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  • L'invité

    Guillermo Del Toro

    Invité : Guillermo Del Toro, réalisateur et producteur mexicain.

    Il est Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur pour « La Forme de l'eau ». Le réalisateur mexicain de « Pacific Rim » et du film « Le Labyrinthe de Pan » était l'invité d'honneur du Festival international du film de Marrakech. Une leçon de cinéma avec l'un des maîtres du 7e art. 

    Présentation : Patrick Simonin. Une émission enregistrée au Festival international du film de Marrakech.

    Transcription

    Guillermo del Toro, Oscar 2018 du meilleur film est du meilleur réalisateur, La forme de l'eau. Bonjour Guillermo, on est ravi de se retrouver ici où vous allez rencontrer le public, le public qui aime vos films. Vous l'avez dit un jour, vous parlez un peu français d'ailleurs, vous êtes amoureux des monstres. Oui, j'aime les monstres beaucoup. Incroyable. C'est très fou. Vos films sont fous parce qu'on a l'impression que les monstres sont plus humains que les hommes.  Je pense qu'ils le sont. Je (...)

    Guillermo del Toro, Oscar 2018 du meilleur film est du meilleur réalisateur, La forme de l'eau. Bonjour Guillermo, on est ravi de se retrouver ici où vous allez rencontrer le public, le public qui aime vos films. Vous l'avez dit un jour, vous parlez un peu français d'ailleurs, vous êtes amoureux des monstres. Oui, j'aime les monstres beaucoup. Incroyable. C'est très fou. Vos films sont fous parce qu'on a l'impression que les monstres sont plus humains que les hommes.  Je pense qu'ils le sont. Je pense que les monstres représentent deux possibilités. Ça dépend de votre idéologie. Les monstres peuvent représenter l'autre en tant que différence, l'autre en tant que quelque chose de vrai que l'on doit embrasser pour (inaudlble) soi-même. Je reconnais ma faillibilité dans les monstres. Je crois que les monstres nous disent que ça va, c'est bien d'être imparfait et d'être vivant. C'est ce que nous sommes. On devrait nous donner la permission d'être des monstres et ne pas tenter de les nier. Il y a une loi en métaphysique qui dit que plus vous tentez de le cacher et plus cela ressort. Si vous êtes un monstre et que vous le reconnaissez, que vous reconnaissez votre imperfection, c'est très libérateur. On a envie d'embrasser votre monstre aquatique dans la forme de l'eau. Regardez  The Shape of Water, extrait de la bande-annonce, Guillermo del Toro.

    Si je vous parlais d'elle, la princesse sans voix. Que vous dirais-je ? Je refuse qu'une chose aussi belle et complexe soit détruite. On ne peut rien faire, je suis désolé. Ne fais pas ça. Dites-moi ce que je viens de dire.

    Ne fais pas ça.

    Ce n'est même pas humain. Et cette cérémonie des Oscars, Guillermo, ça a été extraordinaire pour ce film, cette récompense. Vous avez dit au public des Oscars, ce film montre à ceux qui ont envie de faire des films fantastiques, que la porte est ouverte, qu'ils peuvent entrer à l'intérieur grâce à cet Oscar.  Oui parce que mon genre favori d'ordinaire, c'est le fantastique, mais j'y pense comme étant un conte de fées. C'est très différent. Je ne considère pas un film d'horreur ou de robot géant comme un film de science-fiction ou un film d'horreur, je le considère comme étant un conte de fées. J'essaie de raconter des contes de fées à travers des genres différents, mais le fantastique, d'ordinaire, est considéré comme un genre mineur. D'autres genres mineurs dans l'histoire du cinéma ont été élevés comme le film noir et les comédies musicales. Les films d'horreur et fantastiques ont été considérés avec dédain jusqu'à récemment. Je crois que c'est une partie de cette vague, c'est La forme de l'eau, beaucoup de films sont en train de changer la façon dont le fantastique est perçu. Je suis très content d'avoir vu cela. Je le dis pour une époque aussi horrible que maintenant, l'horreur, ça va très bien pour parler de la politique et du genre d'humanité et de ce que nous traversons en ce moment.

    Quand on pense à La forme de l'eau, on pense à la guerre froide parce qu'il y a ce monde politique derrière. Dans Pacific Rim qui était un peu une adaptation des Godzilla japonais, il y a aussi la guerre des hommes. Les monstres incarnent finalement les affres de l'espèce humaine.

    Parfois, pour moi,  les monstres dans Pacific Rim représentent le colonialisme. C'est très différent pour moi. Je crois que c'est la première fois que je vais le dire. Pour moi, si on regarde le film, ils disent que ces monstres sont contrôlés par une race qui veut conquérir plus et plus et plus. Ils détruisent les planètes et en cherchent de nouvelles. C'est le symbole. Les monstres signifient beaucoup de choses selon l'endroit d'où vous êtes. Le monstre, dans La forme de l'eau, représente l'autre, une personne différente de vous mais que vous pouvez apprendre à aimer. C'est une fable très, très simple. C'est une fable qui peut ressembler à un conte de fées très simple, mais comme les Beatles, Bouddha et le Christ l'ont dit, tout ce dont on a besoin, c'est de l'amour. Dans le film, on tente de dire d'aimer l'autre, et dans le cas de film, ce symbolisme change. Ça dépend de quel film on parle comme dans (inaudible), le contraste entre la monstruosité des fascistes contre la monstruosité du monde fantastique. C'est important pour cette fable. Chaque film a un poids différent pour le monstre.

    Vous avez été l'élève de Dick Smith. Vous avez fait les maquillages de Little Big Man ou de L'Exorciste, mythique. Ces maquillages, cette mise en scène, vous adorez ça. Vous avez toujours adoré ça ? J'ai toujours illustré, j'ai toujours sculpté quand j'étais enfant. Les effets spéciaux n'existaient pas au Mexique. J'en avais besoin pour mon premier film Chronos. J'ai décidé d'étudier et de commencer d'établir une société d'effets spéciaux, de faire Chronos et de fermer la société. C'est ce que j'ai fait. J'étais un bon sculpteur, un bon peintre, mais je suis devenu meilleur sculpteur et meilleur peintre. J'ai fait mon film et j'ai fermé l'entreprise, mais ça m'a permis de créer des monstres de façon vraiment très dramatiques. Je suis différent d'autres réalisateurs. J'ai la discipline de savoir comment c'est fait. J'ai fait de l'animation. J'ai fait des effets optiques et tout cela. Ma façon d'aborder les monstres est très détaillée. Ce qui est incroyable, c'est votre liberté. Vous écrivez des romans, vous adaptez vos romans au cinéma, vous avez fait du dessin animé. Vous avez des rêves absolus. Vous rêveriez de faire Frankenstein, Pinocchio.  Vous avez des rêves comme ça, Guillermo. Seulement une seule fois, en 1997, avec un film qui s'appelait Mimic. C'est la seule fois où j'étais en contradiction avec un studio. C'était Miramax de Weinstein. C'était très difficile de faire ce film. Dans mon cas, c'était Bob Weinstein. C'est la seule fois. Après ça, j'ai appris qu'il était très important de défendre sa liberté. Je travaille sur des films depuis 27 ans plus ou moins. J'ai fait dix films, il a donc deux ans, deux ans et demi entre chaque film. J'aurais pu en faire plus, mais je n'ai jamais accepté de compromettre ma liberté.  Merci beaucoup. Merci à vous. Merci Guillermo. Avec plaisir. Merci de parler français. Une bière, s'il vous plaît, l'addition. On va l'amener tout de suite, la bière et l'addition pour Guillermo del Toro. Pomme-frites. Et l'Oscar, il est où, l'Oscar. On n'a pas amené l'Oscar. Merci Guillermo. Merci.

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    00:08:07
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