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  • L'invité

    Tahar Rahim

    Invité : Tahar Rahim, acteur français, à l'affiche du film "Le Secret de la chambre noire", réalisé par Kiyoshi Kurosawa.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Tahar RAHIM.

    Bonjour.

    César du meilleur acteur en 2010 et tant de grands films. Voici un film étonnant « Le Secret de La Chambre Noire » de Kiyoshi KUROSAWA, c’est un cinéaste incroyable qui a une filmographie étonnante peuplée de fantômes et là, c’est un huis clos, oppressant, mystérieux.

    Oui en effet. En effet, il poursuit son œuvre en faisant pour la première fois un film à l’étranger, donc il choisit la France et oui, en effet, il continue d’ (...)

    Bonjour Tahar RAHIM.

    Bonjour.

    César du meilleur acteur en 2010 et tant de grands films. Voici un film étonnant « Le Secret de La Chambre Noire » de Kiyoshi KUROSAWA, c’est un cinéaste incroyable qui a une filmographie étonnante peuplée de fantômes et là, c’est un huis clos, oppressant, mystérieux.

    Oui en effet. En effet, il poursuit son œuvre en faisant pour la première fois un film à l’étranger, donc il choisit la France et oui, en effet, il continue d’explorer sa fascination et sa croyance sur le monde des fantômes, le monde de l’invisible et la façon, dont il côtoie avec le monde des vivants.

    Oui, « Le Secret de la Chambre Noire » effectivement, cette chambre noire, c’est l’univers la photographie.

    Oui, la photographie particulièrement du daguerréotype, qui est un procédé photographique très ancien, le premier qui était commercialisé où il s’agit, enfin, le modèle doit s’installer dans une espèce de squelette de métal, en tout cas dans le film…

    Oui.

    Pour être immobilisé un maximum, en général, c’était 8 minutes pour que l’image s’imprime directement sur une plaque argentique, et il y avait toute cette légende autour du fait que ça capturait une partie de l’âme des modèles, des gens et c’est pourquoi les gens venaient photographier leurs vivants, mais aussi leurs morts.

    Est-ce que ça va capturer ces âmes-là ? Voici « Le Secret de la Chambre Noire ».

    (Musique)

    « C’est son être même qui est fixé sur la plaque argentique.

    Papa, est-ce qu’il te reste encore des choses à photographier ?

    C’est normal qu’un père prenne des photos de sa fille. »

    Une ambiance incroyable aussi que ce film-là, Tahar RAHIM.

    Oui, en effet, c’était, une ambiance incroyable qui ressemble parfaitement à ce qu’il a pu faire avant et il a un univers, une atmosphère qui est vraiment singulier, qui est la sienne, on reconnaît très vite un émet un film de Kiyoshi, je trouve et j’avais vraiment envie de faire partie de ça. Donc j’étais vraiment flatté quand il est venu me chercher.

    Oui, oui, parce que derrière cette histoire, il y a ce personnage, donc incarné par Olivier GOURMET, incroyable avec sa fille, Marie, enfermé dans une maison de banlieue, vous êtes un jeune assistant-photographe, qui allez vous retrouver intégré dans ce milieu et découvrir des choses qu’il ne faudrait pas découvrir.

    Ouais, il ne faudrait pas le découvrir, je pense. Mais, oui je vais être… enfin le personnage va être intégré certes, mais surtout contaminé, parce que c’est un mot choisi, puisque la contamination est un thème qui revient de manière métaphorique, très souvent dans le cinéma de Kiyoshi KUROSAWA, de beaucoup de réalisateurs japonais, d’après Hiroshima, Nagasaki, d’ailleurs, et du coup, c’est c’est latent quelque part dans leur cinéma et là oui, c’est quelqu’un qui se fait contaminer par les fantômes, par ce manoir, par la folie de Stéphane, mais aussi par l’univers, surtout par l’univers de Kiyoshi KUROSAWA.

    Ouais, est-ce qu’on peut emprisonner des âmes à travers la photographie.

    Ah moi je n’en sais rien, mais en tout cas, c’est que Kiyoshi propose dans ce film-là, oui.

    Oui, le cinéma et finalement la photographie, c’est un modèle de faire vivre peut-être aussi une forme de vivants à travers les morts, c’est-à-dire que les morts peuvent être présents à travers le cinéma et la photographie.

    De fait oui, puisque c’est une image, puisqu’elle est enregistrée, qu’elle restera jusqu’à la fin des temps, alors oui, les images ne meurent pas, elles restent. Dans ce cas-là de manière détournée, on est tous des fantômes.

    Oui, et cette actrice incroyable, c’est Constance ROUSSEAU. Elle est… oui c’est un fantôme ?

    Dans le film, c’est un fantôme. Elle formidable Constance, parce que vraiment elle a d’abord, c’est une très bonne actrice, puis elle a cette espèce de lumière en elle, ce physique qui lui appartient et elle est très belle à l’image et elle a ce truc un peu qui appartient à deux temps différents, c’est-à-dire, dès qu’elle enfile cette robe, on est transporté dans le temps et puis quand elle met les habits contemporains, une jeune fille de 20 ans…

    Regardez là. Extrait donc de la bande-annonce, c’est Le Secret de La Chambre Noire.

    (Musique).

    « Tout ce qui compte pour elle, c’est d’être avec toi.

    Est-ce que tu te rends compte de ce que t’es en train de faire ?

    Il fallait bien que ça arrive un jour, tu ne crois pas ?

    Ah oui ; ça… »

    (Musique)

    « Marie, être là avec toi, des fois j’ai du mal à y croire… »

    L’œuvre intégrale ici de Kiyoshi KUROSAWA, donc qui est présentée, c’est une œuvre monumentale d’un très grand réalisateur. Quand on choisit d’aller avec un réalisateur comme ça, Tahar RAHIM, on entre dans un univers.

    Absolument, un univers très particulier, très lointain et qu’on n’a pas la chance d’explorer en France, puisque ce genre de cinéma n’est pas très produit…

    Oui.

    Pas très… Il n’ya pas vraiment de cinéastes qui s’attaquent à ce type de cinéma, d’abord parce que ça appartient à cette mythologie japonaise, mais aussi, parce que je n’ai pas le sentiment d’en avoir vu beaucoup des films de fantômes en France aussi.

    Oui, une sorte liberté incroyable, c’est un moment bascule dans le fantastique, on peut tout faire finalement.

    On peut tout faire, il peut tout faire, oui, après, moi personnellement, en tant qu’acteur, je suis quand même dans un cadre, dans une contrainte qui est imposée par son cinéma, mais il nous laissait quand même une bonne liberté, oui.

    Oui, cette liberté-là, ça a toujours été la vôtre, Tahar RAHIM, finalement. Liberté du cinéma…

    Oui.

    D’aller dans des univers complètement différents.

    Oui, c’est vrai. C’est quelque chose que je chéris particulièrement, j’ai, envie de continuer à faire des films, un peu, de culture différente avec des réalisateurs étrangers qui racontent des histoires d’ailleurs et d’ici en même temps. Des histoires d’ailleurs qui peuvent retentir avec ce qu’on a ici et puis c’est un moyen pour moi aussi personnellement, de manière égoïste, de pouvoir échanger culturellement avec d’autres.

    Oui, on voit quelques-uns de ces films « Samba », évidemment « Un Prophète » de Jacques AUDIARD, « Grande Centrale » de Rebecca ZLOTOWSKI, « Le Passé » d’Asghar FARHADI. A chaque fois sont des réalisateurs exigeants avec une envie de dépassement. Finalement, il y a l’excitation du premier jour, Tahar RAHIM.

    Ce n’est pas toujours le cas, mais c’est ce que je recherche, oui. J’essaie de retrouver un terrain vierge pour, d’abord, par pur plaisir et puis aussi, pour me mettre en danger et puis, ne pas m’installer dans une routine de jeu ou de choix qui pourrait finir par m’ennuyer, puis ennuyer le spectateur que je suis aussi.

    Oui. C’est par exemple « Aimer à perdre la raison », film belge, c’est des cinémas internationaux francophones souvent.

    Oui, bien j’ai eu la chance que certains réalisateurs viennent me solliciter, comme Kiyoshi, comme Asghar FARHADI, ou LAFOSSE, entre autres, étrangers, je veux dire, et pourquoi pas.

    Oui, et pourquoi pas se dire, par exemple, « Le Secret de La Chambre Noire » ça reste quand même encore fascinant, on n’a pas toutes les réponses quand on voit ce film, on se pose des questions sur ce cinéma qui interpelle.

    Oui, puisque ça interpelle aussi forcément une croyance dans l’invisible, ou en tout cas, une idée de l’invisible et ce film est bien fait en ce sens qui laisse beaucoup de pistes et de ce libre choix aux spectateurs de se faire son propre avis sur l’invisible.

    Merci beaucoup. C’est « Le Secret de La Chambre Noire » Tahar RAHIM. On était vraiment très, très heureux de vous accueillir aujourd’hui pour la sortie de ce film évènement.

    Merci.

    Merci Tahar.

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