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  • L'invité

    Omar Sy (1/2)

    Invité : Omar Sy, acteur français (1re partie).

    L'acteur de tous les records, l'une des personnalités françaises les plus populaires, retourne à ses racines africaines avec un film événement « Yao ». Un projet dans lequel Omar Sy s'est investi corps et âme et qu'il est allé présenter au Sénégal, sur les lieux du tournage. « Yao » raconte l'Afrique à travers la rencontre de son personnage avec un jeune Sénégalais qui va bouleverser sa vie et sa vision du monde.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Omar Sy. Bonjour. C'est un grand plaisir de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde, vous qui avez triomphé dans le monde entier, vous qui êtes une star, vous qui êtes le Français préféré selon tous les sondages, dans ce film "Yao", étonnant, j'allais dire, vous revenez à la source de ce que vous êtes au fond, c'est-à-dire à la source africaine.

    Oui, c'est un peu ça. C'est vrai que c'est un film qui compte beaucoup pour moi parce que justement, c'est la première fois qu (...)

    Bonjour Omar Sy. Bonjour. C'est un grand plaisir de vous accueillir sur le plateau de TV5 Monde, vous qui avez triomphé dans le monde entier, vous qui êtes une star, vous qui êtes le Français préféré selon tous les sondages, dans ce film "Yao", étonnant, j'allais dire, vous revenez à la source de ce que vous êtes au fond, c'est-à-dire à la source africaine.

    Oui, c'est un peu ça. C'est vrai que c'est un film qui compte beaucoup pour moi parce que justement, c'est la première fois que je tourne au Sénégal. Et puis, il y a aussi surtout le sujet du film, c'est-à-dire le retour aux sources, le rapport à la paternité ; qui on peut être comme père, qui est notre père, qu'est-ce qu'on laisse, qu'est-ce qu'on retient, en fait toutes ces choses-là ce sont des valeurs importantes qui me tiennent à cœur et donc Philippe Godeau en parle très très bien dans ce film donc c'était un peu logique de le suivre là-dedans et de l'accompagner, de faire ça avec lui.

    Oui, vous dites : "J'avais 40 ans, j'ai 40 ans et je me suis dit c'est le bon moment pour faire ce film-là." Oui, c'est vrai, c'est vrai, le film, on en parle avec Philippe depuis presque six ans maintenant et il se trouve que la vie a fait qu'on l'a tourné cette année donc l'année de mes 40 ans et ça tombe très bien, ça tombe très bien parce que je crois que c'est le bon moment pour jouer ce que j'avais à jouer, pour aujourd'hui vous en parler, je pense que c'était le bon moment.

    Oui, dire : "J'ai recolorié mes souvenirs d'enfance", c'est vrai ? 

    Oui, complètement, parce que quand les souvenirs, ils sont quelque part dans nos têtes et puis au fur et à mesure du temps, ça se déteint, ça se floute un petit peu, donc de retourner là aussi longtemps parce que ça fait longtemps que je n'ai pas passé autant de temps au Sénégal. Quand j'y allais, même si ça fait un petit moment que je n'étais pas allé, mais quand j'y allais, j'y restais une semaine, deux semaines maximum. Là on est resté deux mois et puis j'ai voyagé dans le pays comme je n'avais pas fait depuis très très longtemps donc ça m'a permis, moi, oui, de colorier mes souvenirs d'enfance, ça s'est reprécisé, on va dire. On va reparler de ce voyage incroyable, de ces rencontres incroyables à Saint-Louis, à Dakar, partout. Oui. Et puis c'est Yao, petit enfant joué par Lionel Bass, et il est Yao et il va rencontrer un personnage qui est un acteur connu, qui revient au Sénégal pour signer un livre.

    C'est ça. Au départ, le personnage de Seydou Tall qui est un acteur, qui a écrit un bouquin, il va au Sénégal, lui, pour passer deux jours de vacances avec son fils aux frais de la princesse, mais ça ne va pas se passer vraiment comme ça. Il se trouve que déjà son fils ne vient pas et puis lui, il va faire la rencontre de ce jeune Yao, qu'il ne va pas rencontrer par hasard. C'est que Yao fait 300 kilomètres pour le rencontrer parce que c'est son idole et qu'il a envie d'échanger avec lui. Et c'est ça qui va toucher Seydou. Et puis il va décider de le raccompagner chez lui, c'est là ou ce voyage va commencer.

    Oui, un curieux voyage, peut-être vers ses propres racines. Regardez, c'est "Yao" de Philippe Godeau. "Monsieur Tall, une signature s'il vous plaît. Mon nom c'est Yao. Tu viens d'où ? Kanel, Monsieur Tall. Je ne suis parti tout seul. C'est où ? 387 kilomètres. Tout seul ? Et comment tu vas rentrer ? Je ne sais pas, Monsieur Tall. Elle s'appelle comment, ta ville, déjà ? Kanel, Monsieur Tall. Je t'emmène. Dis-moi, patron, elle est où, la terre de tes ancêtres ?   Aucune idée. Ce n'est pas grave, on va trouver. Non non, j'ai un avion demain soir, moi. Il est où ? D'abord on va manger.  Mais non, je t'ai dit, moi je dois être à Dakar demain soir, j'ai un avion. Ça ne se fait pas. C'est lui qui nous a plantés, tu as bien vu. Oui, mais j'avais fait à manger, ça ne se fait pas. Allez, mets ta ceinture. Il n'y en a pas." C'est beau, c'est touchant, c'est ce petit gosse qui va l'entraîner finalement vers une rencontre vers ses propres racines.

    Oui, en fait c'est qu'il se trouve qu'il décide, lui, de raccompagner ce petit parce que justement, il y a peut- être une fibre paternelle où il se dit : "Je ne veux pas laisser ce môme rentrer seul." Et puis finalement, c'est le petit qui va le raccompagner : là où il ne s'attend pas du tout, c'est que le petit va le raccompagner vers ce qu'il cherche, c'est-à-dire ses origines, ses racines, peut-être son père ou il y a peut être quelque chose d'énigmatique au sujet de l'histoire de sa famille. Et le petit, finalement, il va le reconduire là dedans, il va tout simplement lui présenter le Sénégal qu'il ne connaît pas du tout. Oui, c'est en fait, au lieu finalement de reconduire le gosse, c'est lui qui est conduit quelque part. C'est lui qui est reconduit, oui, vers, on va dire vers sa source, oui, vers ses racines. Oui, des racines fortes, des racines qui parlent, on disait, de paternité, qui parlent des ancêtres, de prières et de foi aussi.

    Oui oui, il y a tout ça dans le film, on parle beaucoup de spiritualité, oui parce qu'on essaie de raconter le Sénégal. Et il y a ça au Sénégal. Chaque individu a une foi et peu importe la croyance, mais il y a cette chose qui est au-dessus de tout le monde et tout le monde est en accord là-dessus et ça se sent quand on parle avec les gens, dans les phrases qu'ils peuvent nous dire, dans leur philosophie, et même dans la sonorité de la ville, on entend des sonorités, donc c'est ancré dans la culture donc on ne pouvait pas faire un film au Sénégal sans évoquer ça.

    Oui, une comédienne, c'est Germaine Acogny. Et alors il y a des chorégraphies, il y a presque des prières, il y a des danses devant ce fleuve. Oui. Qui vous touchent d'ailleurs, Omar. Oui oui, ça me touche particulièrement parce que justement, on parle de ça, on parle de la spiritualité, la croyance en l'invisible et ça, ça existe en Afrique avant même toutes les religions monothéistes qui sont arrivées, il y avait cette foi animiste en Afrique et particulièrement au Sénégal, et c'est encore là dans la culture et donc Germaine, la comédienne qui joue Tanam, elle nous a offert, on va dire une prière, au film, mais aussi à Omar en tant qu'homme et donc dans cette scène, il y a un petit peu deux choses et oui, c'est très touchant. Et puis je trouve que c'est un moment du film où le personnage finalement, ça y est, c'est comme s'il y avait… les deux parties de Seydou se rejoignaient à ce moment-là, quoi, c'est vraiment on arrive où c'est la rencontre avec lui-même, je trouve que c'est un moment assez fort et je trouve que c'est ce qui rend ce film assez beau.

    Ouais ouais, parce que (c'est aussi) très personnel aussi parce que l'autre côté du fleuve, il y a la Mauritanie. Oui. Il y a évidemment le pays de votre maman.

    Oui oui, c'est vrai. Mais là ce n'était pas vraiment le cas, mais en tout cas, à Podor oui effectivement, il y a un moment dans le film où on est au Sénégal et à 160 mètres sur l'autre rive, c'est la Mauritanie, oui, et donc c'est le fleuve qui sépare mon père et ma mère.

    Oui. C'est un fleuve qui parle de liens, qui parle, on le disait, d'origine, qui parle de la différence finalement de cette rencontre, parce qu'en fait, le personnage que vous interprétez, c'est un peu le Blanc qui revient quelque part. Complètement, complètement. Il faut savoir qu'on a beau être d'origine sénégalaise, si on n'est pas allé au Sénégal, c'est compliqué, c'est compliqué de s'y retrouver et d'avoir des repères et de comprendre, si on n'a pas un minimum de repères donnés par nos parents. C'est compliqué, alors ce n'est pas mon cas, mais je sais que pour pas mal de mes potes, c'était le cas, et je suis très content de faire ce film-là parce que je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui vont se retrouver là-dedans. Et même pour ma part, même si j'ai passé beaucoup de temps au Sénégal, je n'y suis pas allé assez souvent pour être là-bas et ne pas être vu comme un Blanc. D'ailleurs le personnage, le petit gosse dit : "t'es un bounty !". Oui c'est ça, "t'es un bounty", ça veut dire noir à l'extérieur et blanc à l'intérieur donc on n'échappe pas à ça et pour tous les enfants qui sont issus de l'immigration, on a ce problème, c'est-à-dire qu'on n’est pas vus complètement français en France, mais il ne faut pas croire, quand on rentre dans le pays d'origine, on n'est pas vus complètement de cette origine-là non plus. Donc finalement, on a deux choix qui se présentent à nous, c'est ou on n'est chez nous nulle part ou on est chez nous partout et c'est à nous de faire ce choix. Mais finalement alors, on n'est nulle part chez soi ? Mais on a le choix, c'est soit on décide de ça, soit on décide aussi de l'inverse, c'est-à-dire qu'on est chez nous partout. En tout cas, il y a un endroit qui est garanti, c'est l'avion. Oui c'est vrai. Oui dans l'avion, au moins on est chez nous.  Merci Omar Sy, on se retrouve demain pour la suite de l'aventure de ce film Yao. À demain.

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    00:08:35
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