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  • L'invité

    Thierry Frémaux, Enki Bilal

    Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, et Enki Bilal, maître de la bande dessinée et membre du jury cette année, sont nos invités alors que s'ouvre la 72e édition du festival de Cannes.

    Présentation : Patrick Simonin. Depuis le festival de Cannes.


    Transcription

    Agnès Varda, à l'affiche officielle du 72e Festival de Cannes, dont on déroule, en ce moment même derrière moi, le tapis rouge pour accueillir toutes les stars, tous les cinémas du monde, et notamment le cinéma francophone. Il y aura bien évidemment Xavier Dolan pour le Québec, les frères Dardenne pour la Belgique, mais aussi Mati Diop qui représentera la France et le Sénégal. Film soutenus par TV5 Monde, en compétition pour la Palme d'Or. Et également, ce soir, Hollywood qui se donne rendez-vou (...)

    Agnès Varda, à l'affiche officielle du 72e Festival de Cannes, dont on déroule, en ce moment même derrière moi, le tapis rouge pour accueillir toutes les stars, tous les cinémas du monde, et notamment le cinéma francophone. Il y aura bien évidemment Xavier Dolan pour le Québec, les frères Dardenne pour la Belgique, mais aussi Mati Diop qui représentera la France et le Sénégal. Film soutenus par TV5 Monde, en compétition pour la Palme d'Or. Et également, ce soir, Hollywood qui se donne rendez-vous évidemment sur ce tapis rouge. C'est Jim Jarmusch pour le film d'ouverture "The Dead don't die". Dans cette ville paisible,

    dans ces rues tranquilles, une chose terrifiante, 

    une chose horrifique, va arriver.  Excusez-moi, c'est fermé. Aaah ! T'approches pas ! Ah, ah ! Aaaaaah !

    Qu'est0ce qui a fait ça ?  Une bête sauvage ? C'est épouvantable.

    Probablement la pire chose que j'ai vue. C'était quoi, plusieurs bêtes sauvages ?  Alors, tu penses à quoi ?

    Je pense à des zombies. Quoi ?

    Le tapis rouge est en train d'être déroulé ici, pour le 72e Festival du Film de Cannes, dont le délégué général Thierry Frémaux a annoncé une édition qui sera à la fois romantique et politique. C'est ce qu'il nous a expliqué. On le retrouve tout de suite.

    Vous avez dit qu'il y a une sorte de romantique cette année, et quelque part être romantique, c'est peut être révolutionnaire.

    Oui, on pourrait dire ça, qu'être romantique, en tout cas faire vœu de légèreté pour accompagner la gravité, c'est important aussi. On se rend compte de ça. Vous savez, les chants désespérés sont toujours les chants les plus beaux. Ce qui est souvent vrai, en art. Et en même temps, on va vivre tous ensemble une douzaine de jours. On ne peut pas non plus voir que les malheurs du monde. D'autant qu'il y a ce que nous montrons, mais aussi ce que nous avons vu. Et il y a vraiment beaucoup de films, qui sont les films sociaux, extrêmement difficiles parfois, mais on voit aussi des gens qui font vœu de comédie. Le film qui s'appelle "The Climb", qui est une histoire de deux copains, tout au long des décennies. C'est un premier film américain, c'est un film très drôle, très léger, qui fait vœu de fiction. Quand je disais romantique, c'est aussi romanesque. Le film qui est hors compétition, de Nicolas Bedos, par exemple, c'est un film qui fait vœu de romanesque, qui fait vœu de romantisme, qui fait vœu de continuons à écrire de la fiction, à créer des personnages. Parce que lui, c'est ça qu'il sait faire. Et puis, de l'autre côté, vous avez d'autres cinéastes qui, eux, font vœu de toujours aller à la marge de l'esthétique du cinéma, et de voir quelles en sont les possibilités d'en repousser les limites. C'est un peu tout ça. Et Cannes, il y aura de tout ça. Je le dis chaque année, mais peut-être cette année en particulier.  Agnès Varda symbolise un peu tout ça, elle qui est à l'affiche ?  Oui, Agnès était une… J'ai dit, lorsqu'on lui a fait un hommage, lors de son enterrement, qu'elle était à la fois Lumière et Méliès. C'était ça, elle est à la fois Lumière et Méliès. Elle était une magicienne, et elle était une réaliste. Elle faisait des films à elle complètement légers et fantaisistes. Et puis, elle a fait avant tout le monde, avec "Sans toit ni loi" et "Les Glaneurs et la Glaneuse", elle a mis le doigt sur des questions importantes. En artiste, le disant avant qu'elle ne se révèle importante pour la société. Et au fond, c'est ça, un artiste total.

    Le grand retour du cinéma africain, Mati Diop, en sélection officielle sénégalaise, jeune femme, c'est important aussi, ça ?

     Oui, c'est encore une fois Cannes qui prend acte de quelque chose qui nous saute aux yeux quand on fait la sélection. C'est parce que les films sont très beaux qu'ils méritent d'être en sélection. Et du coup, leur assemblage en effet permet de dire : "Il se passe quelque chose." J'évoquais, à travers la présence de Corneliu Porumboiu, la génération dorée du cinéma roumain. Peut- être qu'on peut s'attendre à une génération dorée du cinéma maghrébin, africain. Une réalisatrice sénégalaise en compétition ; une réalisatrice kényane, l'année dernière, en sélection officielle. Oui, ça bouge beaucoup là-bas, et on est heureux que le Festival de Cannes soit capable d'en rendre compte.

    Voilà, le tapis rouge est pratiquement déroulé maintenant. C'est parti pour la 72e édition du Festival de Cannes. Ce jury, présidé par le cinéaste mexicain, González Iñárritu, et dans lequel on retrouve notamment le maître de la bande dessinée, Enki Bilal ; lui, qui a déjà réalisé trois films et qui est tellement heureux d'être là. On l'a rencontré. 

    C'est un rêve, Enki Bilal, d'être membre du jury ? Un rêve, je… Non, non, quand ça vous tombe dessus, ça fait très plaisir. Oui, bien sûr. C'est une belle aventure. C'est un festival emblématique, c'est un festival exigeant. C'est le plus grand festival du monde de cinéma. Donc c'est forcément une… C'est presque un rêve de gosse parce que le cinéma, ça remonte à loin.

    Oui, mais j'ai joué dans un film, gamins. C'était un film muet, mais je jouais un dessinateur, Gamin, à l'âge de neuf ans. J'étais déjà du côté du dessin. Mais effectivement, le cinéma, c'est des choses qui m'accompagne depuis. Cette enfance belgradoise. Les enfants, il faut savoir à cette époque-là, sous Tito, il y avait énormément de spectacles pour les enfants, dans un théâtre, donc les écoles… Les classes allaient dans des théâtres pour enfants. Il y avait du cinéma pour les enfants. Bref, j'ai baigné là-dedans. J'ai découvert mes premiers westerns à Belgrade, quand j'étais gamin. Et ensuite, ça a continué en France, à Paris.

    Les premiers films qui marquent, c'était quoi par exemple ? 

    Le premier film qui m'a perturbé, parce que j'étais peut-être trop jeune pour le voir, c'était "Quand passent les cigognes", un film soviétique. Ma mère nous avait emmener voir ce film, mais elle s'était rendue compte que ce n'était pas tout à fait pour nous, ses enfants. Et après, je me souviens des westerns que j'allais voir à Belgrade, toujours en compagnie de ma mère. Et c'est là que j'ai rencontré, découvert John Wayne, Richard Widmark, Burt Lancaster, Kirk Douglas, tous les grands, grands, grands du cinéma américain, que j'ai ensuite continués à suivre en France.

    Quand on va monter les marches à Cannes, on se dit :"Ça y est, c'est la grande porte du rêve, de l'émotion, de tout ce qu'il peut y avoir derrière, du cinéma tout court" ? Il y a une émotion, bien sûr. Mais je ne suis pas… Je vais monter les marches en tant que juré, membre du jury, donc quelqu'un de très discret, quelqu'un de très concentré. Ce n'est pas du tout la même chose que de monter les marches lorsqu'on est porteur de son projet, de son film, le trac, la pression, etc. Là, il n'y a aucune pression quand on est juré. On s'imbibe de tout ça, du cinéma. On arrive dans une salle noire et on se dit que c'est comme à la première, fort, part faire quelque chose de neuf. Oui, la magie opère vraiment bien sûr. Être dans un événement, dans un lieu comme ça, ça prend une dimension forte. Je suis déjà allé à Cannes, bien sûr, mais pas dans ces conditions. Et ça prend une dimension marquante. Merci, Enki. Merci.

    Bon Cannes. Plus le droit de parler pendant dix jours. Non.  C'est la dernière fois qu'on… C'est la dernière, je ne vous connais plus. On ne se connait plus. On ne se connait plus.  Merci, Enik Bilal, membre de ce jury de ce festival de Cannes, présidé par Alejandro González Iñárritu.  Grand président et grand cinéaste. 

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