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  • L'invité

    Olivier Gourmet

    Invité : Olivier Gourmet, acteur belge ; à l'affiche du film de Marion Hänsel "En amont du fleuve".

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Olivier Gourmet.

    Bonjour.

    C'est un grand plaisir de vous recevoir. "En amont du fleuve", le nouveau film de Marion Hänsel. Vous êtes l'une des stars de ce film. Et puis évidemment, c'est le cinéma belge qu'on accueille à travers vous et cette diversité. Là, c'est un film d'aventures qui nous plonge en Croatie à la recherche d'une vérité humaine.

    Oui, c'est une histoire de 2 demi-frères qui découvrent à leur âge, donc la cinquantaine, qu'ils sont (...)

    Bonjour Olivier Gourmet.

    Bonjour.

    C'est un grand plaisir de vous recevoir. "En amont du fleuve", le nouveau film de Marion Hänsel. Vous êtes l'une des stars de ce film. Et puis évidemment, c'est le cinéma belge qu'on accueille à travers vous et cette diversité. Là, c'est un film d'aventures qui nous plonge en Croatie à la recherche d'une vérité humaine.

    Oui, c'est une histoire de 2 demi-frères qui découvrent à leur âge, donc la cinquantaine, qu'ils sont demi-frères, et ce, par le décès de leur père qui meurt en Croatie dans la montagne. Donc ils décident de se retrouver sur un petit port, de louer un bateau et de repartir sur les traces de ce père, que l'un a connu, que l'autre n'a pas connu du tout. Donc, c'est un film sur l'humain, c'est un film sur la différence, parce que ces 2 hommes très taiseux, qui ne se connaissent pas, qui apprennent à se découvrir. Donc c'est un film multifacette parce que ça pourrait être l'histoire de la civilisation, 2 cultures différentes, 2 hommes qui se regardent, qui ont du mal à communiquer, à se parler, de par leur nature, de par leur caractère. Et voilà, c'est un voyage initiatique sur les traces du père, et comme vous disiez, un film d'aventures parce que il y a tout le décor chez Marion Hänsel.

    Il y a une nature incroyable, il y a des sciences.

    Voilà, le paysage a une importance énorme, c'est un acteur du film. Puis, il y a ce silence, cette contemplation, ce film sur les petites choses de l'homme qui ne sont rien, et qui pourtant, racontent beaucoup, cette sensibilité de Marion qui ne va jamais dans le spectaculaire, et uniquement, comme je le disais, donc ces petites choses humaines qui font l'ordinaire, mais qui au bout du compte, font une histoire universelle.

    Allez, c'est en amont du fleuve. Regardez !

    Tu en sais plus sur sa mort ?

    Non, je sais juste qu'un moine a retrouvé son corps près d'un ermitage, une balle dans la tète, qu'il a prévenu la police.

    Au fait, il faisait quoi ?

    Je sais pas. On se parlait plus depuis 15 ans.

    Il fait quoi ? On l'a tué, toi peut-etre.

    Moi.

    Oui, toi. Maintenant tu vas tout me dire. Qu'est ce qui est arrivé avec notre père.

    (inaudible)

    Sergi Lopes, des comédiens formidables, John Lynch, et puis c'est une source de huis clos à ciel ouvert, ce film.

    Oui, comme je le disais, le paysage est important dans beaucoup films de Marion. Marion a fait des films uniquement sur la nature, sur le ciel, et ça a toujours une importance chez elle. C'est une part entière du film, c'est un acteur, et ça aide parce qu'on est parti là-bas en Croatie, que moi j'ai découvert, qui est magnifique, près de Zadar là sur ce fleuve, toute cette nature majestueuse. Donc, ça aide à jouer. Puis, oui c'est un huis clos puisque c'est l'histoire de ces 2 demi-frères qui apprennent à se connaître, à se découvrir…

    Oui, dont l'un a connu véritablement leur père, et l'autre qui n'a eu qu'une photo de lui.

    Voilà. Le personnage que je joue est beaucoup plus amer, beaucoup plus en attente de l'autre, parce que l'autre a connu un tant soit peu ce père. Ce père est parti alors que je n'étais pas encore né, a quitté ma mère avant ma naissance, donc je ne l'ai jamais connu, il y a tout un passé, une histoire où on idéalise ce père, où on imagine que, et puis on découvre que ce n'est pas ce qu'on avait idéalisé et que cet homme n'est pas…

    Oui, c'est un mystère. On regarde les images de ce film cruel.

    Donc, c'est cruel.

    Et en même temps, vous disiez que c'est une sorte de parcours initiatique. C'est qu'au fond, au bout de l'aventure et au bout du chemin, il y a la recherche de

    soi-même, au fond.

    Oui, c'est parce que je parlais de la culture, de la différence de 2 hommes différents. Il y en a un qui vient du Mexique, une culture sud-américaine, cet homme qui est chauffeur routier, qui est plus un ouvrier, plus un homme ordinaire du peuple face à un écrivain, puisque le personnage de Sergi, lui, est écrivain, auteur. Donc, il y a 2 mondes différents, et il y a cette impossibilité de se parler, de se comprendre. Donc, c'est pour ça que je disais ce film, ça peut être l'histoire de la civilisation. Aujourd'hui, par rapport à toute la différence culturelle et sur les mondes différents, sur comment on approche l'autre, comment on s'apprivoise, comment on se respecte l'un l'autre, il y a quelque chose de ça, mais basé uniquement sur l'histoire de 2 hommes qui, simplement, ne se connaissent pas, mais qui sont liés par le sang, comme nous sommes tous d'ailleurs liés par le sang.

    Et qui peuvent fleurter avec la mort aussi, avec le danger. C'est-à-dire qu'à un moment donné, ils se mettent dans cette situation de risque.

    Oui, parce que (inaudible), il y a un petit côté spectacle (inaudible). Il y a ce troisième personnage qui à un moment donné, vient mettre un peu d'adrénaline dans le film qui est joué par John Lynch puisqu'on découvre petit à petit que ce père n'avait pas les mains propres, qu'il était un trafiquant, qui trafiquait dans certaines choses et pas tout dévoilé. Voilà, ils approchent de fait d'un milieu plus dangereux, plus en marge et puis, il y a la nature qu'ils ne connaissent pas. Lui, il est chauffeur routier, mais ce n'est pas quelqu'un de la forêt, ce n'est pas un crapahuter. Déjà, il suffit de voir nos physiques, à Sergi et à moi, on n'est pas des grands randonneurs. Donc, on était vraiment en pleine, ce n'est pas la haute montagne, mais ce n'était pas évident physiquement.

    Avec un chien sur les épaules.

    Avec un chien, les torrents, la rivière, les montées, les descentes, c'était quand même assez abrupt. Donc, oui, il y avait une mise en danger permanente, mais c'est important, ces hommes se mettent en danger pour découvrir ce passé qui leur a échappé, en tout cas du point de vue de mon personnage. L'autre personnage, Sergi, est plus en attente d'un demi-frère plutôt que de partir à la découverte d'un père.

    Olivier Gourmet, ce qui est excitant dans ce sens-là, dans un film comme ça pour vous, passer de l'univers des Dardennes, passer de tout ce que vous faites, à un univers comme celui-là. Qu'est-ce qui vous excite au fond ? Vous dites "je vais rentrer dans cet univers de Marion Hänsel" ?

    L'univers de Marion m'a toujours intrigué parce que c'est tellement minime, c'est chaque fois un défi parce que vous en parliez des silences, comment faire exister les silences ? Comment faire exister les personnages avec le minimum de choses, avec énormément de simplicité, avec énormément de pudeur ? Comme est la vie, on est parfois bavard ou bistrot avec des copains, mais dès qu'on rentre chez soi, on est moins bavard, moins diseur. Voilà, il y a quelque chose de très réaliste dans le cinéma de Marion, mais qui va tellement au-delà de ça, qui est tellement poussé que tout à coup, ça devient une forme, et c'est chaque fois un défi je trouve. Il y avait un film précédent "la tendresse", qui était aussi comme ça, sur les petites choses humaines. Donc, je trouve ça excitant quand il y a un défi, un univers, une singularité d'un réalisateur, même si on n'est pas toujours d'accord avec ça, mais en tout cas, sensible, oui, parfois on se dit ça va vraiment très loin, c'est très extrême. Est-ce que ça va plaire ? Est-ce que ça ne va pas être plutôt rébarbatif au niveau du spectateur ? Mais, c'est une forme, c'est de l'art. Donc, on essaie. Moi je suis excité quand on m'emmène sur des formes comme ça qui sont des défis quelque part.

    J'ai lu dans une interview, vous dites : "quand je rentre, je ne fais pas du cinéma, j'ai besoin de m'occuper, de faire un travail manuel à la maison". Finalement, c'est ça, c'est dire rester dans le concret pour pouvoir passer dans le spectacle.

    Je pense oui, l'un et l'autre sont liés. Mais, je pense que ça vient plutôt de mon éducation puisque je suis né dans une ferme, et que petit, tout de suite, on a été appelés à travailler de nos mains et qu'on y a pris du plaisir, mon frère, ma sœur et moi en ce moment-là, et qu'à certains moments, quand je suis parti 2, 3 mois et que je n'ai eu plus, même si le cinéma, j'apporte beaucoup d'importance au physique de l'acteur, même si c'est physique, ce n'est pas le travail au quotidien comme un ouvrier, mais je ne le fais pas spécialement pour ça, c'est plus parce que c'est mon loisir et que j'en ai besoin.

    Merci beaucoup Olivier Gourmet. "En amont du fleuve" de Marion Hänsel donc qui sort. Merci infiniment d'avoir été notre invité.

    Merci à vous.

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    00:08:01
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