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  • L'invité

    Chris

    Invitée : Chris, autrice-compositrice-interprète française.

    Après le triomphe international de Christine and the Queens, Chris a fait un retour triomphal aux Francofolies de La Rochelle avec un show époustouflant, une nouvelle identité, un nouveau look et un deuxième album intime, engagé et poétique qui lui permet toujours d'affirmer avec force sa liberté.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis les Francofolies de La Rochelle.

    Transcription

    Salut Chris. Salut (inaudible). Non mais regarde ! C'est la mer. C'est la mer. Qu'on voit danser le long des golfes clairs. Tiens ça pourrait faire une chanson ça ! Oui, j'y ai pensé. J'ai noté ça un petit peu à la va-vite ce matin. Écoute cool d'être ici aux Francos, non ? Oui c'est cool. Sacré souvenir en plus ? Oui c'est vrai que j'ai pas mal de souvenirs ici. En fait les Francos ça fait partie de ma… ma carrière dit-elle en mode rétrospective. Non mais c'est vrai. J'ai fait les Chantiers des (...)

    Salut Chris. Salut (inaudible). Non mais regarde ! C'est la mer. C'est la mer. Qu'on voit danser le long des golfes clairs. Tiens ça pourrait faire une chanson ça ! Oui, j'y ai pensé. J'ai noté ça un petit peu à la va-vite ce matin. Écoute cool d'être ici aux Francos, non ? Oui c'est cool. Sacré souvenir en plus ? Oui c'est vrai que j'ai pas mal de souvenirs ici. En fait les Francos ça fait partie de ma… ma carrière dit-elle en mode rétrospective. Non mais c'est vrai. J'ai fait les Chantiers des Francos, j'ai fait les Francos tout court, j'ai fait des émissions ici.

    Le prix Premières Francos je me souviens. C'est vrai. Oui, oui. C'était là. Exact.

    Ça a commencé là !

    Donc en fait je reviens. Je ne suis pas chez moi mais je reconnais quand même assez bien les sensations, puis j'ai presque de la nostalgie. Carrément de la nostalgie ! Oui carrément ! Enfin tu penses à ce qui s'est déjà passé quoi aux Francos. Les golfs clairs sont là. Le public il est là-bas. Logiquement. Logiquement sur la scène Foulquier. Oui.

    Là aussi il y a quand même un paquet de souvenirs. Oui c'est vrai. Moi je t'ai vue là Christine and The Queens là sur cette scène. Et ce soir ce sera Chris… tine and the Queens aussi. Mais oui, puis c'est chouette aussi de pouvoir revenir dans les mêmes endroits mais en ayant un peu changé soi-même avec des propositions différentes parce que tu vois aussi, enfin tu racontes une histoire en pleins de chapitres. 

    C'est donc un nouveau chapitre, c'est Chris. Oui. Et c'est un album incroyable. Moi je trouve qu'il y a quelque chose complètement nouveau, et là on a dit beaucoup d'ailleurs que c'est un disque intime. Ça tu le revendiques ça ? Tu dis oui c'est… Oui mais de toute façon ce projet, enfin l'écriture du projet entier et l'idée même de prendre un nom de scène et d'écrire en fait c'était justement pour être dans une forme de vulnérabilité et d'honnêteté absolues. Et donc c'est marrant parce que ce deuxième album est très intime et charnel, mais il emprunte un peu à de la musique plus joyeuse et jouissive. On prend du G-funk, on prend du son un peu à la ricaine, et en même temps dedans on est très vulnérable et très sincère. Je pensais pas mal à Love on the Beat de Serge Gainsbourg aussi pour ça d'ailleurs. Oui c'est vrai. Alors j'ai lu quelque part intime et donc politique quelque part, parce que finalement faire un disque intime c'est aussi un acte qui affirme quelque chose.

    Oui mais de toute façon moi je pense que toute esthétique est politique. Je pense qu'on existe dans un espace, on est sur une scène c'est politique. Et d'ailleurs même l'idée de se désengager de tout choix politique est politique, donc en fait on ne s'en sort pas. Et oui particulièrement aussi quand tu décides de faire des choix. Enfin moi par exemple quand je travaille mes albums, je me dis souvent comment est-ce que j'ai envie d'exister en tant qu'artiste, en tant que femme aussi artiste, et ça implicitement c'est toujours un peu politique parce que tu te positionnes et tu fais des fois des choix qui sont très personnels qui viennent de loin. Moi souvent j'existe en tant que femme imparfaite sous les projecteurs, très vulnérable et carnassière parce que ça m'a manqué plus jeune d'avoir des femmes comme ça qui puissent me mettre en confiance. Oui d'ailleurs on a vu dans le clip, t'es musclée. Tu te lèves le matin, la douche. Oui, ça c'est politique aussi. C'est politique, mais oui ! Politique et propre. Oui puis il y avait cette envie de… C'est un album qui est très sur la sensualité aussi. Donc je voulais que mon corps existe plus dans une sensualité. Mais en même temps je la travaille de façon encore une fois, je me dis je travaille un désir actif, c'est-à-dire que souvent dans cet album c'est moi qui désire, c'est moi qui appelle, c'est moi qui viens chercher. Je n'attends pas forcément d'être désirée comme souvent les femmes le sont dans l'espace un peu du divertissement où elles sont un peu alanguies sur une chaise. C'est très beau mais moi je suis plutôt le petit Roméo qui monte au balcon donc mon corps il existe aussi comme ça en fait. C'est l'idée de ne pas avoir à choisir finalement de se définir, de ne pas avoir à se définir au fond. C'est ça.

    Ce qui amène une liberté pour soi et pour les autres. Parce que si toi tu t'enfermes pas, logiquement t'enfermes pas les autres non plus. Donc il y a une espèce de truc très libérateur. D'ailleurs je le dis souvent le soir de mes concerts, je dis "c'est le début d'un espace de liberté qui marche sur tout le monde ce soir. Donc si tu veux être un petit crustacé dans la mer tu peux. Moi je ne vais pas te juger". En fait la scène c'est le théâtre pour moi. Le théâtre c'est l'imagination, et l'imagination c'est de la douceur, c'est-à-dire que tout le monde accepte d'un seul coup pendant une heure de croire à la même chose. C'est-à-dire que si je pointe la scène et que je dis là il y a un château, tout le monde va voir le château et depuis que je suis jeune pour moi le théâtre a été salvateur pour ça, parce qu'il y a une façon d'exister au monde qui est… il y a plus de possibles donc il y a plus de douceur.

    Ado tu en as pris dans la gueule aussi ? On peut le dire ça.  Oui. Et puis douter de soi aussi, douter de ce qu'on est. 

    En fait ce qui est terrible c'est que c'est facile de s'en prendre dans la gueule en fait, dès que tu sors un petit peu… Et je pense que encore une fois tout le monde est un peu coincé dans ces trucs de normes. Mais c'est vrai que le collège moi je m'en souviens comme un moment où tout le monde se définit comme une micro-société, alors il y a les kings du collège, et puis il y a les queens du collège, puis il y a les nerds. Et moi j'étais là "mais je ne sais pas en fait. Je ne sais pas". Et j'étais un peu paralysée dans ce jeu-là de rôles, et je me suis dit que j'avais envie d'avoir aucun rôle précis aussi au sens où j'ai envie de tous les avoir à un moment. Et je pense que tout le monde en fait. Et du coup voilà c'est libérateur aussi d'assumer d'être indécis ou hésitant. Mais souvent, encore une fois on le disait c'est politique, ça agace parfois les gens qu'on ne choisisse pas. D'ailleurs je me souviens que depuis le début de ce projet, quand on me dit "qui êtes-vous ?", je suis là "je ne sais pas" et je sens que ça peut énerver, ils sont là " mais si, mais qui ?", je suis là "je ne sais pas". Ce qui est une façon aussi de se permettre d'être plein de personnes à la fois.

    C'est Bowie, c'est T. Rex, c'est des gens comme ça qui t'ont marquée, évidemment Michael Jackson.

    Oui mais en plus quand on parle de Bowie, ce qui était génial c'est qu'il était dans l'écriture pop et en même temps il était très dans le théâtre. C'est quand même quelqu'un qui s'était inspiré du théâtre nô japonais, des mimes et tout ça, et il était très flamboyant et très changeant aussi. Bowie d'un album à un autre, c'est Bowie mais c'est complètement quelqu'un d'autre aussi. Et ça, ça me parle beaucoup. Et puis oui Michael Jackson, c'est des gens qui jouent sur… En fait ce que je trouve magnifique c'est que c'est des gens, on se souvient des chansons mais on se souvient aussi d'une silhouette, on se souvient d'une vidéo. C'est très poétique aussi. Et moi d'ailleurs les meilleurs moments de ma vie récemment c'est quand des fois je marche dans les rues et que les gens me disent "c'est la dame de la vidéo bleue". Du coup j'ai l'impression que je suis devenue une peinture. J'ai l'impression d'être devenue un Picasso.

    Je pense à ce clip incroyable où tu te jettes dans le vide carrément. Il y a une espèce de liberté, au fond, ça symbolise ça. Oui puis ça passe par la danse, ça passe par le mouvement aussi. D'ailleurs sur scène c'est aussi très physique parce qu'il y a un truc de lâcher prise et puis la danse c'est très contagieux aussi, ça se partage, ça fait parfois plus sens que des paroles. Tu peux dire une émotion avec un geste et tout le monde comprend, t'as pas besoin d'en faire trois phrases. Le public, quel rapport tu as avec ce public ? C'est charnel ? C'est quoi ? Ils vont avoir trop peur. "Comment ça c'est charnel ?" C'est marrant je pense qu'il y a des artistes qui sont dans de la pop et qui arrivent un peu comme des rois et des reines et puis qui se font adorer et je trouve ça beau. Mais moi en vrai j'ai plutôt envie d'essayer de…j'ai un rapport assez horizontal, et puis j'ai juste envie que les gens… j'adore l'idée de déclencher une émotion chez quelqu'un. Et en fait on s'en fout pas mal que ce soit moi. Mais c'est juste le processus de… je vois quelqu'un qui d'un seul coup…. Et d'ailleurs les meilleures choses qu'on me dit des fois à la fin d'un concert c'est "après ton concert j'ai eu envie de faire ça" ou "ça m'a donné la force de faire ça". Et je trouve ça génial parce que c'est aussi ce que j'adore dans la musique, c'est que c'est très démocratique. En vrai tu existes plus et la chanson c'est juste quelque chose qui déclenche chez quelqu'un d'autre un geste, une émotion ou un souvenir, et ça c'est très très beau.

    Et les gens te disent merci d'être libre, merci d'être ce que tu es, parce que moi ça m'aide. Ils te disent ça ? Ça m'arrive oui. Parfois il y a des petites jeunes filles aussi qui viennent me dire "merci parce que moi ma Christine à moi elle m'a fait faire ça". Je suis là, voilà exactement.

    Carrément. Ça c'est fait. Chris sur la scène Jean-Louis Foulquier, ici, allez on y va. Allez c'est parti. Et tournée internationale partout. Oui ! Pas mal. Multi-pays, multi-fonctions, multi-visages.

    Merci Chris. Salut.

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    00:08:29
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