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  • L'invité

    Claudia Tagbo

    Invitée : Claudia Tagbo, humoriste franco-ivoirienne, à l'affiche de "Lucky".

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Bonjour Claudia TAGBO.

    Bonjour.

    Vous étiez « Crazy », titre du dernier spectacle. Vous voici « Lucky », vous êtes chanceuse Claudia. Qu’est-ce qui vous arrive d’un coup là ?

    Il m’arrive que je réalise que je me réveille le matin et donc je trouve que c’est une chance et que j’ai envie de partager ça avec tout le monde. Et parce que j’ai eu envie de dire aussi aux gens en face : « Vous aussi vous vous êtes réveillés, donc on est chanceux. »

    (...)

    Bonjour Claudia TAGBO.

    Bonjour.

    Vous étiez « Crazy », titre du dernier spectacle. Vous voici « Lucky », vous êtes chanceuse Claudia. Qu’est-ce qui vous arrive d’un coup là ?

    Il m’arrive que je réalise que je me réveille le matin et donc je trouve que c’est une chance et que j’ai envie de partager ça avec tout le monde. Et parce que j’ai eu envie de dire aussi aux gens en face : « Vous aussi vous vous êtes réveillés, donc on est chanceux. »

    Oui. « Lucky », c’est le titre du spectacle. C’est à la Gaîté-Montparnasse. C’est un triomphe. On rit de bon cœur, on est tellement heureux de rire, on en a tellement besoin Claudia.

    Moi, j’en ai besoin en tout cas. J’ai besoin de rire, j’ai besoin de partager. Donc du coup, je suis très contente en tout cas de revenir devant le public et de créer des moments. Ce sont vraiment des vrais moments de vie et de partage à ce moment-là. Donc je suis très contente.

    Oui, je vois beaucoup de spectacles. J’en ai rarement entendu où on rit autant. Claudia TAGBO sur scène, regardez.

    « Vous avez devant vous ce soir la quintessence de la perfection. Oui. Sur le marché, vous ne trouverez pas mieux. Oui c’est sûr quand on me regarde, je donne plutôt l’impression d’être une arme de destruction massive. Mais j’adore la précision. Et pour être au top devant vous ce soir, j’ai fait chauffer la carte bancaire. Oui. Réduction de la narine : 2 000. Rehaussement mammaire : 5 000. Kardashian original : 25 000. Le moule a été fait sur moi, elle, c’est la copie. »

    Qu’est-ce que ça fait du bien de rire de soi, Claudia TAGBO.

    Moi je ne fais que ça. Je passe ma journée à ça, à rire de moi. Parce que je trouve que c’est ma matière première, je rigole d’abord de moi et après éventuellement à ouvrir sur les autres. Mais j’ai envie de dire, c’est plus simple, c’est plus facile en tout cas pour moi, de me moquer de moi. Et je trouve que c’est mieux en tout cas. L’autre ne se sent pas pointer du doigt comme ça.

    Alors le journal 20 minutes a dit : « C’est l’énergie renouvelable » en parlant de vous. Le Parisien a dit : « C’est un tsunami comique. » C’est ça ?

    Je ne sais pas. En tout cas, mais c’est gentil pour ces adjectifs, voilà. Je ne sais pas. Je suis flattée, je suis vraiment étonnée aussi et merci à eux. Merci de leur confiance en tout cas.

    Oui et il y a une énergie. Parce que ça, c’est vrai, vous êtes une boule d’énergie sur scène.

    Oui parce que je trouve que les gens viennent. Ils viennent déjà, ce sont eux qui ont fait le plus grand pas en fait parce qu’ils sont plus nombreux que moi. Le côté, je dis toujours ça à mes autres collègues en disant que leur côté à eux est plus grand que le mien. Donc ils viennent avec une espèce d’énergie, ils viennent pour se dépenser, ils viennent pour partager donc il faut que moi, de l’autre côté, je renvoie aussi.

    Oui.

    Voilà.

    Vous dîtes au public : « On est tous là, regardez. »

    Oui.

    « On est différent. »

    Oui.

    « Regardez-moi, regardez-vous. »

    On est tous là.

    C’est ça qui est beau.

    On est tous là, tous ensemble. C’est faisable donc, voilà. Donc, j’en ai assez qu’on soit là les uns et les autres à se pointer du doigt. J’ai juste envie qu’on soit ensemble.

    Oui. C’est l’idée de finalement de…

    De partage.

    De rire, de partage…

    De partage.

    Dans la paix.

    Dans la paix et c’est un spectacle. En tout cas, moi je veux… J’espère, que vraiment que ce soit un spectacle « feel good ». Voilà quand on vient là, qu’on se sente bien, quand on a fini. C’est parce que c’est vraiment comme ça qu’on l’a écrit ce spectacle. Et donc je ne veux à aucun moment que les gens repartent stressés.

    Oui.

    J’ai plutôt envie qu’ils soient relâchés, détendus et se dire : « Effectivement je suis en vie. Donc voilà, le reste va être positif parce que j’ai décidé que ce serait positif. »

    C’est très beau aussi. On vous voit sur scène au début et vous dîtes un poème de Léopold SEDAR SENGHOR. Magnifique, dans l’obscurité comme ça. On retrouve la Claudia TAGBO qui a joué du Victor HUGO, du Paul ELUARD.

    J’avais envie, j’avais vraiment envie. Alors effectivement, je dis ça aux gens, c’est une autre proposition. Mais il y a du rire, il y a toujours mon énergie qui est là parce que de toute façon ça fait partie de moi. Mais j’avais envie de leur montrer, c’est une autre forme. Donc, j’ai un musicien qui m’accompagne, qui habille le spectacle pendant tout le long du spectacle. Et du coup, il y a effectivement, j’ai envie de jouer plus. C’est un spectacle, si vous voulez, un petit peu plus intimiste, beaucoup plus féminin. Mais la folle est toujours là, voilà.

    Oui.

    Mais donc effectivement SENGHOR, pour moi, quand je le dis, c’est ma genèse, c’est de là où je viens, voilà. C’est mon moi, c’est ma base. Et après cette base-là, elle s’ouvre parce que je suis quand même une femme, n’oublions pas, qui est née sur un continent.

    Oui.

    Qui en vit sur un autre.

    Abidjan, Côte d’Ivoire.

    Abidjan, Côte d’Ivoire, qui vit en France et je me rêve sur un autre continent, c’est-à-dire les États-Unis, l’Amérique enfin voilà. Donc du coup, tout est un peu là-dedans et il faut que ça se mette ensemble.

    Oui.

    Mais voilà, donc SENGHOR, qui s’ouvre sur un CAMUS, qui s’ouvre sur SARTRE et ainsi de suite, ELIOT, voilà.

    Oui. Mais SENGHOR, ce n’est pas n’importe quel poème, c’est « Femme Noire ».

    « Femme Noire »… Oui, parce que c’est la femme, c’est aussi… On peut le juxtaposer à la Terre, voilà. Et donc c’est la base, voilà. C’est la femme, c’est la base.

    Oui. Quelle force de la femme.

    Je l’ai dit, ça y est.

    Vous l’avez dit. Vous êtes féministe un peu Claudia.

    Non. Je ne sais pas. Tout le monde me colle cette étiquette. Je ne crois pas. Si être féministe, c’est dire ce qu’il se passe concrètement, de dire voilà ce qu’il se passe, voilà de dire, il y a des femmes qui font le même travail que les hommes et qui n’ont pas le même salaire, si c’est ça être féministe, alors on y va.

    Oui.

    Mais oui, parce que je ne fais que dire ce qui est réel pour l’instant.

    Oui. Mais vous les charriez bien les mecs dans la salle.

    Oui.

    Il y en a…

    Et puis on se le renvoie.

    Vous leur proposez le mariage à certains.

    Oui.

    Mais bon, ils hésitent quand même.

    Ils ont raison d’hésiter. Il faut bien…

    Vous leur faites les gros yeux. Ils se disent qu’est-ce qui va m’arriver.

    Ils ont bien raison d’hésiter parce qu’une fois qu’on est marié, en général, ce n’est pas pour se séparer. Donc ils ont bien raison d’hésiter.

    Il faut leurs faîtes comprendre, vraiment.

    Oui.

    Le public participe, c’est extraordinaire. Alors vous avez un truc, vraiment pour désinfecter, pour vivre dans un monde vraiment, ce personnage que vous interprétez sur scène, pour être vraiment « Lucky », avoir beaucoup de chance, il faut quand même voilà, il faut prendre des précautions.

    Oui, il faut prendre des précautions, il faut s’enlever les batteries dans le corps, il faut… Moi dans la vie, je suis « control freak ». C’est-à-dire que je fais attention à où je mets mes mains, qu’est-ce que je fais quand je viens de saluer. Alors, j’ai ce petit… J’ai appris ça, on m’a dit que c’était des tocs. J’ai dit : « Mais non, je n’ai pas de tocs. » C’est juste que je fais attention. Et effectivement, oui, oui il faut faire attention. Prendre soin de soi. Il faut prendre soin de soi parce que c’est un cadeau. C’est un cadeau. Il n’y a pas… Il y a nulle part une machine qui me dit : « Je vais mettre des sous dedans et puis on va me réveiller. » C’est un don. On ne sait pas pourquoi il y en a un qui part, pourquoi moi je reste. Alors voilà, nous vivons en ce moment dans une situation qui n’est pas très… Depuis 2 ans, voilà, ce que nous avons vécu en France, nous avons été frappé et tout. Je trouve que voilà quand on se réveille, on se dit : « Bon voilà, je suis là. Allez, on y va. Positive, positivons, positivons. »

    Oui.

    Voilà c’est ce que moi…

    Partageons.

    Partageons.

    C’est ça qui est beau. C’est qu’en fait ce que, vous, vous racontez ce personnage, il ressemble aux gens qui sont dans la salle…

    Mais c’est pour ça.

    Ils reconnaissent.

    Ils se reconnaissent et je me dis : « Mais si vous avez senti comme ça, vous êtes, en dehors d’être journaliste, vous êtes quand même un homme, humain. » Et donc si vous avez été touché, je me dis : « Écoutez, tant mieux si sur les 400 personnes qu’il y a là le soir, s’il y en a 10 qui repartent un peu touchées », je me dis : « j’ai quand même réussi un petit peu mon travail. »

    Oui.

    Donc voilà.

    Et les gens en sortant, je les ai entendus. Ils disaient : « C’est un beau spectacle de paix, ça fait du bien. » Ils disaient ça : « ça fait du bien ».

    En tout cas, j’avais envie me faire du bien donc si je peux emmener un maximum avec moi. Voilà, j’avais vraiment envie de ça. Alors, on a tous vraiment, j’ai été touchée par tous cette… et j’avais envie de cette bouée d’oxygène, et voilà.

    Et qu’est-ce que ces rires font du bien.

    Merci.

    C’est Claudia TAGBO. Ça s’appelle « Lucky ». C’est au théâtre de la Gaîté-Montparnasse, dans cette rue de la Gaîté, qui porte bien son nom.

    La Gaîté. Ce que je dis aux gens quand on arrive dans ce lieu, le lieu s’appelle quand même la Gaîté, donc ça a tout son sens.

    Merci Claudia.

    Merci à vous.

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