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  • L'invité

    Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne

    Invités : Jean-Pierre Dardenne, Luc Dardenne, réalisateurs.

    En compétition pour une troisième Palme d'or, Jean-Pierre et Luc Dardenne, les maîtres du cinéma belge, sont nos invités au festival de Cannes. Leur film, « Le Jeune Ahmed », raconte la radicalisation religieuse d'un jeune garçon pris dans une dérive meurtrière.
    Une émission présentée avec la complicité d'Annie Cordy.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le festival de Cannes.


    Transcription

    Le Festival de Cannes, c'est la fête du cinéma belge derrière moi. Annie Cordy, bien sûr est là. Bonjour. Bonjour à vous tous. Il fait un temps magnifique. C'est vraiment magique. Mais non, il pleut Annie. Justement, c'est comme en Belgique. Je ne suis pas du tout déroutée ici. Annie ne craint rien, même pas la pluie. J'adore. Mais quelle pêche Annie ! Je suis heureuse de vivre. Qu'est-ce que je peux dire ? J'ai été très heureuse dans mon mariage. Je n'ai plus mon mari, hélas. J'ai choisi mon mé (...)

    Le Festival de Cannes, c'est la fête du cinéma belge derrière moi. Annie Cordy, bien sûr est là. Bonjour. Bonjour à vous tous. Il fait un temps magnifique. C'est vraiment magique. Mais non, il pleut Annie. Justement, c'est comme en Belgique. Je ne suis pas du tout déroutée ici. Annie ne craint rien, même pas la pluie. J'adore. Mais quelle pêche Annie ! Je suis heureuse de vivre. Qu'est-ce que je peux dire ? J'ai été très heureuse dans mon mariage. Je n'ai plus mon mari, hélas. J'ai choisi mon métier. J'ai réussi. Il a fallu beaucoup de travail, mais j'ai réussi et j'ai eu l'amour du public. C'est très important. Voilà. Merci Annie. On va aller faire la fête avec le cinéma belge derrière. Regardez, ils sont tous en train de boire de la bière. Il ne faut pas le dire.  On va arriver, on boit une bière. Enfin bon. On va y aller aussi, on va boire une bière. Allez, salut. Merci Annie. Allez, viens, je t'emmène. Les maîtres du cinéma belge, Jean-Pierre et Luc Dardenne, en compétition pour une troisième Palme d'or au Festival de Cannes avec Le jeune Ahmed, un film choc qui ne peut laisser personne indifférent.  Il y a un mois, tu étais tout le temps à jouer à la Playstation avec Karim. Tu as enlevé tous les posters de ta chambre. Tu serais d'accord qu'on discute du Coran une fois par semaine tous les deux ? Je ne peux pas lire le Coran avec une femme. Tu préfères le lire avec un imam qui est un menteur. Ce n'est pas un menteur. Si. Non. C'est un menteur, Ahmed. Ahmed. Le mieux, c'est que je te conduise tout de suite à la police pour ne pas qu'il puisse dire que c'est la mosquée qui t'a caché. Ils vont m'enfermer longtemps ? Non, tu es trop jeune. Peut-être un mois ou deux. Jean-Pierre et Luc Dardenne, Le jeune Ahmed, en compétition pour la Palme d'or à Cannes, peut-être une troisième Palme d'or. Restons calmes.  C'est bien que Le jeune homme soit ici, à Cannes. Il va être projeté ,tout à l'heure à 16 heures. C'est sa première rencontre avec le public. Et voilà, on va voir. Je pense que les projections à Cannes sont des tests grandeur nature sur la vie future de n'importe quel film, en particulier celui qui nous intéresse, c'est celui qu'on a fait. Quand on pense un film comme celui-là, quand on le mûrit et qu'on l'offre au public, qu'est-ce qu'on ressent, Luc ? C'est une grande joie et une grande inquiétude en même temps, grande joie parce que le film va appartenir au public. On est heureux qu'il nous quitte. Et en même temps, une grande inquiétude aussi parce que j'espère qu'il sera bien compris. Vu le personnage du film, ce jeune gamin fanatisé, ce jeune radicalisé, c'est un sujet qui peut faire naître de fausses polémiques. On espère ne pas tomber dedans. On espère que ce seront les vraies polémiques qui l'emporteront. Regardez, Le jeune Ahmed, le nouveau film événement de Luc et Jean-Pierre Dardenne.  C'est la deuxième fois que je viens et c'est encore plus dur que la première. J'aimerais tellement que tu redeviennes comme tu étais.  Tu veux le tenir ? J'allais presque dire filmer l'invisible l'âme humaine, y compris peut-être celle d'un enfant et comprendre ce qui est en train de se passer. Est-ce que c'est quelque chose de possible ? Est-ce qu'une caméra peut entrer là-dedans ? D'une certaine manière, c'est un peu notre pari qui était un peu double, notre pari. C'est essayer que la vie regagne ce garçon, que l'impureté dont il se prémunit le contamine et qu'il quitte ses idéaux de pureté et d'absolutisme de pureté. En même temps, il fallait que la manière dont nous allions filmer, dont nous allions regarder ce garçon, le temps que nous allons prendre à le regarder, pouvait donner naissance à un rapport entre le spectateur et l'intériorité du personnage. Effectivement, ce qui n'est pas visible, comment donner de l'espace à l'intériorité du personnage. Il nous semble que c'est en restant au plus près des choses, sans faire de fioritures, ni de spectacle. Le spectacle, c'est qu'il y a une sorte de course contre la montre. Il y a des personnages qui interviennent autour de ce jeune garçon, certains pour le pousser dans cette direction comme un imam, d'autres pour l'en sortir. Il y a une espèce de lutte qui se produit. Votre expression course est très juste parce que c'est comme ça qu'on l'a pensé, une course, jusqu'à un moment dont je ne vais pas parler parce que c'est le dernier quart d'heure du film, mais c'est une course contre la montre, contre la mort, pour la mort. C'est entre les deux. C'est vrai que notre personnage est quelqu'un qui est sourd à tout. C'est un cerveau sourd, fermé, imperméable. On ne peut pas parler. Il fait peur pour ça parce qu'on ne peut pas écarter ce qui permettrait de changer. Autour de lui, c'est vrai qu'il y a des gens bienveillants, qui essayent d'entrer en rapport avec ce truc énigmatique qui fait que depuis que l'imam lui a donné le permis de tuer, il est parti. Il est parti pour tuer. Comment le ramener à la vie, comme disait Jean-Pierre, comment la vie peut gagner ce cerveau, ce corps. Le corps de l'acteur est magnifique pour ça, pour nous. Je ne dis pas que c'est pour ça qu'on l'a choisi uniquement. On l'a choisi parce qu'il était très bon quand il est venu au casting, mais son corps non fini, un peu dodu, qui est encore celui d'un enfant, même si déjà aussi un adolescent,  nous permettait de penser qu'il était un peu maladroit,  un peu pataud parfois dans ses déplacements. Pour nous, c'était parfait pour justement filmer ce qui échappait encore à l'idéologie mortifère qui est en train de le prendre. Est-ce qu'on pourrait dire que dans cet enfant, il y a quelque part un enjeu du monde, un enjeu de toute l'humanité qui se joue dans sa tête.  Il ne faut pas être grandiloquent, mais c'est vrai.  Je pense que oui. La peur de la vie, c'est la peur de la vie qui vous pousse à s'enfouir dans ces absolutismes de pureté et d'identité, parce que la vie, c'est le mélange, c'est l'impureté et ça fait peur. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est un peu dans un moment comme ça, où cette peur est beaucoup plus présente qu'avant. Elle a toujours été là un petit peu chez chacun d'entre nous, mais on a l'impression qu'elle se répand et que c'est contre ça qu'il faut se battre. Il faut parler. Merci beaucoup. Merci. Jean-Pierre et Luc Dardenne. C'est un film très, très, fort. Merci beaucoup. Grand. J'allais presque dire du grand Dardenne. Merci à tous les deux.  Merci.

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    00:08:13
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