementaires s’en vont, quittent leur fonction à cause de la loi sur le non cumul des mandats, donc il leur faut trouver aussi des candidats et ils auront forcément des candidats à leur droite, le Front National, à leur gauche, MACRON, et tout le reste. Et bon, ça fait beaucoup de candidats aux législatives, et chacun doit avoir environ 12,5 % des suffrages exprimés, donc 20 % admettons, et ça il n’en restera pas 4 ou 5, il y aura des duels sûrement, duel droite-droite, duel droite-gauche, ça va être plus compliqué que ça.

    Merci beaucoup, Michèle COTTA, d’avoir été aujourd’hui notre invitée. Je rappelle le titre de votre dernier livre, c’est « Comment en est-on arrivé là », publié chez Robert Laffont. Merci beaucoup d’avoir été avec nous aujourd’hui.

    Merci à vous de m’avoir invité.

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    00:08:16
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