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  • L'invité

    Ismaël Emelien, David Amiel

    Invités : Ismaël Emelien, David Amiel, anciens conseillers du président Macron.

    Ismaël Emelien et David Amiel, anciens conseillers du président de la République, proches parmi les proches d'Emmanuel Macron, sont nos invités au lendemain de l'incendie qui a frappé Notre-Dame de Paris et contraint le président français à reporter ses annonces après la crise des gilets jaunes.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour David Amiel, vous avez 26 ans, vous avez coordonné l'élaboration et la rédaction du programme d'Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle. Ismael Emilien, vous avez 32 ans. Vous avez été directeur de la stratégie de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Vous aviez été son conseiller spécial. Et vous, David Amiel, conseiller du président la République Emmanuel Macron. Ces images sont terribles, une cathédrale, et finalement le cœur de Paris qui flambe. Hier, Emmanuel M (...)

    Bonjour David Amiel, vous avez 26 ans, vous avez coordonné l'élaboration et la rédaction du programme d'Emmanuel Macron, candidat à l'élection présidentielle. Ismael Emilien, vous avez 32 ans. Vous avez été directeur de la stratégie de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Vous aviez été son conseiller spécial. Et vous, David Amiel, conseiller du président la République Emmanuel Macron. Ces images sont terribles, une cathédrale, et finalement le cœur de Paris qui flambe. Hier, Emmanuel Macron, que vous connaissez bien, s'est rendu immédiatement sur place. Vous qui le connaissez bien, quel a été le sentiment d'Emmanuel Macron à cet instant-là ? C'est une très grande gravité. Je crois qu'on mesure souvent la valeur de ce qu'on a au moment où on le perd. Là, je crois que les Français ont eu peur de perdre Notre-Dame. Heureusement, le pire n'est pas arrivé, c'est-à-dire que la cathédrale ne s'est pas écroulée. Et là, on a senti Emmanuel Macron très touché. Evidemment, comme l'ensemble des Français, au-delà même des Parisiens. Toute l'émotion qui a été ressentie hier soir, était évidemment aussi celle du président de la République.  Le président ressent quoi dans cet instant-là ? Il est croyant lui-même ? C'est quelque chose qui appartient à sa vie privée. Je crois que ce qu'il ressent, c'est la nécessité de reconstruire vite, de montrer qu'on n'est pas atteint par l'épreuve et que l'épreuve est faite pour être surmontée. 

    Il y a ces images et il y a une sorte d'union nationale dans cet instant-là, que le président ressent. Evidemment. Je pense que c'est un moment où on sent, plus encore peut-être que d'habitude, président de tous les Français. Il y a David Amiel à vos côtés. Vous connaissez bien Emmanuel Macron, vous aussi. Vous êtes très proches. Vous l'avez rejoint très tôt lorsqu'il était ministre déjà. C'est l'épreuve du pouvoir, un moment comme celui que nous aurons vécu hier soir.

    Très certainement. En tout cas, je pense que c'est un moment où le président de la République ressent comme tous les Français, c'est ce que disait Ismaël, mais peut-être encore plus parce qu'il incarne le pays dans ces moments-là, toute l'émotion collective. Je pense que ce qu'on voit, que ce qu'il dégage au-delà même de la question de la cathédrale, c'est le sentiment de fragilité de tout ce patrimoine, de toutes ces églises qui couvrent le pays, et bien au-delà de tous ces monuments qui nous raccrochent à notre histoire, dans ces moments-là, on sent toute la toute la fragilité. Je pense que c'est une chose bouleversante pour tous les Français, et a fortiori pour le président la République.

    Dans ces moments-là, on dit, c'est la France, et la France est unie derrière parce qu'il y a quelque chose qui dépasse tous les clivages. C'est important quand on incarne le pouvoir comme le président de la République, c'est le moment où la France est unie. C'est certainement très important. C'est là qu'on voit que le président de la République incarne non seulement tous les Français, mais toute l'histoire de France. Cette histoire dépasse de bien loin les catholiques, même si bien sûr il y a une émotion très spécifique des croyants face à l'incendie qui a ravagé la cathédrale, mais au fond, ça concerne tous les Français. C'est une histoire qui dépasse de très loin la République. La cathédrale date de l'époque de la royauté. On sent l'héritage de toute cette histoire de France qui se concentre à la fois dans ce monument et dans toute l'émotion collective qu'on vit tous.

    Il a lancé immédiatement une souscription nationale. C'était ça, la réponse, de dire, comme il l'a fait dès hier soir, nous allons reconstruire cette cathédrale. Je crois qu'il y a deux choses très importantes dans cette décision, d'abord de montrer que l'épreuve est surmontable, et ensuite d'offrir, à chaque Français qui le désire, un moyen d'agir. Chacun va pouvoir contribuer à hauteur de ses moyens, à hauteur de son émotion, à hauteur de l'envie qu'il éprouve ou pas de participer à la reconstruction de ce monument national, à la reconstruction de Notre-Dame.

    Il y a un instant très fort, politique, une trêve, la campagne électorale pour les Européennes qui s'arrête. C'est normal ça ? Je crois que c'est normal. Quand le pays est frappé par une épreuve et qu'il y a une émotion comme celle qu'on a vécue hier soir, comme celle qu'on ressent encore aujourd'hui, c'est normal que la politique se mette à l'unisson du pays et pas l'inverse. Ça pourrait être une trêve. Le président devait intervenir hier soir pour présenter sa réponse à la crise des Gilets jaunes. Elle va être reportée, cette réponse, on ne sait pas encore quand. Vous savez quand il va s'adresser au pays. C'est lui qui le dira. Il va le faire rapidement ? Oui, bien sûr. Vous avez toujours des contacts très réguliers avec le Président. Vous continuez de le conseiller. Oui, on continue d'échanger. Il est dans quel état d'esprit, le président, en ce moment ? Il est extrêmement concentré. Il était très concentré sur la réponse à apporter aux problèmes qui ont été soulevés dans le cadre du Grand débat, et la réponse à apporter à cette nouvelle épreuve qui a frappé notre pays, hier soir. Dans ce livre qui s'appelle Le Progrès ne tombe pas du ciel, vous montrez deux France qu'on a bien vu dans la crise des Gilets jaunes, une France des centres-villes, une France privilégiée, une France urbaine, une France à proximité du travail, de l'économie et de ce qui avance, et une autre France, celle des ronds-points, une France déclassée, une France qui a le sentiment d'être oubliée du reste. C'est quelque chose que vous n'aviez pas forcément vu pendant les deux ans d'exercice du pouvoir où vous étiez auprès du président.

    Je crois qu'on l'a vu. D'ailleurs, je prends un exemple, c'est la question centrale de l'opposition entre ces deux France, la question géographique. On voit bien qu'il y a des gens qui habitent, si on caricature un peu, plus près des ronds-points que des centres-villes, c'est cette France-là qui s'est beaucoup mobilisée autour des Gilets jaunes parce que toutes les opportunités se concentrent dans quelques métropoles au détriment du reste du pays. Pendant la campagne, c'est quelque chose que l'on avait vu et que l'on a mis au centre du débat avec une seule mesure, qui était la mesure la plus importante en termes budgétaires du programme, c'était la réforme la taxe d'habitation. On faisait une baisse d'impôts non pas en fonction de la catégorie sociale, mais en fonction de là où on habitait parce qu'on paye la taxe d'habitation beaucoup plus dans les petites villes qu'à Paris. Quand on supprime la taxe d'habitation, on rend beaucoup d'argent aux gens qui habitent près des ronds-points et beaucoup moins à ceux qui habitent sur les centres-villes. C'est quelque chose qu'on a vu. Par contre, on n'a pas, pendant les deux ans, répondu assez vite et assez fort. C'est une société de frustration, vous l'aviez senti ? Oui, on l'a senti. C'est pour ça qu'on avait fait avec En marche, avant même la campagne, une grande campagne de porte-à-porte dans tout le pays, pour prendre le pouls du pays et voir la France par les yeux des Français. Ce qu'on a senti, c'est ce qu'on explique dans ce livre,  c'est qu'une très grande partie de nos concitoyens sont dans des situations où ils sont confrontés d'une part à une injonction qui est de leur dire, si tu veux, tu peux. On est en France, l'école est gratuite. C'est un peu ce que disait le président. Il suffit de traverser la rue pour trouver du travail. C'est un peu différent parce qu'il parlait à un jeune homme, c'était la fin de la discussion qui a duré longtemps, qui cherchait du travail dans un secteur particulier qui embauche, qui avait envie de travailler, valide, qui avait un diplôme. Il a dit, dans ta situation, compte-tenu des qualités que tu présentes, je suis certain que tu peux trouver un emploi. D'ailleurs, beaucoup d'emplois ont été proposés à ce jeune homme après. D'une part, on dit aux gens si vous pouvez, vous pouvez, mais la réalité, c'est qu'ils ne peuvent pas parce que quand on n'a pas le bon prénom, quand on n'a pas le bon diplôme, qu'on n'habite pas au bon endroit, qu'on n'est pas né dans la bonne famille, en réalité, il y a beaucoup de choses qui ne sont pas faciles. Il a fallu la crise des Gilets jaunes pour que le président de la République le comprenne. Vous le pensez, David Amiel.

    Ah non, pas du tout. On en revient sur le diagnostic. Je pense qu'on avait quelque chose de très proche de ce que les Gilets jaunes ont exprimé. Ensuite, la question qui se pose à nous tous collectivement, c'est de se demander ce qu'on a raté dans les deux ans, entre précisément cette phase de diagnostic et le fait que deux ans plus tard, les gens disent la même chose ou des choses similaires à ce qu'on disait pendant la campagne. On nous a souvent reproché, depuis deux ans, de n'avoir pas su suffisamment expliquer, de n'avoir pas su si bien dire qui on était, ce qu'on voulait faire et pour qui on voulait le faire. C'est tout l'objet de ce livre que d'expliquer le plus simplement possible et le plus clairement possible, ce qu'est le progressisme, ce qu'il propose et comment il compte le faire. Ça veut dire qu'Emmanuel Macron joue une éventuelle réélection. Je pense que la question se pose pas du tout aujourd'hui. On n'est même pas à la moitié du mandat. C'est bien de mal connaître Emmanuel Macron que d'imaginer qu'il ne va pas consacrer chaque seconde de chaque journée de son mandat à l'accomplissement de son action,  avant de penser à quoi que ce soit d'autre. Il est déterminé. Il l'est toujours et plus que jamais. Bien sûr, c'est ce qu'on disait. D'ailleurs, les deux vont ensemble, c'est parce qu'il est déterminé qu'il prend chaque jour à bras-le-corps.

    Merci beaucoup David Amiel et Ismaël Emelien d'avoir été nos invités. Merci à vous.  Ça s'appelle Le Progrès ne tombe pas du ciel, votre manifeste publié chez Fayard. Merci d'être venu dans ce contexte de cette actualité exceptionnelle. Merci à tous les deux. Merci beaucoup. Merci.

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    00:07:57
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