Ouvrir Menu
TV5MONDE+
Profitez de votre espace

Pas encore inscrit ?

Créez vos alertes selon vos préférences, partagez voc contenus favoris, et accédez à vos recommandations personnalisées

  • Ce programme n'est malheureusement pas disponible pour votre zone géographique.
    Découvrez d'autres programmes disponibles dans les recommandations ci-dessous.
  • L'invité

    Zabou Breitman, Eléa Gobbé-Mévellec

    Invitées : Zabou Breitman, actrice et réalisatrice française ; Eléa Gobbé-Mévellec, réalisatrice française.

    Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec ont décroché le Valois de diamant, la plus haute récompense du 12e Festival du film francophone d'Angoulême, pour le film d'animation « Les Hirondelles de Kaboul », adapté du roman de Yasmina Khadra. Un film sur la tolérance et la liberté des femmes qui nous ramène aux années noires de l'oppression politique en Afghanistan. 

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le Festival du film francophone d'Angoulême.


    Transcription

    Le Grand-Duc et la Grande-Duchesse de Luxembourg, invités d'honneur du Festival du Film Francophone d'Angoulême, qui arrivent sous les applaudissements, ici, pour la cérémonie de clôture. Le douzième Festival du Film Francophone d'Angoulême s'est achevé sur le triomphe Valois de diamant pour le film Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. C'est un film d'animation qui nous emmène en Afghanistan, c'est un film sur la tolérance.

    Oh là, là, j’étouffe là-des (...)

    Le Grand-Duc et la Grande-Duchesse de Luxembourg, invités d'honneur du Festival du Film Francophone d'Angoulême, qui arrivent sous les applaudissements, ici, pour la cérémonie de clôture. Le douzième Festival du Film Francophone d'Angoulême s'est achevé sur le triomphe Valois de diamant pour le film Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec. C'est un film d'animation qui nous emmène en Afghanistan, c'est un film sur la tolérance.

    Oh là, là, j’étouffe là-dessous. Attends, je vais t’aider. Oh ! Vous ne riez pas, c’est interdit, stop ! Tu vas aller à la mosquée écouter le prêche du mollah Bashir. Ça te remettra les idées en place. Je dois amener mon épouse chez ses parents…

    Les Hirondelles de Kaboul, un long métrage d'animation. Bonjour, Zabou Breitman.

    Bonjour.

    Bonjour, Eléa Gobbé-Mévellec.

    Bonjour.

    Ce film d'animation présenté au Festival du Film Francophone d'Angoulême, je disais, Zabou, c'est un film que vous avez porté depuis le début ?

    Oui, j'aime ça, mais j'aimais ça à une condition, c'est de le faire à ma manière, c'est-à-dire que je trouvais que les acteurs n'avaient pas leur bonne place et que les animations ne correspondaient pas exactement aux sentiments des acteurs. Donc j'ai voulu faire une chose qui ne se fait pas dans ce processus habituel, dans le processus habituel que les comédiens fassent entièrement d'abord la bande-son, qu’ils soient filmés en même temps et qu’ils aient leurs costumes aussi de façon à aider… Ce n'était pas pour copier exactement les… ce n'était pas la bonne… ce n'étaient pas les mêmes angles de prises de vue, mais c'était pour donner des indices évidemment. Ensuite, je trouvais très intéressant d'animer tout, c’est-à-dire les soupirs, les respirations, les raclements de gorge, les tous, de tout animer. Donc il fallait une bande-son où les acteurs puissent être libres, puissent connaître leurs textes, contrairement à quand on fait des voix et qu’on est plus à plat. Ensuite, il fallait bien choisir quel dessin et là, je voulais quelque chose de plus abstrait qu’hyperréaliste et c'est tombé sur le dossier d’Eléa parce que je trouvais que l'aquarelle serait… c'était le bon truc, sauf que c'était un petit peu compliqué à faire, de faire tout ce que je voulais, tout ce que je voulais avec ce processus-là. Mais tant pis, on l’a fait quand même.

    Oui, on va en parler d'ailleurs tout de suite avec Eléa. Regardez Les Hirondelles de Kaboul.

    Est-ce que tu sais quelque chose de la femme qu’on a emmenée ? C’est un couple sans problème, gentil. Je suis fichu. Les Talibans nous détruisent. Pourquoi tu t'intéresses autant à la prisonnière ? Je te préviens, la cérémonie est très attendue. C'est la seule femme programmée alors tu fais ce qu'on te dit. Ils te tueront, Zunaira. Ne sommes-nous pas tous déjà morts depuis longtemps ?

    Eléa, à l'instant, Zabou disait combien elle voulait un graphisme particulier pour ce film d'animation. Comment on relève un défi comme ça ?

    Ce choix graphique est venu tout seul en m'inspirant aussi des documents que j'ai cherchés et que j'avais sous les yeux pour mettre en images cette histoire, et aussi, il est venu par mon expérience, au travers de mes inspirations diverses sur les films et des films sur lesquels j'ai travaillé, qui employaient déjà des techniques qui étaient proches du dessin très traditionnel et qui avaient déjà été appliquées. Le mélange de tout ça a fait naître le graphisme aquarellé comme ça, de manière assez naturelle. Et en fait, on avait le même film en tête avec Zabou et que ce…

    Oui, c’est ça. Quand… Dans les dossiers, il y avait des choses très différentes évidemment, mais c'est quand j'ai vu l'aquarelle que je me suis dit : C'est celui-là, c'est ça qu'il faut pour le film. Je ne voulais pas un autre truc. J’ai voulu celui-là. J'ai dit : C’est ça qu'il faut. Il faut de l'aquarelle pour ce film-là.

    Oui, c’est ça. Alors, au-delà évidemment, il y a l'histoire qui nous touche, il y a cette (j'allais dire)… ces destins croisés qui sont racontés, ces personnages et finalement, cette quête de liberté au fond, et puis la place des femmes qui est évoquée dans ce Kaboul meurtri. Ça, c'était quelque chose qu'il fallait témoigner d'une certaine façon.

    C’est le roman, c'est l'adaptation du roman, le roman qui a pris d'autres, parfois d'autres teintes et d'autres sentiers et que j'ai voulu, souhaité adapter après, quand je suis revenue sur le scénario, de façon à ce que ça rentre, on va dire entre guillemets, dans (l’heure et quart) du film d'animation.

    Ce film est important quelque part… On peut dire, Eléa, qu’il est destiné aussi à provoquer cette émotion dont je parlais à l'instant, qui est due évidemment d'abord à cette histoire, cette histoire qui parle d'une tragédie, qui parle de comment on peut se transformer, peut être changé, découvrir la réalité, et l'espoir de liberté peut naître… C'est ça que raconte l'histoire des Hirondelles de Kaboul…

    Complètement. C'est en cela que c'est chouette de le mettre en dessin parce que c'est quelque chose qui passe par nous aussi et qui met une distance sur cette histoire-là, sur le réel qui est dramatique. Avec la distance du dessin, il y a la place de parler de ce que nous, on ressent en tant que réalisatrices et de ce que le spectateur ressent lui, avec ses émotions. Effectivement, elle est importante à diffuser, cette histoire, mais elle est encore plus importante à être appropriée pour qu'elle soit marquante pour les gens.

    Oui ?

    Et la place du dessin, ce qui est chouette, c'est la poésie que ça amène aussi, ce regard différent sur le réel qui donne le recul. Comme tu le dis souvent, c'est comme un tableau : Il faut s'éloigner pour regarder mieux de loin. C’était ça, l'idée.

    Oui, c’est vrai, oui…

    Oui. La particularité, c'est le mélange évidemment entre quelque chose qui ne se fait pas, c'est un processus qui ne s'est pas vraiment beaucoup fait, de travailler quand même d'abord entièrement sur le jeu non lu des acteurs, qui se chevauchent, qui se parlent l'un sur l'autre, qui hésitent, qui font… et cette intimité rend quelque chose qui provoque un sentiment très profond, d'un écho humain très, très puissant sans qu'on s'en rende compte. C'est quelque chose qui vient en dessous comme ça.

    Oui, c’est ça. On dirait, c’est un conte universel finalement, qui n'est pas seulement des années 2000. On est là aujourd'hui, ce film témoigne pour aujourd'hui.

    Ce film témoigne, mais la cage, elle est presque allégorique, je veux dire. Il y a ça, mais ce sont toutes les cages aussi. On parle de ça. On parle de Kaboul, on parle de ce qui s'est passé là, mais il n'y a pas que ça. C'est vrai que plus largement, la contrainte qui est proposée aux femmes dans tellement de pays, c'est aussi l'image de la cage.

    Oui, mais il y a une fenêtre d'espoir dans ce film qui montre justement une route… ?

    Oui, dans l'adaptation. Je ne voulais quand même pas rester… C'est vrai que là, j'ai pris des libertés.

    Oui ?

    Beaucoup, oui. Pas mal de liberté.

    Il fallait ouvrir cette fenêtre.

    Oui. C'est quelque chose qui n’est peut-être pas forcément mis de cette manière-là en avant dans le livre - en tout cas, c'est ce que nous, on a découvert au travers des reportages, des documentaires, des photos et tout ça qu'on a recherchés pour le film -, c’est qu’on a vu cette vie incroyable qu'il y avait dans ce pays, sous cette dictature et que moi, je ne soupçonnais pas. Ça avait développé une espèce de force de vie chez ces gens qui ont cette énergie de résister, d'organiser des classes secrètes, d'avoir des groupes de punk dans leur garage… Et ces femmes en burqa qu'on a découvertes dans un clip de rock sur Internet, underground, étaient complètement fabuleuses, donc on les a mises dans le film pour leur faire ce petit hommage, mais…

    Ce film peut être diffusé partout, Zabou ?

    J'espère qu'il pourra être diffusé.

    Il peut être montré…

    J'espère qu'il sera montré partout, mais pas non plus comme : Regardez là-bas comment c’est.

    Oui ?

    Regardons aussi partout et très près parfois aussi comment ça se passe. C'est intéressant d'être vigilant en tout cas.

    Merci beaucoup, Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec.

    Merci !

    C’est Les Hirondelles de Kaboul.

    Merci beaucoup.

    Merci infiniment à toutes les deux.

    Voir plusmoins
    00:08:22
    Tous publics
    Tous publics
    label.disponibilite