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  • L'invité

    Hommage à Dick Rivers



    TV5MONDE rend hommage à Dick Rivers, décédé à l'âge de 74 ans, en rediffusant l'entretien qu'il avait accordé à Patrick Simonin en 2018 dans « L'Invité ». Icône du rock à la française, il était venu présenter une anthologie de ses plus grands succès.

    Présentation : Patrick Simonin.


    Transcription

    Il est la passion du rock'n roll. Dick Rivers, c'est le rock'n roll à la française.

    L'un de ceux qui ont fait le rock en France, Dick, depuis 55 ans. Je dis 55 parce que c'est le titre d'une compilation étonnante : "5/5".

    Oui, 5 sur 5. Comment vous me recevez ? Cinq sur cinq !  On a toujours reçu le rock cinq sur cinq. C'est la passion de gamin grandi à Nice, qui a rêvé un jour de faire du rock ?

    Absolument. C'est une question de génération. Je veux dire (...)

    Il est la passion du rock'n roll. Dick Rivers, c'est le rock'n roll à la française.

    L'un de ceux qui ont fait le rock en France, Dick, depuis 55 ans. Je dis 55 parce que c'est le titre d'une compilation étonnante : "5/5".

    Oui, 5 sur 5. Comment vous me recevez ? Cinq sur cinq !  On a toujours reçu le rock cinq sur cinq. C'est la passion de gamin grandi à Nice, qui a rêvé un jour de faire du rock ?

    Absolument. C'est une question de génération. Je veux dire par là que… Moi, parce que j'étais à Nice. Mais tu en avais qui étaient à Paris. Alain Bashung était du côté de Strasbourg. Gérard Depardieu était à Châteauroux. C'est un phénomène national, avec le petit retard qu'on avait toujours les, deux, trois ans qu'on avait sur les États-Unis. Sans se poser de questions. Allez, on va faire du rock'n roll. Je vous propose de passer un moment ensemble avec Dick Rivers qu'on adore : "Faire un pont", Dick sur scène. De ton visage, à mon village Y'a cette rivère qui coule toute l'année, entre tes yeux et les miens qui pleurent, Y'a ce fleuve qui s'amuse à nous séparer. Faire un pont pour de bon, lui donner…

    Et ça, c'est le Bayou, "Faire un pont" ? Oui, c'est enregistré à Bogalusa en Louisiane. Ce qui est incroyable, c'est la diversité des chansons, Dick Rivers. On parlait du rock, mais il y a le blues, il y a toutes les racines de la musique américaine. Oui, la musique américaine.

    Mais j'ai eu la chance, comme beaucoup de mes… enfin, beaucoup non, comme ceux dont je parlais tout à l'heure, que ça soit Gérard Depardieu, que ça soit Alain Bashung, etc. J'ai eu la chance de côtoyer très, très jeune des Américains. Il y avait une base à Nice. À Villefranche-sur-Mer, il y avait une base. Il y avait la Navy américaine. Il y avait des porte-avions, il y avait les destroyers. Et donc, aussi loin que ma mémoire remonte, j'ai toujours fréquenté des Américains. Quand on était tout petits, ils nous donnaient des chewing-gums. Adolescent, ils nous donnaient des cigarettes. Ils étaient toujours là. Et ils se sont toujours déplacés avec leur culture, si on peut appeler ça une culture.

    Ça relève du rêve américain. Il va d'ailleurs vous amener à voyager aux États-Unis. C'est vrai qu'un jour, vous croisez votre idole, Elvis Presley, dans un ascenseur ?

    Pas dans un ascenseur, dans les coulisses, ce qu'on appelle le backstage, c'est-à-dire dans les coulisses de l'International Hotel à Las Vegas. Et pourquoi l'ascenseur ? C'est tout simplement parce qu'il y a une sorte de couloir. Et lui ne se préparait pas dans sa suite, en haut de l'hôtel, il se préparait dans la loge avec ses musiciens, et tout ça. À chaque fois, il descendait par l'ascenseur. Et moi j'étais tout content. Et les photos, qui ont été faites, ont été faites devant cet ascenseur. Mais sinon, on a parlé pendant trois, quatre, cinq minutes, ça me semblait… C'était Dieu revenu sur Terre, pour vous ? Absolument, Dieu sur terre.

    C'est vrai ? En plus, c'est une époque où il était merveilleusement beau. 1969, c'était juste après le NBC-TV Special : le fameux truc où il est en cuir noir, où il revient sur scène. Il y a eu deux périodes magiques, à mon avis, pour Elvis ; physiquement, vocalement ça a toujours été formidable. Vocalement et physiquement, c'était 1954 jusqu'à l'armée, lorsqu'il partait à l'armée. Et après cette période-là, 1968-70. Donc vous, c'est le rêve. Écoutez c'est cette chanson-là, par exemple, qui marque le rêve de ces gamins. Vous nous parliez de "Nice Baie des Anges", mais le rêve de faire un groupe de rock à 17 ans. C'était quel âge quand vous chantez ça ? Ce qu'on entend, écoutez.

    Ça fait partie de l'ambiance de Saint-Tropez C'est là que commencent toutes les danses Qu'on lance en France pour les vacances Twist… Vous aviez 17 ans ?

    15 ans. 15 ans !

    C'est dans le premier "25 cm" des Chats. J'avais 15 ans, 15 ans et demi, je ne sais pas  Les Chats Sauvages. Ce qu'il y a de très drôle, ce n'est pas ça. Ce qu'il y a de très drôle, c'est que c'est une chanson qu'on a jamais chantée sur scène. Il a fallu que j'attende… les années 90, pour les chanter pour la première fois. Et cette chanson était une chanson… Il en manquait une pour le "25 cm". Et Jean-Paul Guiter, qui était notre directeur artistique, s'occupait de beaucoup de gens, et notamment de Martial Solal, le fameux pianiste de jazz. On dit : "Ce n'est pas du jazz, c'est du Solal." Et il lui a demandé s'il n'avait une chanson. Il a fait cette musique avec un texte de Hubert Ithier, je crois. Et ils me l'ont donnée comme ça. Moi, je détestais le twist… On l'enregistrait presque… 

    Ce n'est vraiment du rock, du coup ? Non, pas du tout. Je n'aimais pas ce côté justement qui n'était pas rock. Si, en réalité, c'est parce que je trouvais que c'était du rock, qu'on appelait du twist tout simplement pour une question de danse.

    Ça va devenir un énorme succès. C'est ça qui est quand même chouette.

    Oui et non, mon cher Patrick. En réalité, cette chanson est un succès pas l'époque. Elle est devenue un succès après. Je ne sais pas comment je peux expliquer ça. Ce sont des groupes de rockabilly, des groupes internationaux, qui ont repris cette chanson, qu'ils trouvaient très rockabilly, et qu'ils ont qui l'ont popularisée. Du coup, les radios ont recommencé à passer ce… M ais Martial Solal me disait un jour que c'est la musique qui lui a le plus rapporté de toute sa carrière. Et vous devenez donc une légende du rock francophone.

    Voici l'album, la compil. C'est un double vinyle, puis un triple CD. Ça commence par "Baby John".

    Oui, c'est le premier titre que j'ai fait seul, en 1962.

    "Rien qu'en toi". Oui, c'est au début.

    "Va T'en, Va T'en", "Jerico", "Marilou", "Maman n'aime pas ma musique".  "Marilou", c'était avec Alain Bashung.

    "Maman n'aime pas ma musique", c'est vrai ?  Maman n'aimait pas la musique à la maison. Pas du tout. Ça a été un gros succès.

    Et puis, "Je continue mon rock'n'slow", "Roule pas sur le rivers", "Cinderella". Finalement, vous donnez tout au public sur scène, partout vous transpirez. C'est une vie de rock, tout le temps !

    Vous savez, moi je suis un éternel débutant. Le rock'n roll, c'est ça. C'est se remettre en question en permanence, c'est ne pas trop se prendre au sérieux. Voilà, quoi. C'est ce que j'essaye d'être et de faire, depuis très longtemps maintenant.

    On vous a reçu "5/5", Dick Rivers. Merci, Patrick.  Ça, c'est pour retrouver tous les titres, il y en a encore : "Le Montana", "Dans le ghetto". Et puis voilà, puis tous les autres, tout ce qu'on aime chez vous. Dick Rivers, 55 ans de musique. Et un peu plus. Merci. Salut, Patrick.

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    00:08:09
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