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  • L'invité

    Xavier Dolan

    Invité : Xavier Dolan, réalisateur canadien.

    Le cinéaste Xavier Dolan est notre invité, alors que la projection de son dernier film « Matthias et Maxime », en compétition pour la Palme d'or, a provoqué une ovation à Cannes.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le festival de Cannes.


    Transcription

    Le jury, conduit par Alejandro González Iñárritu, pour le traditionnel aïoli provençale sur la place du Vieux Cannes. Comme chaque année dans ce jury, il y a Enki Bilal, il y a Maïmouna N'Diaye. Et ces membres du jury sont heureux de se retrouver au soleil de La Provence. Un cinéma très important, c'est le cinéma québécois, représenté par sa star, Xavier Dolan, qui fait son grand retour sur la Croisette, en compétition pour la Palme d'Or. On le retrouve tout de suite.

    De toute faço (...)

    Le jury, conduit par Alejandro González Iñárritu, pour le traditionnel aïoli provençale sur la place du Vieux Cannes. Comme chaque année dans ce jury, il y a Enki Bilal, il y a Maïmouna N'Diaye. Et ces membres du jury sont heureux de se retrouver au soleil de La Provence. Un cinéma très important, c'est le cinéma québécois, représenté par sa star, Xavier Dolan, qui fait son grand retour sur la Croisette, en compétition pour la Palme d'Or. On le retrouve tout de suite.

    De toute façon, toi, n se voit avant ton départ, hein ? Mercredi. Non, vendredi je pars. Voyons donc. C'est vendredi, je vais chercher la valise. Pourquoi j'avais mercredi en tête ? Pas grave. C'est trop, ça. Franchement, il est drôle, lui. Franchement, il est drôle, lui. Ça venait de vous tous, en passant.



    Bonjour, Xavier Dolan.  Bonjour. C'est un film formidable, "Matthias et Maxime", présenté au Festival de Cannes. C'est un choc émotionnel, ce film-là. C'est un film brut, au cœur des sentiments, des limites entre l'amitié et l'amour. C'est un film qui nous parle de beaucoup de choses.

    C'est un film qui… Oui, c'est vrai. On a du mal à choisir entre le film aborde énormément de sujets et de thématiques. Mais pour moi, avant tout, c'est un film sur l'amitié. C'est un film… C'est un film sur la complexité d'être soi. Sur le regard des autres, à travers le regard des autres, et à cause du regard des autres. Être soi et se définir d'un point de vue identitaire, d'un point de vue sexuel, d'un point de vue… Surtout quand on a 29 ans ou 30 ans, puis qu'on se dit : "Je devrais depuis longtemps savoir qui je suis et ce que j'aime, et où je vais." Finalement, il y a toujours une place pour le doute. On pense que l'on sait qui on est, on pense qu'on a trouvé notre place, puis finalement un rien vient bouleverser. Un baiser, par exemple. En l'occurrence, dans le film, c'est un baiser entre deux meilleurs amis d'enfance hétéros. Dans un film amateur. Alors qu'ils sont acteurs. C'est complètement anecdotique, mais ça remet en question, ça bouleverse tout l'équilibre de leur vie, de leur cercle social. Ils se disent : "Est-ce que c'est possible de se connaître depuis toujours, et puis finalement de réaliser qu'on ne se connaissait même pas nous-mêmes ?"

    C'est ça. Au fond, ce fil. "Les copains d'abord", c'est le sous-titre du film. L'amitié avant tout. Même si on parle d'amour, il y a l'amitié qui est là, qui est forte.

    C'est ce qui survit d'ailleurs dans le film, au final, sans révéler la fin. On sait que, hors de tout doute, l'amitié est plus forte que tout. Peut-être que… Est-ce que c'est ça que j'ai voulu dire de façon peut-être amère, que l'amitié est souvent plus forte que l'amour ? Ou est une forme d'amour ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. C'est un film de bande, c'est un film de… Ils se retrouvent, là. Puis, il y a les bandes de filles, il y a les bandes de mecs. Il y a ce monde au fond, comme on le disait, on se définit, on existe à travers une histoire commune qui vous emporte.

    Moi, je n'ai jamais fait de films de groupes comme ça. J'ai toujours fait des films à deux ou à trois, ou des triumvirats ou des duos. Et puis là, j'ai découvert l'amitié de groupe dans les dernières années de ma vie, je ne la connaissais pas avant. J'ai voulu rendre hommage justement à mes amis. Je réalise que ça s'est exprimé à travers plusieurs bandes dans le film, il y en a plus qu'une. Il y a des bandes de femmes, aussi. Mais pour moi, c'était un territoire que je n'avais pas exploré. C'est ce qui m'intéressait le plus en fait avec ce film. L'idée de communauté.

    Avec chacun sa vie. La mère, Anne Dorval, qu'on retrouve avec tellement de bonheur dans le film, dix ans après "J'ai tué ma mère". Et puis, la vieillesse. Et puis, les soucis du quotidien que chacun peut avoir avec lui. Et puis, le groupe qui englobe tout cela. La force du groupe.  Oui, c'est-à-dire que le groupe… Le groupe a incité toute sa vie, son énergie au film. Et salvateur. C'est à travers ce groupe d'amis que les personnages se révèlent le mieux et existent le mieux. Leurs existences, individuellement, sont beaucoup plus mornes, beaucoup plus… Celle de Maxime est chaotique et toxique. Celle de Matthias est plus rangée, un peu plus cartésienne. Un peu morne, on a presque l'impression. Et puis finalement, c'est quand ils sont en groupe qu'ils se révèlent vraiment, qu'ils existent, qu'ils vivent. Tourner en 35 mm. Toujours. Une sorte de simplicité brute ?

    Vous l'avez vu en 35 mm ?  Oui. Une sorte de simplicité brute dans l'image, avec des moments d'accélération comme ça. Je ne sais pas, dans la façon de filmer, il y a quelque chose qui est formidable dans ce film, je trouve.  Merci.

    Comment vous l'avez vu, ça, Xavier ? J'avais envie d'avoir une caméra qui était humblement au service des protagonistes, qui suivait leurs mouvements, leurs réactions. C'est pour ça qu'on a eu des zoom-in, zoom-out, un snap zoom que nous on appelle en fait, au Québec, qui va au plus près et parfois qui respire, qui demeure dans la dynamique du groupe, qui pour moi est proportionnelle à l'énergie que le groupe dégage. J'avais envie d'avoir une caméra qui ne soit pas nécessairement affectée, trop présente, trop remarquable. Je n'avais pas envie qu'on remarque la caméra. On la remarque, évidemment. Vous comprenez ce que je veux dire. Certains ont pu dire c'était un retour aux sources, mais en fait c'est un retour tout court ?

    Non. Tout le monde me pose la question. Je ne suis jamais parti de chez moi. J'ai toujours fait des films au Québec, avec les gens que j'aime, avec les artistes avec qui j'ai grandi depuis le début. De toute évidence, c'est comme ça que tout le monde le perçoit. Il n'y a pas de retour quand on n'est jamais parti. Je suis toujours resté moi-même. Même si j'ai travaillé avec des acteurs français, des acteurs américains, je suis juste allé là où j'avais envie d'aller narrativement, raconter des histoires qui ne sont pas toujours… Je le ferai, je pense, toute ma vie, me promener d'un sujet à l'autre, d'un sujet à l'autre, peut-être donc d'une langue à l'autre. Et qui dit langue dit acteur étranger, mais… Je ne reviens pas à quoi que ce soit, j'y étais encore. J'y suis resté et j'y reste. Merci beaucoup, Xavier. Merci beaucoup. Merci. 

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    00:07:52
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