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  • L'invité

    Bernard Menez

    Invité : Bernard Menez.

    Acteur fétiche de la Nouvelle Vague, passé par la comédie française, Bernard Menez a tourné avec François Truffaut, Pascal Thomas, Jacques Rozier et joué Shakespeare mais reste, pour tous, un tendre fantaisiste. Il assume tout dans un livre irrésistible.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour, Bernard MENEZ.

    Bonjour.

    "Et encore, je ne vous dis pas tout", c'est le titre de vos souvenirs publiés chez "L'archipel". Mais quel acteur étonnant vous êtes, à la fois étudié dans les cinémathèques, dans les cinéclubs, vous avez joué Shakespeare, vous avez joué à la Comédie Française et vous êtes un acteur populaire qui fait rire, qu'on arrête dans la rue.

    Ah oui, ça arrive, oui.

    Ça fait quoi d'être finalement des deux côtés de la (...)

    Bonjour, Bernard MENEZ.

    Bonjour.

    "Et encore, je ne vous dis pas tout", c'est le titre de vos souvenirs publiés chez "L'archipel". Mais quel acteur étonnant vous êtes, à la fois étudié dans les cinémathèques, dans les cinéclubs, vous avez joué Shakespeare, vous avez joué à la Comédie Française et vous êtes un acteur populaire qui fait rire, qu'on arrête dans la rue.

    Ah oui, ça arrive, oui.

    Ça fait quoi d'être finalement des deux côtés de la barrière?

    De toute façon, moi je n'ai jamais jamais eu un plan de carrière, donc, je ne peux pas dire, ce qui est vrai, c'est que j'ai toute ma vie, et il y a eu des hauts et des bas, comme des montagnes russes, et de très belles rencontres qui m'ont un petit peu relancé à chaque fois, et voilà, je veux dire, c'était ça un peu l'intérêt du livre, ce n'est pas seulement de faire une autobiographie, de se raconter, mais aussi, de montrer que la vie n'est pas comme ça, linéaire, et que si chacun d'entre nous, on a des problèmes, et bien, c'est normal, on est…

    Oui, mais vous, votre vie, ça a été de vouloir jouer, tout gamin!

    Oui, ce qui est sûr, j'avais la passion du théâtre quand le théâtre m'est tombé dessus, et ça, j'étais prêt à vivre comme un sans-abri, comme un SDF, quitte à jouer au théâtre tous les soirs.

    Oui, voilà, petit garçon, là, pris en photo ici là, donc, vous grandissez avec vos parents, c'est une enfance heureuse quelque part?

    Non, pas tant que ça, parce que mes parents ont tout fait pour essayer de me rendre heureux, mes trois frères aussi, mais j'étais très timide, très renfermé sur moi-même et j'avais vraiment l'impression que ce que je disais n'intéressait pas les autres, et ce que les autres me disaient ne m'intéressait pas non plus. Donc ça me… j'étais dans une tour, un peu.

    Oui oui… Et puis ce physique aussi, vous luttez contre votre physique.

    Ah, je n'ai pas un physique terrible non plus, assez, un plus j'ai un grand nez, je n'y peux rien, alors, heureusement, il est assez droit, mais c'est tout.

    Oui, vous ne jouez jamais Cyrano pour autant.

    С'est une erreur fondamentale de ma carrière, c'est… VOLANSKI le dit très bien dans le programme du "Roi des cons" que j'ai joué pendant deux ans, il disait très bien qu'au cinéma, il y a eu Gérard DEPARDIEU, au théâtre, y a eu Jean Paul BELMONDO, la télévision a été quand même un peu en dessous de tout pour ne pas me le proposer.

    Ce qui est incroyable, c'est qu'à un moment donné, vous êtes jeune, vous vous dites finalement: "Je n'arriverai jamais à faire du cinéma", vous prenez un billet pour aller au Canada, vous vous dites: "Je vais changer complètement de vie, je m'en vais!"

    Parce que j'étais…

    Et puis, vous vous êtes rattrapé quelque part par le cinéma.

    J'étais découragé de ne pas vivre du tout de mon métier de théâtre. J'étais professeur, j'étais enseignant, il y avait un appel d'air terrible au Canada pour les Français. Je me suis dit, je recommence tout à zéro en partant au Canada, et c'est parce que j'ai vu ROZIER huit ou dix jours avant de partir…

    Donc, Jacques ROZIER, grand réalisateur de nouvelle vague!

    Oui, il m'a empêché de partir.

    Oui.

    En m'engageant pour mon premier film, il m'a empêché de partir, j'ai renoncé à partir, les yeux dans les yeux, il m'a convaincu, mais je n'ai rien signé… Huit jours après, je tournais son film.

    Donc, c'est "Du côté d'Orouet"…

    Voilà.

    Et c'est un film qui va marquer les esprits, vous y apparaissez avec des… enfin, vous êtes dans un cinéma complètement novateur, le cinéma de ROZIER est fantastique…

    C'est un monsieur de la Nouvelle Vague, un grand monsieur de la Nouvelle Vague, et c'est aussi un cinéma très réaliste, très, très précis qui a été présenté d'ailleurs par notre grand Henri LANGLOIS à la cinémathèque du Trocadéro.

    Oui, vous faites un triomphe, vous le racontez dans ce livre.

    C'est vrai que je n'avais pas le rôle principal, c'étaient les trois filles, mais le rôle finalement est devenu le rôle le plus important à la sortie.

    Oui, il y a François TRUFFAUT qui vous voit dans ce film…

    Voilà…

    Et qui dit: "Je vous veux", il veut travailler avec vous.

    Oui, oui, il m'a fait venir dans ses… dans "Les Films du Carrosse", sa production, moi je crois qu'il voyait 36 personnes pour un rôle, et il me raconte qu'il veut faire un hommage à l'accessoiriste, et au bout de trois minutes j'ai compris qu'il voulait me proposer le rôle. Et il me dit au bout de trois minutes: "Bon ben passez à côté, le directeur de la production va vous faire une proposition, vous lui direz si ça vous convenait", comme si j'étais en état de discuter quoi que ce soit. C'était "où est-ce qu'il faut signer?" pour moi…

    Oui, et c'est donc "La nuit américaine", un merveilleux souvenir, TRUFFAUT…

    Très très bon film et même très bon souvenir parce que dans des conditions beaucoup plus confortables, évidemment, que ROZIER au point de vue matériel, j'avais emmené ma voiture et quand je ne tournais pas, je faisais du tourisme, j'ai fait venir ma mère, je l'ai trimballée dans…

    Vous vous baladiez déjà en 2 СV, vous avez eu un accident de 2 CV…

    A ça, celle-là… la 2 CV était placée… c'était étudiant là, 2 CV…

    Vous habitez dans 15 mètres carrés.

    Oui.

    Bon, alors évidemment vous allez au Festival de Cannes avec "La vie américaine", vous jouez d'ailleurs un petit rôle dans "La Grande Bouffe" de Marco FERRERI.

    Oui, oui.

    Tout s'enchaîne très vite.

    Ah, non, le rôle dans "La grande bouffe" c'est vraiment un… j'ai tourné deux jours, il faut être très très vigilant pour me voir passer, il faut faire très attention.

    Marco FERRERI ne vous a pas vu passer, vous dites qu'il dormait tout le temps.

    Voilà, je n'ai pas eu le temps de discuter avec lui parce qu'il était… pendant que le plan se préparait, il était là comme ça… (ronflements), et puis le premier assistant lui tape sur l'épaule et lui dit; "Maître, c'est prêt", et lui: "Bon! moteur!" et puis hop et voilà.

    Et puis vous faites une rencontre incroyable, c'est Pascal THOMAS.

    Bien sûr.

    Pascal THOMAS qui a fait "Les zozos"…

    Oui.

    Un grand succès, et qui vous veut dans un film qui va s'appeler "Pleure pas la bouche pleine" qui va devenir un film culte absolument.

    Oui, un film très très populaire, qui a marqué… mais "Les zozos" étaient déjà un très bon film sans vedette, donc, "Pleure pas la bouche pleine" non plus, sauf qu'il y avait Jean CARMET quand même dans un rôle très important et Daniel CECCALDI qui revenait, mais c'est vrai que le film était très bien construit, très bien joué, je veux dire, très bien dirigé par Pascal THOMAS avec une musique de Vladimir COSMA qui était géniale ce qui fait que ça a donné un film très…

    Oui, c'est incroyable parce que vous jouez toujours des vacanciers, ça se passe en province, il fait beau, vos premiers amours…

    Oui, enfin, pas les miens, ceux du personnage…

    C'est ce qu'on appelle… Vous inventez alors ce qui va être "le cinéma du naturel". C'est un peu comme ça qu'on va qualifier ce cinéma-là.

    On a appelé ça "le nouveau naturel". Cette forme de cinéma autour des années soixante-dix, c'était un renouveau qui venait des gens qui aimaient la Nouvelle Vague, mais qui faisaient une autre vague.

    Oui. Vous jouez le "Chaud lapin", encore…

    Oui, avec Pascal THOMAS et dans la foulée… même succès.

    Puis, vous rencontrez votre femme,

    Dans "Chaud lapin", cela ne s'invente pas. J'en prends courage.

    C'est ça. Il y a d'abord une histoire d'amour qui naisse à l'intérieur du film…

    Oui, sauf qu'elle n'était pas comédienne, elle travaillait dans l'hôtel où on était descendu.

    Oui, vous tombez presque amoureux de MIOU-MIOU dans tous les les cas, avec LAUTNER dans…

    "Pas de problème!"

    Voilà.

    Je n'aurais pas pu être amoureux de MIOU-MIOU parce qu'il y avait derrière elle Patrick DEWAERE qui était jaloux comme un tigre est rien que ça, ça me décourageait.

    Oui, enfin vous avez joué dans un film un peu nanar simplement parce qu'il y avait une histoire érotique avec MIOU-MIOU, avouez.

    Je ne sais pas, le scénario c'était comme ça, ce n'est pas pour ça que j'ai fait ce film, et puis c'est vrai que ce n'était pas mon meilleur film.

    Vous racontez au début de ce livre, Bernard MENEZ, il y a des comédiens sur une scène de théâtre et puis voilà, et à un moment vous arrivez sur scène, et il y a les rires qui se déclenchent tout de suite.

    Oui c'est…

    Vous vous dites: "c'est ça, finalement".

    Le livre commence par ça et finit par ça d'ailleurs, il a été finalisé au moment où je jouais "A vos souhaits" l'année dernière, l'été au théâtre du gymnase et c'était ça qui se passait, on se voyait entre nous, et on se préparait et hop! on partait et les rires arrivaient presque tout de suite, oui c'est vrai. C'est agréable.

    C'est ce qu'il y a de plus beau.

    Peut-être.

    Merci beaucoup, Bernard Menez. "Et encore, je ne vous dis pas tout" publié chez "l'Archipel", ce sont vous souvenirs, on a été vraiment ravi de vous recevoir.

    Et il y en a plein que je n'ai pas dit que je dirai dans tome 2.

    Voilà, à tout de suite, merci, Bernard!

    De rien.

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