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  • L'invité

    Sarah Marquis



    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Sarah Marquis. Bonjour.

    "L'aventurière de l'année" sacrée par le magazine National Geographic et l'une de nos aventurières préférées, on va le dire. Vous quittez vos montagnes suisses régulièrement pour repartir à l'assaut des frissons que vous nous donnez. Vous nous racontez votre nouvelle aventure. On peut dire qu'en 25 ans vous avez quasiment traversé la terre entière à pied parce que c'est ça finalement que vous aimez, c'est ce contact avec la nature. 

    C'e (...)

    Bonjour Sarah Marquis. Bonjour.

    "L'aventurière de l'année" sacrée par le magazine National Geographic et l'une de nos aventurières préférées, on va le dire. Vous quittez vos montagnes suisses régulièrement pour repartir à l'assaut des frissons que vous nous donnez. Vous nous racontez votre nouvelle aventure. On peut dire qu'en 25 ans vous avez quasiment traversé la terre entière à pied parce que c'est ça finalement que vous aimez, c'est ce contact avec la nature. 

    C'est vraiment ça, c'est-à-dire dormir proche de la terre et puis faire un avec la nature. Et puis c'est justement pour ça que j'ai vraiment cette mission d'être l'ambassadrice de la Terre pour revenir et parler avec des mots très précis de ce qui est important pour moi, c'est-à-dire de parler de l'effort aussi mais surtout de parler de la nature et de la Terre qui nous est si précieuse aujourd'hui.

    Mais le danger est là et alors c'est une véritable aventure que vous racontez dans "J'ai réveillé le tigre" publié aux éditions Michel Lafon. Vous vous adressez à la mort. Vous dites à la mort : "arrête de me renifler l'arrière train, va voir ailleurs et un jour j'accepterai que tu viennes".

    C'est important parce que pour moi la mort c'est quelque chose… Je pensais avoir réglé mes petites histoires avec la mort. J'ai eu l'occasion de passer très proche de la mort au fil de ces 25 ans d'explorations par de par le monde. Mais cette fois-là justement, au milieu de cette forêt première en Tasmanie, lorsque ces grands arbres centenaires commençaient à tomber un peu partout, en sachant que je n'allais pas pouvoir prendre mes jambes à mon cou et partir en courant, parce que la végétation était trop dense, je ne vais pas pouvoir progresser dans cette végétation. Eh bien j'ai dû abandonner et dire : "stop, je ne suis pas d'accord avec ce concept". Et puis tout d'un coup elle s'est évaporée et l'affaire était réglée.

    On va découvrir dans ce livre ce qui vous arrive. On le voit bien, puisqu'on a la chance de vous avoir et le plaisir de vous avoir que vous êtes revenue vivante, ce qui est formidable. Regardez les images parce que dans cette jungle de Tasmanie, au sud de l'Australie, on peut trouver des serpents et là vous dites : "moi j'aime les serpents".

    Regardez on vous voit là.

    Ah oui ça c'était vraiment… Il m'a surpris, c'était en fin de journée et je cherchais un endroit pour camper. Et puis il m'a un petit peu surpris parce qu'il n'était pas très loin de moi. Et puis je regardais justement pas le sol mais je cherchais un endroit où les arbres étaient moins denses pour pouvoir poser mon camp. Et là j'ai dit : "j'avais l'intention de camper ici, mais je ne vais pas rester parce que les locaux ne sont pas conseillés."

    On en rit mais quand même, écoutez Sarah, vous vous dites : "les serpents je les adore". Vous adorez les perroquets, ça se comprend mieux parce qu'ils viennent le soir, vous avez des spectacles, la nature vous donne des choses merveilleuses. Mais finalement vous aimez les animaux et vous aimez, on va en parler dans quelques instants, même ce fameux tigre. On va raconter comment vous allez peut-être le croiser.

    Oui la nature est magique en fait. Tout ce qui se trouve, aussi bien les serpents, les araignées, les choses que l'on n'a pas l'habitude de voir ici plus facilement. Mais c'est tout des petits êtres qui (se lisent) qui ont une façon de vivre, ils ont des territoires. Et puis après moi j'arrive dans leur territoire et ma capacité avec les années s'est aiguisée. J'ai cette capacité de pouvoir lire justement ce qui se passe dans la nature. Tout est lié, le petit oiseau sur un arbre, le serpent en bas… Tout a un sens. Il faut juste lire la nature autrement, avec d'autres yeux.

    Vous dites, il y a beaucoup de philosophie dans ce livre, vous dites qu'au fond, ce qui compte c'est l'instant, le tout de suite. J'ai appris ça, vivre dans la seconde. La seconde est très importante. On ne s'en rend pas compte dans notre vie folle où il y a le stress, on a des obligations. Mais en fait chaque seconde qui s'écoule on ne va pas pouvoir la rattraper. C'est de ça dont il faut être très conscient dans notre vie, c'est-à-dire quand on a un espace, on ne connaît pas l'espace-temps disponible en fait, entre nous. On peut mourir demain. Sauf que notre société ne nous le met pas sous le nez, ce petit détail. Donc moi je reviens avec une connectivité face à la nature. Et puis il y a une espèce de dénuement, de vivre sans grand chose, dans des conditions un petit peu difficiles. Et puis à ce moment-là justement l'instant présent devient très important. Et puis cette conscience de la mort est là. Mais avec le côté positif.

    On va voir encore des images, vous filmez avec votre téléphone.  Oui. On va voir votre campement. Vous êtes seule au milieu, j'allais presque dire, de la brousse.

    C'est dense. C'est une forêt première, donc qui n'a pas été touchée par l'homme et puis là en l'occurrence je vois le soleil après des semaines et des semaines sans voir le soleil ni la lumière. Et j'arrive au bord d'une rivière et je découvre que cette rivière, je ne vais pas pouvoir la naviguer avec mon petit radeau, comme je l'avais prévu. Et je vais devoir continuer à marcher dans cette forêt d'une densité folle, à tel point que je ne fais que deux kilomètres par jour. Il y a une phrase extraordinaire dans le livre, vous dites, lorsque vous préparez vos expéditions, vous dites : " il y a l'animal en moi qui se réveille, le tigre qui se réveille". Il y a comme un besoin, il y a quand même quelque chose, vous dites qu'au fond, lorsque vous n'êtes pas dans cette situation-là vous n'êtes pas vous-même.

    Il y a une espèce d'anticipation et chaque fois que la destination vient à moi un petit peu mystérieusement, à l'intérieur je sens mon animal qui se réveille. Et là c'est foutu. Je ne peux plus rien faire. Il est réveillé et il va falloir commencer à préparer quelque chose, une expédition.

    Et les choses se mettent gentiment en place. Il faut du temps. Les choses prennent du temps. Ce n'est pas une décision qui se prend mentalement, c'est vraiment des signes que j'assemble, je teste, je vais sur place renifler un petit peu ce qui se passe, je reviens, je repars. 

    Alors il y a le moment le plus terrible peut-être, mais c'est moi qui le dis, parce que vraiment c'est drôle. C'est que vous l'aventurière, à un moment, vous êtes obligée de rester dans votre chambre. Et ça c'est peut-être la pire des choses qui pouvait vous arriver. On vous oblige à rester sept jours enfermée à regarder la télévision. C'est terrible. C'est pire que le tigre. Ça pour vous c'est horrible.

    J'avais un pauvre petit médecin qui me dit : "écoutez Madame, ce qui va se passer c'est que…", je m'attendais au pire, "vous allez devoir rester couchée sept jours et ne pas bouger et puis l'os va se remettre automatiquement à sa position initiale". Et ce tout petit médecin je le regarde et je lui dis : "il n'y a aucun problème, je vais faire ça". Et justement je loue un vieux motel pourri en standard australien et vraiment j'ai une petite télévision dans la chambre et je découvre en fait des émissions un peu bizarres.

    Vous n'aviez pas TV5 Monde, sinon vous ne vous seriez pas ennuyé.

    Non. Je n'avais pas TV5 Monde. C'est dommage. Sarah, vous avez réveillé le tigre en vous. Il y a eu aussi des tempêtes et aussi la pluie, il y a tout ça.

    Il y a des choses magnifiques. Il a plu pendant trois mois, j'ai eu des histoires incroyables. Il y a aussi ces champignons phosphorescents, il y a aussi toutes ces découvertes, j'ai collecté des datas pour le gouvernement australien, pour le CSIRO qui est un organisme scientifique parce que justement y'a personne qui est allé dans ces forêts premières. 

    Et quand on dit aujourd'hui que les espèces naturelles disparaissent, d'un rapport que l'on vient mondialement de connaître. Vous vous dites qu'au fond c'est vrai, il y a ce combat-là qu'il faut mener.

    On est en crise. C'est maintenant, c'est pas demain, ce n'était pas hier. C'est maintenant. Maintenant je pense que chacun peut faire un pas de plus dans cette direction. Chaque personne qui achète quelque chose à l'heure actuelle, autant sa nourriture que des habits, que de la marchandise est responsable de la provenance du produit. Et je pense que la solution est individuelle à chaque personne. Et on espère qu'il y aura encore longtemps des tigres de Tasmanie, qui est une espèce menacée parmi tant d'autres, hélas, que vous avez été réveiller. Merci Sarah Marquis. En Tasmanie une épreuve initiatique dans l'Ouest inexploré avec notre aventurière préférée, publié chez Michel Lafon. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

    Merci.

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    00:08:18
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