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  • L'invité

    Grand Corps Malade

    Invité : Grand Corps Malade, slameur français, à l'occasion de la sortie de son film "Patients".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Grand Corps Malade.

    Ça s'appelle "Patients", c'est votre premier film.

    Le slameur qui passe derrière la caméra.

    C'est un concentré d'humanité,

    c'est un film incroyable qui raconte au moins une partie de votre vie,

    un an dans un centre de rééducation après un accident qui vous avait rendu handicapé.

    C'est un hommage extraordinaire au courage.

    Oui, exactement, c'est un hommage à ces personnes- (...)

    Bonjour Grand Corps Malade.

    Ça s'appelle "Patients", c'est votre premier film.

    Le slameur qui passe derrière la caméra.

    C'est un concentré d'humanité,

    c'est un film incroyable qui raconte au moins une partie de votre vie,

    un an dans un centre de rééducation après un accident qui vous avait rendu handicapé.

    C'est un hommage extraordinaire au courage.

    Oui, exactement, c'est un hommage à ces personnes-là qui sont en situation de handicap,

    à leur courage qui n'est pas un courage de héros,

    c'est un courage indispensable pour essayer de survivre au quotidien.

    Et du coup, c'est un film aussi sur les rapports humains entre ces gens,

    justement, qui se serrent les coudes, ils sont un peu dans la même galère,

    et ils apprennent à se reconstruire et à vivre tous ensemble.

    Ça s'appelle "Patients", Grand Corps Malade.

    C'est Christiane, c'est mon aide-soignante, elle me tient un téléphone là.

    Ah oui, quand même, je ne savais pas que c'était à ce point-là.

    Et voilà la bête, mais tu es sex comme ça.

    Franchement, François, on est obligés là ? Pourquoi tu me maltraites ?

    Je ne suis pas un bon patient, c'est ça ?

    Si, si.

    Tu fais ça parce que je suis noir ?

    Non.

    C'est ça, c'est ça, on y va.

    Voilà doucement, c'est bon.

    Doucement, détends-toi.

    Ça ne va pas, ça ne va pas.

    Si, si. Ça va , vas-y respire.

    Si je te lève un peu les jambes, ça va aller mieux.

    Ça tourne, ça ne va pas du tout.

    Respire.

    C'est bon comme ça, tu es bien ?

    "Le Nouvel Observateur" a écrit "C'est un film de douleur et d'humour aussi".

    Oui, là on est un peu sur la partie médicale. A

    près, évidemment, le film se veut très drôle

    parce que c'est un film beaucoup basé sur les dialogues, sur les vannes,

    parce que cette petite bande de vingtenaires se vannent beaucoup,

    parce qu'il existe un vrai humour handicapé,

    il y a vraiment une grosse autodérision dans ces centres-là.

    Un monde de tétras, quoi.

    Oui, un humour de paras, de tétras,

    parce que évidemment, dans tous les lieux difficiles,

    on sait qu'une aide de cette situation-là a un humour qui est assez trash.

    Et en tout cas, voilà, ça se vanne beaucoup dans ce film.

    Et nous on entend, là le film vient de sortir,

    mais on a fait beaucoup d'avant-premières,

    on entend beaucoup de rires dans la salle aussi.

    Et c'est important de le signaler,

    parce que ce film peut faire un peu peur en disant

    " Olala, on va être en huis-clos avec des personnes handicapées",

    mais voilà, il y a plein de vie.

    Oui, c'est une galère, tout le monde est dans la même,

    et chacun a vécu quelque chose de différent.

    Lui, le personnage principal, il a plongé dans une piscine,

    et il s'est fracassé dans cette piscine.

    Il s'est cassé une vertèbre qui est allée se loger dans la moelle épinière.

    C'est vous ça

    Oui, oui, c'est mon accident.

    C'est votre histoire.

    C'est vraiment mon histoire, tous les personnages du film ont existé,

    toutes les scènes ont eu lieu.

    Après, moi j'ai pris un peu de distance, le personnage s'appelle Ben.

    Le truc, ce n'était pas de faire un biopic sur ce qu'était Grand Corps Malade,

    ce n'est pas le sujet.

    Le sujet c'est vraiment de raconter les liens qui se forment,

    et qu'est ce qui se passe au quotidien derrière ces murs qu'on connaît peu,

    et c'est un monde dont on ne parle pas beaucoup.

    Oui, et il y a beaucoup, beaucoup d'amour.

    Regardez.

    Tu peux me passer le sel ?

    Tiens.

    Vous vous foutez de ma gueule.

    Bande de tétras, va.

    Qu'est-ce qu'on passe comme temps à ne rien branler ici.

    Règle numéro 1 : la patience, mon pote.

    Il faut que tu commences à penser comme un handicapé.

    Il faut changer d'espoir.

    Allez !

    On va se revoir dehors ?

    Si tu as envie.

    Eh, je vous signale que moi j'ai pas de…

    Quand on dit ça c'est qu'il y a de la vie, il y a une vie incroyable.

    Bien sûr, et il y a un instinct de survie. Ils sont en train de se reconstruire.

    Pour la plupart d'entre eux, ils viennent d'avoir cet accident depuis 2, 3, 6 mois,

    et ils sont en plein réapprentissage des choses du quotidien,

    et puis des rapports humains.

    Et c'est aussi les autres qui vont faire en sorte que chacun va pouvoir se construire.

    Oui, donc les copains que l'on fait, les rencontres, les sentiments, d'amour aussi.

    Bien sûr, ça devient un film de groupe, un film de troupe,

    et bien sûr, ça va s'engueuler, ça va se fraterniser,

    et il va y avoir de la séduction entre Ben et la très jolie Samia.

    On va commencer avec une bande d'handicapés,

    et puis j'ai impression que petit à petit, on va oublier un peu les fauteuils,

    et on va s'attacher avant tout à des êtres humains.

    Ce qui est incroyable, c'est la vie, c'est un combat pour la vie,

    pour revivre en fait, se réapproprier son propre corps.

    Oui, il faut tout réapprendre,

    donc c'est un gros choc un accident comme celui-là,

    et on redémarre un peu à zéro, il faut tout réapprendre.

    C'est-à-dire gagner, pouvoir bouger un doigt, un deuxième.

    Chaque jour, c'est comme ça.

    C'est des petits détails presque anodins mais qui peuvent être drôles.

    Par exemple, le matin, à l'hôpital, quand tu as 20 ans,

    souvent l'aide-soignant il te met les clips

    parce qu'à l'époque, dans les années 90,

    il y avait des grosses chaînes de clips toute la matinée.

    Et donc il te met les clips, sauf que l'aide-soignant part,

    et après les clips il y a M6 boutique,

    et quand tu es tétraplégique,

    tu n'as pas la possibilité avec tes mains de zapper pour changer,

    donc tous les matins, le pauvre Ben, il se tape les ceintures pour faire des abdominaux,

    les vélos elliptiques, les centrales vapeur.

    Donc voilà, c'est des petits détails comme ça,

    mais on va découvrir par ces petits détails la fragilité de ce qu'est un tétraplégique,

    et comment il aborde le quotidien.

    Et puis il y a le personnel incroyable, ces infirmières, ces infirmiers.

    Ce sont des personnages hauts en couleurs.

    Très hauts en couleurs, on s'amuse aussi à décrire leurs mauvaises petites manies.

    L'infirmier qui arrive comme une tornade dans la chambre à 7 heures et demi du matin,

    et qui ouvre les volets et qui dit "alors il a bien dormi ?".

    Il en fait des caisses, il commente tout ce qu'il fait, il peut être très énervant.

    Et en même temps, on s'attache à lui parce qu’il fait super bien son boulot,

    et puis sans lui, Ben ne peut rien faire,

    donc ça reste aussi, même en les vannant un petit peu au passage,

    cela reste aussi un hommage à ce corps médical.

    Oui et incroyables scènes, par exemple ils partent comme ça,

    ils sortent avec leurs fauteuils roulants, ils fuient, ils partent dans la forêt.

    C'est incroyable, la force qu'il y a dans ce film.

    Merci, en tout cas c'était voulu,

    c'était montrer que dans un centre comme ça où la vie est dure,

    il y a beaucoup de vie, il y a beaucoup de lumière, donc on a essayé de rendre ça.

    Il y a une scène d'amour, on va en voir un extrait qui est incroyable,

    parce que s'aimer quand on ne peut plus bouger.

    En fait, on aborde tous les thèmes de la vie de tous les jours,

    sauf qu'ils passent par le spectre du handicap.

    Donc l'amour c'est comment quand tu es en fauteuil roulant,

    et que physiquement tu es diminué.

    Regardez, c'est ça l'amour.

    C'est vrai ?

    Non, pas du tout.

    Bien sûr que si c'est vrai.

    Ce n'est pas la fête tous les jours ici,

    donc ça fait du bien quand tu es là, c'est bien, très bien.

    C'est gentil.

    Ça va, tu te sens bien ?

    Pourquoi ? Oui, ça va très bien.

    On ne peut pas se dire des choses normales de temps en temps ?

    Si, bien sûr Ben, carrément, dans un couloir, les infirmiers qui passent,

    il n'y a pas de problème.

    Excuse-moi, j'avais prévu un coucher de soleil avec…

    Oui, c'est ça finalement, et c'est attendrissant et c'est touchant, Fabien.

    On a eu de la chance en plus, vous les avez vus,

    d'avoir des acteurs absolument incroyables.

    On est allés les chercher avec Mehdi Idir qui a co-réalisé ce film avec moi.

    On a fait plus de 3 mois de casting, on a vu plus de 400 comédiens.

    On est allés chercher ces petites perles rares,

    on les adore vraiment nos 5 jeunes principaux qui sont sur l'affiche.

    Je vais dire leurs noms, donc il y a Pablo Pauly dans le rôle de Ben,

    mais il y a aussi, on les voit là,

    il y a aussi Soufiane Guerrab, Nailia Harzoune, Franck Falise et Moussa Mansaly.

    Ils sont beaux, vous avez vu, sur l'affiche, ils ont des gueules.

    Ils sont beaux, ils sont tendres, ils sont émouvants, ils sont drôles.

    Et on a cherché des acteurs pas très connus,

    on est très fiers aujourd'hui de les mettre au grand jour,

    on espère que pour eux ça va être un beau tremplin.

    Et se dire, en sortant d'avoir vu ce film,

    qu'il a donné une force à tous ceux qui sont pas handicapés,

    mais qui vont le voir, et qui finalement ils transmettent une force

    qu'on a pas peut-être quand on est, comme on dit, valide.

    Oui, ça aide forcément à prendre un petit peu de recul sur les choses,

    et se dire que, oui, qu'on a de la chance qu'on peut être debout, qu'on peut être autonome.

    Et comme c'est un film qui se veut tout sauf pathos et mélodramatique,

    oui, on essaye d'insuffler un peu de force là-dedans.

    Merci beaucoup Grand Corps Malade, merci beaucoup Fabien.

    C'est un très beau film, c'est un film d'aventure,

    c'est un film d'amour, c'est un film de copains.

    C'est tout ça ?

    Oui, bien sûr. Evidemment, c'est un film sur le handicap, mais au travers de ça on aborde, j'espère, plein de thèmes, et on passe, j'espère, par beaucoup d'émotions.

    Courrez voir "Patients". Merci Grand Corps Malade d'avoir été notre invité.

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    00:08:14
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