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  • L'invité

    Monia Chokri, Anne-Élisabeth Bossé, Aya Nakamura

    Invitées : Monia Chokri, actrice et réalisatrice québécoise ; Anne-Élisabeth Bossé, actrice québécoise ; Aya Nakamura, chanteuse française.

    Le Québec est en sélection officielle au festival de Cannes avec le premier long métrage de la réalisatrice Monia Chokri « La Femme de mon frère ». La comédienne Anne-Élisabeth Bossé est à l'affiche de cette comédie joyeuse et grinçante qui dresse un magnifique portrait de femme au coeur de la société québécoise d'aujourd'hui. Avec la participation de la chanteuse Aya Nakamura qui ouvre l'émission.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le festival de Cannes.


    Transcription

    Aya, quel bonheur d'être ici à Cannes.

    Oui, franchement je suis contente d'être là aujourd'hui. C'est merveilleux de retrouver le public comme ça, dans un festival de cinéma, dans un endroit pareil ? Eh bien c'est la première fois que je viens à un Festival de Cannes, c'est super cool, tu rencontres plein de monde, c'est bien. Oui. Le cinéma, c'était important pour vous, toute petite, tout ça, il y a des souvenirs ? Bon, je vais dire la vérité. Je suis plus séries - je vais dire la (...)

    Aya, quel bonheur d'être ici à Cannes.

    Oui, franchement je suis contente d'être là aujourd'hui. C'est merveilleux de retrouver le public comme ça, dans un festival de cinéma, dans un endroit pareil ? Eh bien c'est la première fois que je viens à un Festival de Cannes, c'est super cool, tu rencontres plein de monde, c'est bien. Oui. Le cinéma, c'était important pour vous, toute petite, tout ça, il y a des souvenirs ? Bon, je vais dire la vérité. Je suis plus séries - je vais dire la vérité - je suis plus séries, mais c'est vrai qu'il y a beaucoup de films que je kiffe. Oui mais les séries c'est important, quelles séries par exemple ? Game of Thrones, Murder, qu'est-ce qu'il y a encore ? Et puis glamour un peu, parce que quand même le tapis rouge, tout ça… Ah, c'est vrai que c'est glamour. Il y a du glamour, il y a du fantastique, il y a des couleurs, tu vois ? il y a de tout, en fait. Oui, oui oui. Et je pense que c'est aussi l'occasion de retrouver tout le monde aussi, parce que c'est un grand grand évènement et je pense que c'est un kiff pour tout le monde, que ce soient acteurs, artistes, tout le monde.

    Qu'est-ce que vous avez envie de faire le plus ici à Cannes ? Qu'est-ce qui vous fait le plus kiffer ?

    Eh bien là, j'ai hâte d'être à ce soir, c'est tout, oui. Je suis détente là, je suis bien, oui. Ok, merci Aya. De rien. Aya Nakamura, c'est la francophonie, tout comme le Québec en force, dans ce festival de Cannes. En sélection officielle, Monia Chokri, avec son film La Femme de mon frère, on la retrouve avec sa comédienne. Eh bien ici au Festival de Cannes, c'est le Québec, c'est Monia Chokri,  Anne-Élisabeth Bossé qui se retrouvent. Parce que vraiment, en ouverture ici d'un certain regard, une sélection importante de Cannes, ça fait du bien de se retrouver là Monia, après tant d'expériences avec Xavier Dolan, par exemple.

    Oui. Oui mais après quelques années aussi, parce que je suis venue il y a sept ans la dernière fois, pour Laurence Anyways et j'ai été la première fois, il y a neuf ans, pour Les Amours imaginaires. Et puis je ne pouvais pas imaginer justement, que j'y retournerais comme cinéaste à l'époque - je veux dire -, ce n'était même pas un rêve. Je ne pouvais même pas rêver à ça, mais de naître comme actrice dans la salle Debussy il y a neuf ans et de peut-être naître comme cinéaste cette année, ça me crée une vive émotion, oui. Oui, ça c'est un grand événement. Parce qu'Anne-Élisabeth à côté, c'est pareil. Oui. Elle a eu la même expérience.

    Eh bien oui et non. J'ai tourné dans le film de Dolan, Deux fois plutôt qu'une, mais c'est mon premier Festival sur place, pour le premier film de Monia. Je suis très contente de l'accompagner là-dedans et je suis très contente de vivre ça aussi, égoïstement parlant. Elle est incroyable dans le film, c'est Sophia.

    Oui. On va regarder quelques instants la bande annonce, c'est La Femme de mon frère, c'est vraiment un évènement ici à Cannes. "J'héberge ma sœur, en attendant qu'elle trouve un sens à sa vie. Tout le monde demande à tout le monde s'il veut des enfants, comme si on était en pénurie d'être humains.  Grosse soirée. Du coup, je n'étais pas au courant qu'on serait quatre. Est-ce que c'est une de vos dates ? Non. Ouh, ah, tout un look !

     Ah, ben oui toi aussi, tu as des lunettes de couleur" ? On se demande s'il faut l'aimer ou alors  la détester, quelque part.

    Eh bien l'aimer, j'espère. Non mais c'est normal en même temps, parce qu'elle a tous ces travers, mais je pense surtout qu'on s'identifie - surtout quand on est une femme - je pense qu'on peut s'identifier quand même à ce personnage, qui en fait est…je voulais créer un personnage juste aussi, une image de femme qui était plus juste. Donc il y a des moments où elle est seule, elle mange mal, elle se tient mal, voilà, c'est comme la vie, c'est un être humain. Il faut arrêter aussi d'avoir une idée très fantasmée des femmes qu'on a énormément dans le cinéma aussi. Oui. C'est ça aussi, c'est ça qu'on n'a pas l'habitude de voir, Élisabeth,  interpréter ce personnage-là.

    Oui, en fait c'était bien, d'avoir une image justement qui n'est pas polie, dans le sens de polissage. Qui n'est pas dans la séduction, en fait. Oui exactement, qu'il n'y ait pas une caméra qui va me magnifier ou quoi que ce soit, qui est une interprétation honnête et sincère et imparfaite, comme nous le sommes toutes et tous. Oui, oui. Puisque si on va décrire un peu la situation, elle est toute seule quelque part un peu, Sophia, mais c'est fusionnel avec son frère. Ça, ça a été rarement montré au cinéma comme ça, de manière aussi forte.

    Mais j'avais envie de raconter cette histoire frère/sœur aussi, parce que je n'avais pas vraiment d'exemple de film qui traitait de ça. Il y avait Love Streams de Cassavetes, qui est un peu le seul exemple que j'aie, de relation frère/sœur. Mais sinon, on tombe rapidement dans l'inceste par exemple, quand on parle de ces histoires-là au cinéma, alors que pour moi c'est dissonant, parce que la relation frère/sœur, elle est justement faite  d'amour pur. "Donc c'est votre famille qui va vous raccompagner, après l'intervention ? Ah non non non. Eh bien oui, c'est-à-dire que c'est ma sœur.

    Oui. Eh bien non, je suis son frère euh non, je suis sa sœur". Sophia il y a quelque part - on le disait -, on s'attache à elle.

    J'espère, c'est ça le défi justement, parce qu'elle peut être très antipathique, parce qu'elle a l'ego très blessé. Donc des fois, ce n'est pas les meilleures périodes de nous-même, quand on est abîmé comme ça, par la vie. Mais oui, je pense qu'en même temps, comme elle est humaine, c'est ce qui fait qu'on la comprend, finalement. Oui oui. Parce qu'il va y avoir quelque chose qui va se passer dans leur histoire fusionnelle, entre frère et sœur, c'est que le frère va tomber amoureux - peut-être on va le dire - du gynécologue de sa sœur. Voilà. C'est vrai.

    Comme c'est ironique ! Comme c'est ironique ! Mais oui oui oui, puis en même temps oui oui, en fait j'aimais le personnage de…en fait j'ai choisi aussi un médecin, parce que pour moi, c'est un peu genre le nec plus ultra de l'être humain. Elle est tellement parfaite en fait, Éloïse, cette femme qui va rentrer dans la vie du frère, qu'en fait elle n'a aucune arme contre elle, Sophia. Elle aimerait bien la détester, mais elle n'a aucune manière de la détester, elle est parfaite.

    Surtout qu'elle accorde tellement d'importance au savoir justement, elle n'a pas d'outils contre elle, oui.

    Oui. Quelque part, il y a aussi les canons des relations amoureuses, qui sont un peu triturées là-dedans, ce qu'on dit au fond, le modèle. Et c'est ça où finalement, on se dit : "C'est un personnage libre, de femme libre". Oui. Eh bien moi je ne sais pas si c'est un personnage de femme libre, plus que c'est un personnage de femme juste. Oui. C'est-à-dire que c'est juste qu'il est semble libre, parce qu'on le voit très rarement au cinéma, alors que… C'est surtout une vision moderne de ce qu'une femme est au cinéma.

    Oui, oui. Mais une vision où elle se dit : "On a le droit d'être ce que l'on est ou vivre de la façon dont on a envie de vivre". Eh bien en tous les cas elle apprend, au contact des autres. J'ai l'impression que c'est à force de s'ouvrir vers les autres, qu'elle apprend qu'elle sera libre là-dedans, en fait.

    Moi je trouve que c'est un film qui parle de devenir adulte aussi. S'attacher comme ça à la relation avec son frère, c'est s'attacher à l'enfance aussi, c'est ne pas vouloir évoluer, c'est vouloir garder ses acquis. Mais pour se transformer dans la vie, il faut laisser aller certaines relations,  laisser les choses se transformer. Donc c'est l'idée de devenir adulte, en 2018/2019.

    Oui, oui, l'apprentissage, l'injonction de dire : "Voilà, il faut vieillir, il faut faire comme les autres".

    Oui, puis c'est un portrait aussi générationnel. C'est-à-dire que le côté adulescent, on l'a repoussé aujourd'hui. Avant, on était adolescent jusqu'à 30 ans, dans les années 90, maintenant on est adolescent jusqu'à 40 ans, donc c'est un portrait d'une génération aussi. Oui, oui. Ça, c'est intéressant de montrer ça, d'aller filmer ça, Monia ? Eh bien en fait ce qui est intéressant, c'est que du point de vue féminin aussi, c'est que repousser l'âge adulte, c'est aussi une position féministe en fait, que les femmes repoussent l'âge d'avoir des enfants, de faire des enfants. Elles repoussent donc aussi d'être en couple, de s'installer, donc cette liberté-là, elle la garde aussi. Donc c'est ça aussi, ça part de là aussi. Oui et les personnages sont tous formidables. C'était un bonheur Anne-Élisabeth, d'être là ? Oui, eh bien c'est un bonheur de tourner avec Patrick Hivon, que je connaissais très peu. Et puis très rapidement, on a eu une complicité incroyable, une fraternité super forte, il est tellement sportif sur le plateau, il est tellement aimant et généreux. Donc oui, c'était un plaisir de se renvoyer la balle, parce que oui, il y a beaucoup de texte, il y avait beaucoup d'échanges verbeux. Puis ça prenait quelqu'un avec qui il y avait de la connivence, j'étais chanceuse, j'étais bien (pérenne), oui.

    Sur cette balance entre le rire, le sourire, l'émotion et on passe très vite de l'un à l'autre.

    Oui oui oui. Il y a une profondeur dans cette comédie-là, ce n'est pas seulement une franche comédie, c'est plus complexe que ça.

    Mais dans la comédie, on est toujours près du drame, ça va ensemble.

    Oui, ravi de vous avoir trouvées voilà, événement ici, au Festival de Cannes Monia, Anne-Élisabeth, merci. Merci. Merci. Merci beaucoup.

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    00:08:30
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