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  • L'invité

    Ibeyi

    Invitées : Ibeyi.

    Les jumelles franco-cubaines Lisa-Kaindé et Naomi Díaz forment le duo Ibeyi. Elles sont à l'affiche du 53e Montreux Jazz Festival.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le 53e Montreux Jazz Festival.

    Transcription

    C'est Deep Purple - "Smoke on the Water". En route pour le Montreux Jazz Festival.



    Le Montreux Jazz Festival, c'est 450 concerts sur dix scènes différentes. Des vrais concerts pour le coup, ce n'est pas de la vidéo, c'est du vécu.

    Tiens, on va rentrer ici parce que là, on retrouve tous les objets qui racontent l'histoire de ce festival légendaire. Et puis, il y a un rayon que j'adore : c'est celui des vinyles. Et tiens, voici… Ah tiens, les voilà. Ça, el (...)

    C'est Deep Purple - "Smoke on the Water". En route pour le Montreux Jazz Festival.



    Le Montreux Jazz Festival, c'est 450 concerts sur dix scènes différentes. Des vrais concerts pour le coup, ce n'est pas de la vidéo, c'est du vécu.

    Tiens, on va rentrer ici parce que là, on retrouve tous les objets qui racontent l'histoire de ce festival légendaire. Et puis, il y a un rayon que j'adore : c'est celui des vinyles. Et tiens, voici… Ah tiens, les voilà. Ça, elles étaient vraiment très jeunes. Maintenant, elles ressemblent plutôt à ça. C'est le groupe Ibeyi, et le concert est ce soir.

    Bonjour ! Bonjour. Bonjour ! Ibeyi. On est en plein dans les coulisses du Montreux Jazz Festival. C'est génial de jouer ici ?

    On est super contentes d'être de retour. Ça se présente comment ? J'entendais les balances tout à l'heure. Ça va être bien, on a hâte de revenir parce qu'on était venues avec le premier album. Du coup, on a hâte de venir avec le deuxième. Et c'est mythique de jouer ici. Oui ! C'est quand même un endroit où sont produits les plus grandes stars du jazz. Et pas que ! Pas que du jazz. La musique du monde.

    Il y a la musique du monde…  Le Buena Vista Social Club, non ?  Je ne sais pas s'ils ont joué ici. Le papa.

    Probablement. Certainement. On va aller s'asseoir là, parce qu'on va discuter un peu. Je viens d'apprendre un truc quand même assez incroyable : vous venez être classées le deuxième groupe français qui tourne le plus à l'étranger.

    Oui.

    C'est vrai ? 

    On tourne beaucoup à l'étranger, mais on tourne beaucoup en France aussi. On tourne partout. On a créé une ambiance un peu… C'est Montreux.

    On adore jouer, on adore ce partage entre le public et nous, c'est vraiment… Je crois qu'un artiste fait ce métier, aussi. Parce que ça passionne, mais aussi pour la scène. C'est un feeling, il y a un truc qui…

    Oui, il y a un feeling. Et ce qui est génial, c'est de pouvoir le faire partout dans le monde et pouvoir avoir des publics différents. Et même dans un seul pays, selon les villes, c'est dingue. Ça change.

    Pour nous, c'est ça qui est génial, c'est de voir comment les gens reçoivent notre musique et comment ils s'imprègnent de notre musique. C'est magnifique de faire ça tous les soirs.  Vous amenez cette culture yoruba. Oui, qui vient d'Afrique et du Nigéria. Et qui a été amenée à Cuba par les esclaves africains, et qui s'est développée à Cuba. Et on a grandi entre Cuba et… Entre La Havane et Paris.  …et Paris. Et du coup, vraiment, on s'est imprégné de cette culture depuis toutes petites. On va continuer de raconter cet incroyable parcours qui est le vôtre. "River", tiens : ça donne envie de voir ce clip. Vous y faites une performance.

    Je n'y arriverais pas, tenir son l'eau comme ça. Regardez, "River".

    [ Ibeyi - "River" ] [ Ibeyi - "River" ]



    Ça faisait mal un peu, quand même, au bout d'un moment. Á la fin, j'ai dû avoir de l'oxygène. Lisa, dans l'eau, elle se sent comme un poisson. Elle pourrait y reste des heures sans respirer. Pour moi, c'était un peu plus compliqué. D'ailleurs, dans le clip, je  suis tendue.  Mais ce n'était pas dans l'eau, le problème. Dans l'eau, j'étais très bien. C'était sortir de l'eau. Et à l'angle où on était, il fallait faire semblant de chanter la chanson. Mais on avait toute l'eau qui s'était accumulée dans le nez qui tombait, donc c'était ça qui était un peu difficile. C'était le sortir de l'eau qui était un peu dur. Mais dans l'eau, j'étais comme un petit poisson. 

    Yuruba, c'est cette culture, cette langue qui vient aussi des racines terribles, des esclaves. Votre musique est engagée, est-ce qu'on peut dire ça ?  Oui, mais pas que, ce n'est pas que ça. Mais on a décidé d'écrire des chansons qui peuvent être engagées. Engagées parce que… 

    Parce qu'on parle du monde qui nous entoure, et que c'est une réaction logique…  On parle d'une réalité. …à la réalité de ce monde- là. Mais d'ailleurs, la musique yoruba, au départ, ce n'est pas une culture qui est empreinte de douleur, au contraire, c'est une culture africaine qui a été établie et est grande. Et ensuite, bien sûr, elle s'est imprégnée de cette douleur parce que les esclaves… Se servaient de la musique pour pouvoir dire ce qu'ils ressentaient.  Ils se servaient de la musique pour pouvoir ne pas oublier leur pays et leur culture. Et ils n'avaient pas le droit de se servir de cette musique. Ils n'avaient pas le droit de se servir de leur langue, ils n'avaient pas droit de se servir de leur religion. Et je pense qu'ils ont été très braves. Et ils ont réussi à faire que cette culture et ces chants passent de génération en génération. Et donc aujourd'hui, quand on les chante, on sent cette force de ces chants-là. Et ces chants-là sont des prières, sont des prières aux Dieux. Quand on les chante, il y a vraiment quelque chose qui se passe. Avec le public, d'ailleurs. Et partout dans le monde, des fois, quand on était au Japon et en Chine, il n'y a pas longtemps… Et c'était incroyable de voir que les gens vraiment connectent avec ces chants. Et oui, on avait envie de faire un album… En tout cas, pour le deuxième. Le premier était très personnel parce qu'on parlait de la perte de notre sœur et de notre père, et on avait envie de leur faire un album hommage à notre famille, et à notre mère aussi, qui est là. On avait envie de lui faire une chanson. Votre père, Anga Díaz, on en parlait tout à l'heure, incroyable musicien, percussionniste. Un génie. Lui, c'est un génie, oui. Et on avait envie que les gens parlent de lui, en fait. On avait envie qu'on mette tout le temps : Lisa-Kaindé et Naomi, Ibeyi, filles de Anga Díaz", puisque on avait envie que les gens le redécouvrent à travers nous. Et d'ailleurs… Qu'on ne l'oublie pas. Voilà, qu'il soit encore là, présent avec nous. Et on ne l'oublie pas. Et pour ce deuxième album, je pense qu'après avoir tourné pendant deux ans le premier, on avait commencé à être assez pessimiste sur la vision du monde. Parce qu'on tourne et on va signer, et on entend les histoires des gens et leur vie, et comment ils vivent, etc. Et c'était hyper difficile aussi de rester positives. Et je pense que, du coup, on a voulu faire un album sur ça, qui nous rende un peu notre force et notre feu. Et on avait envie de transmettre ça.

    Le public va être là. Dans la foule, il y en aura peut- être un pour qui cette musique va résonner encore plus que les autres ; comme vous, d'autres artistes vous ont sauvées. Mais eux, peut-être que celui-là va être touche, c'est ça le but finalement, sur scène ?  C'est ça qui est génial.

    C'est le partage. C'est pour ça qu'on le fait aussi, je pense. C'est pour ça qu'on le fait autant. Parce que sinon, on ferait quelques concerts ; et puis au bout de quelques concerts, hop. Mais on le fait autant aussi, parce que… On aime ça. On aime ça, on aime les toucher. Et puis, on aime qu'ils nous touchent, parce que c'est ça aussi qui est génial, c'est que c'est à double sens. Ce n'est pas à sens unique. Quand ils sont touchés et qu'ils réagissent, ça nous donne d'autant plus d'énergie qu'on peut leur renvoyer. C'est ça qui est beau. Merci Lisa, Naomi. Le public du 53ème Montreux Jazz Festival vous attend. Il vous adore.  Merci à toutes les deux. Merci. Merci. Yé ! Yé.



    Magnifique !

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    00:08:25
    Tous publics
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