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  • L'invité

    Michel Embareck

    Invité : Michel Embareck, journaliste et écrivain français, auteur de "Jim Morrison et le diable boiteux".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Michel EMBARECK

    Bonjour !

    Pendant 10 ans au magazine Best, grand spécialiste du rock’n’roll, une vingtaine de romans, voici « Jim MORRISON et le diable boiteux ». Jim MORRISON, c’est un roman, parce que le roman du rock and roll, le roman d’une vie, c’est une voix qui est restée inoubliable encore aujourd’hui, incroyablement présente. C’est Jim MORRISON, écoutez ça un instant. (Musique) Et vous Michel EMBARECK, vous imaginez et c’est une rencontre qui a bien e (...)

    Bonjour Michel EMBARECK

    Bonjour !

    Pendant 10 ans au magazine Best, grand spécialiste du rock’n’roll, une vingtaine de romans, voici « Jim MORRISON et le diable boiteux ». Jim MORRISON, c’est un roman, parce que le roman du rock and roll, le roman d’une vie, c’est une voix qui est restée inoubliable encore aujourd’hui, incroyablement présente. C’est Jim MORRISON, écoutez ça un instant. (Musique) Et vous Michel EMBARECK, vous imaginez et c’est une rencontre qui a bien eu lieu, une rencontre entre Jim MORRISON et Gene VINCENT.

    La rencontre a vraiment eu lieu oui, oui. Jim MORRISON vouait un culte absolu à Gene VINCENT qu’il avait vu à la télé pour la première fois alors qu’il avait 13 ans. Gene VINCENT était déjà une star. Il faut dire 2 choses c’est qu’ils n’ont, en fait, ils ont que 7 ans de différence et l’un a été une star à 16-17 ans l’autre beaucoup plus tard à 24 ans et en fait ils sont la même génération.

    Alors vous l’appelez « le diable boiteux » c’est le titre du livre « Jim MORRISON le diable boiteux » c’est évidemment, Gene VINCENT puisqu’il a une jambe atrophiée par un accident de moto.

    Oui

    Il est au bout du rouleau.

    Alors quand ils se rencontrent, il est vrai, il est déjà au bout du rouleau. Il lui reste plus beaucoup de forces. Ils se rencontrent donc fin 68 ou début 69 à Los Angeles et Gene VINCENT est en très piteux état.

    Et Jim MORRISON voue un culte pour Gene VINCENT.

    Oui, oui…

    C’est peu connu ça.

    Oui, on va la faire courte, mais entre autres, le pantalon de cuir de Jim MORRISON, Jim MORRISON l’a emprunté à Gene VINCENT ce cuir, et le premier émoi rock de Jim MORRISON c’est Gene VINCENT, voilà, à la télé quand il est tout môme et depuis il n’a jamais renoncé à ce culte.

    Alors on a Gene VINCENT qui rêve de faire un retour, on le ramène toujours à Be-Bop-A-Lula, il voudrait chanter des chansons sentimentales, mais personne n’en veut, et puis en face il y a Jim MORRISON qui lui est une star immense, mais lui, il aurait voulu faire du cinéma. Il voudrait faire de la poésie, il voudrait faire autre chose.

    On a la rencontre de 2 types totalement prisonniers de leur mythe, on a MORRISON qui n’en peut plus des concerts qui se terminent en émeutes, qui n’en peut plus d’être traqué par la presse qui se repaît de ses frasques multiples et diverses. Et puis on a Gene VINCENT qui lui quasiment rêve de faire crooner à Las Vegas, chanter Be-Bop-A-Lula en cuir noir avec le poing ganté, le médaillon et tout. Dans les salles pourries en Angleterre ou en France, il n’en peut plus non plus, mais il ne peut pas vivre, il ne peut pas vivre autrement. Donc on a la rencontre de 2 types qui sont prisonniers de leur mythe.

    Le monde se meurt et eux vont mourir aussi.

    Il y a ce drame aussi.

    Eux vont mourir à très peu de temps d’intervalle puisque MORRISON meurt à Paris début juillet 71 et Gene VINCENT meurt à Los Angeles en octobre.

    Alors Gene VINCENT meurt dans quelles conditions ?

    Gene VINCENT est mort d’alcoolisme, hémorragie interne…

    Il buvait vous dites quoi 10 bouteilles par jour de Martini, c’est ça ?

    D’après son manager français de l’époque, 7 bouteilles de Martini par jour.

    Mais alors Jim MORRISON, là vous avancez une thèse extrêmement importante sur sa mort, vous dites : « il a été assassiné par overdose ».

    Alors, j’explore une piste, cette piste elle est… J’ai été longtemps journaliste de faits divers donc je vois le mal partout. Cette piste elle vient de 2 sources. La source du garde du corps de MORRISON qui explique que MORRISON ne se piquait pas lui-même, donc c’était quelqu’un qui lui faisait son shoot d’héroïne. Et puis il y a le PV d’interrogatoire de Pamela, la compagne de MORRISON, le lendemain de la mort de Jim, où ce PV est totalement mensonger, quoi !

    Elle cherche à dissimuler des choses.

    Totalement ! D’abord, elle ne dit pas qui il est, elle l’appelle, James Douglas MORRISON, elle ne dit pas qu’ils sont mariés parce que moi, je soutiens qu’il y a eu un mariage en 66. Elle ne dit pas qui il est, qu’il est le chanteur des Doors, elle se domicilie aux États-Unis chez sa sœur alors qu’ils vivent ensemble et surtout elle dit : « il y a un témoin, mais ce témoin elle donne le nom marital de ce témoin, elle parle d’Agnès DEMY, mais Agnès DEMY…

    Agnes DEMY c’est Agnes VARDA, la cinéaste.

    Donc, comment les enquêteurs peuvent-ils faire un lien entre ce James Douglas MORRISON ?

    Pourquoi, mais alors pourquoi faire ça Michel EMBARECK ? Pourquoi faire ça parce qu’il y a ce fameux Jean DE BRETEUIL, qui est accusé, notamment, Marianne FAITHFULL l’a accusé d’être celui qui en fait fournissait la drogue et d’avoir tué, mais sans le vouloir dit-elle, Jim MORRISON. Vous vous dites ça a pu être intentionnel, pourquoi pour une histoire d’héritage ?

    Parce qu’on est dans une histoire de ménage à 4 : il y a Jim, il y a Pamela, il y a Jean DE BRETEUIL, et il y a une autre femme, une artiste new-yorkaise dont Jim est éperdument amoureux qui a été enceinte de lui, qui a avorté pendant le procès de Miami. Et depuis Paris, Jim lui écrit régulièrement : “tu vas pouvoir me rejoindre à Paris”. Et Pamela est l’héritière de Jim et je pense qu’elle le savait, qu’elle connaît l’existence de cette femme, ça c’est sûr. Et je pense qu’elle est au courant de l’invitation que Jim fait à Patricia, elle s’appelle Patricia, cette femme. Donc elle se dit, s’il me quitte et qu’il m’enlève du testament et que je ne suis plus son héritière, qu’est-ce que je deviens, parce qu’elle a besoin…

    Elle demande à le faire tuer, c’est ça que vous dites ?

    Non, non, non… Je ne dis pas qu’elle demande à le faire tuer, je dis que MORRISON meurt dans les toilettes du Rock’n’roll Circus, on en est sûr. Il ne se piquait pas tout seul donc avec qui était-il ? Son fournisseur est l’amant de Pamela, tous ces gens se croisent, se côtoient, se fournissent de la dope, se défoncent ensemble.

    Alors assassinat ou pas c’est ça la question Michel EMBARECK.

    Pourquoi pas, pourquoi pas ? Il y a beaucoup d’argent en jeu, il va quitter sa compagne qui en même temps est la maîtresse du dealer, compagne qui est en même temps sa légataire universelle et à qui il a tout donné par testament. Et il a une autre femme dans sa vie dont il est éperdument amoureux, non seulement il en éperdument amoureux, mais c’est quelqu’un qui peut lui être très utile pour la suite de sa carrière de cinéaste ou de poète. MORRISON, ce n’est pas un grand témoin de moralité, c’est un type qui sait pertinemment que Patricia peut l’aider. Pourquoi pas ? Et de toute façon aujourd’hui, tout le monde est mort sauf Patricia.

    C’est ça, ils vont tous mourir rapidement d’overdose tous, Pamela, Jean DE BRETEUIL…

    Tout le monde sauf Patricia. MORRISON noircissait des carnets toute la journée, il parlait où il écrivait sûrement dans ses carnets des choses au sujet de Patricia et pourquoi après la mort, dans les heures qui suivent la mort de MORRISON, pourquoi Pamela a-t-elle brûlé tous les carnets, elle brûle les carnets de poésie de son homme. C’est étrange comme truc quand même.

    Merci beaucoup Michel EMBARECK. “Jim MORRISON et le Diable boiteux”, c’est donc un roman tout à fait fascinant chez l’Archipel qui est publié. Merci d’avoir été notre invité.

    Bonsoir.

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