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  • L'invité

    Hugo Clément

    Invité : Hugo Clément, journaliste français.

    Hugo Clément, journaliste pour le site Konbini et l'émission « Le Petit Journal » notamment, témoigne de son choix de ne plus manger d'animaux. À l'heure où la multiplication des vidéos sur la maltraitance animale et les défis écologiques des élevages de masse ont fait de cette question un enjeu de société, il publie « Comment j'ai arrêté de manger les animaux ».

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    Bonjour Hugo Clément. Bonjour. Journaliste Le Petit Journal, Quotidien, Koboni News dont vous êtes une des stars. Ravi de vous accueillir, et de vous accueillir en végétarien aujourd'hui. Exctement. Parce que ce livre s'appelle Comment j'ai arrêté de manger des animaux. Vous dites, un jour, j'ai eu la révélation. Pour sauver la planète, il faut arrêter de manger des animaux. Mon déclic, c'est un enchaînement de chiffres que vous avez vu dans ce livre, des chiffres de l'industrie de la viande et (...)

    Bonjour Hugo Clément. Bonjour. Journaliste Le Petit Journal, Quotidien, Koboni News dont vous êtes une des stars. Ravi de vous accueillir, et de vous accueillir en végétarien aujourd'hui. Exctement. Parce que ce livre s'appelle Comment j'ai arrêté de manger des animaux. Vous dites, un jour, j'ai eu la révélation. Pour sauver la planète, il faut arrêter de manger des animaux. Mon déclic, c'est un enchaînement de chiffres que vous avez vu dans ce livre, des chiffres de l'industrie de la viande et du poisson que je ne connaissais pas. On peut en citer un : 1,3 million d'animaux abattus tous les jours, en France. 2.500 milliards de poissons abattus tous les ans dans le monde. Cette accumulation de chiffres m'a fait me dire, je ne peux pas continuer à donner mon argent à ces industries et j'ai pris cette décision. L'objectif du livre n'est pas de dire aux gens, vous devez… Nous culpabiliser.  Absolument ça. Ce n'est pas de dire aux gens vous devez absolument faire ci, adopté tel régime alimentaire, c'est de rester factuel parce que dans ce domaine, les faits sont tellement accablants qu'il n'y a pas besoin d'aller plus loin, et de leur dire, voilà comment ça se passe, voilà pourquoi j'ai arrêté de manger les animaux. A vous de prendre la décision. Vous décrivez ce que vous appelez des usines de la mort. Ce sont les abattoirs. Aujourd'hui, il y a des zones sûres comme L214 qui montre cette réalité. Vous dites, l'animal a une conscience. Oui, l'animal a une conscience. L'animal a une personnalité. Aujourd'hui, beaucoup de travaux scientifiques l'ont prouvé. Le poulet qu'on mange le lundi matin n'est pas le même que le poulet qu'on va manger le vendredi soir. Ce sont deux animaux différents avec des affinités dans leurs groupes sociaux. On a tendance à considérer la viande comme une masse un peu informe, sans personnalité, sans individualité. C'est ça qui nous permet de manger aussi massivement les animaux parce que quand on a un lien direct avec les animaux, avec les chiens et les chats par exemple, ça nous paraît impossible de les manger. On mange des cochons, des vaches et des poulets parce qu'on n'a pas de lien direct avec eux, en tout cas pour les citadins. Vous dites que c'est une sorte de schizophrénie. Vous vous en étonnez. Est-ce que des gens qui aiment les animaux en mangent, sans savoir ce qui s'est passé ou comment ils ont été tués, de quelle manière ils ont pu souffrir.

    La plupart des gens qui aiment les animaux mangent des animaux. Quand on dit j'aime les animaux, ça concerne souvent les chiens, les chats, les animaux domestiques ou les animaux exotiques qu'on voit dans les films documentaires, mais ça n'empêche pas ces personnes de manger des cochons, des vaches, des poulets, qui sont des animaux aussi intelligents d'un point de vue cognitif et capacités intellectuelles que les chiens. En Europe, ça nous paraît inconcevable de manger des chiens. Quand on voit des images à la télé de certains pays d'Asie qui massacrent des chiens pour les manger, on se scandalise, à juste titre. Par contre, on fait la même chose chez nous, avec des mammifères comme le cochon.

    Vous dites que les vaches sont capables d'anticiper un évènement en fonction de leur expérience. Elles ont un lien très fort avec leur progéniture. Elles reconnaissent les humains. Elles sont sensibles. Les animaux sont sensibles. Les vaches sont capables de reconnaître des humains qui les traitent bien, des humains qui les traitent mal. Elles vont essayer de s'éloigner des humains qu'elles considèrent comme un danger. Vous dites que les porcs font preuve d'empathie envers les humains. Ils ont une intelligence machiavélique. Je raconte dans le livre des anecdotes où des porcs ont porté assistance à des humains, notamment un porc aux Etats-Unis. Sa maîtresse ayant fait une attaque cardiaque, elle est sortie, s'est allongée sur la route pour arrêter les automobilistes et a guidé les secours jusqu'à sa maîtresse. Donc oui, il y a des exemples nombreux d'empathie de ces animaux envers les humains. Vous dites que les volailles éprouvent des émotions comparables à celles des hommes, comme le deuil, la peur ou la joie. Une poule peut éprouver cela ? Oui, tout à fait. Il y a de très nombreuses études scientifiques qui l'ont prouvé. Il y a notamment un phénomène de deuil chez les poulets. Je raconte l'histoire de deux canards qui s'étaient échappés de l'élevage intensif. Ils ont été recueillis dans une ferme d'accueil. Quand l'un des deux est mort, l'autre est resté plusieurs jours, couché, à côté du cadavre de son camarade et a fait une sorte de dépression. C'est ainsi que l'ont décrit les scientifiques, à l'époque. Donc oui, il y a des phénomènes de deuil chez les animaux d'élevage. Ls moutons ont une excellente mémoire. Vous dites qu'ils ne sont pas comme on le dit, sans caractère, qu'ils suivent le troupeau. Vous dites que, au contraire, ils sont très marqués. Ils ont un caractère très individuel.  Oui, ils sont capables de réagir différemment à des situations en fonction de leur personnalité et de leur histoire. Ils ont des amis au sein d'un troupeau, des moutons avec qui ils vont coopérer, à qui ils vont donner de la nourriture quand il vient à manquer, et d'autres avec qui ils vont s'affronter. Dire que le mouton se contente de suivre bêtement un troupeau et n'a aucune capacité individuelle, c'est totalement faux. 

    C'est une déformation humaine. Quand on dit que le porc est sale, c'est totalement faux. Vous dites aussi que les poissons éprouvent de la douleur, éprouvent presque des sentiments quelque part.

    Aujourd'hui, il n'y a plus aucun doute sur le fait que les poissons éprouvent une douleur relativement similaire à celle qu'éprouvent les mammifères. Le système nociceptif, les capteurs sur la peau qui transmettent les signaux douloureux au système nerveux, sont quasiment les mêmes chez les poissons que chez les mammifères. Le poisson, on a du mal à s'identifier parce qu'il est éloigné de nous. Il ne crie pas. Parce on ne l'entend pas. On ne l'entend pas et puis c'est caché. Les océans, c'est caché. On connaît mieux la lune que les océans. C'est un massacre qui se passe sans qu'on ait un oeil à mettre dessus. C'est pour ça qu'on se sent peu concerné par ce que ressentent les poissons. Hugo Clément, on va vous dire que c'est un massacre nécessaire. Il faut bien nourrir des milliards d'habitants sur Terre. C'est vrai que c'est l'argument de l'industrie de la viande et du poisson, mais c'est un argument totalement fallacieux parce que la viande ne nourrit pas l'humanité. La viande fournit des produits aux pays riches essentiellement parce qu'un Français mange infiniment plus de viande que quelqu'un d'un pays moins développé,  comme certains pays africains. La viande nourrit les riches. Elle occupe, selon la FAO, 70 % de la surface agricole mondiale, alors qu'elle ne fournit que 18 % des calories. C'est totalement irrationnel comme système. Pour nourrir la planète, c'est beaucoup plus efficace et beaucoup moins coûteux de la nourrir à base de céréales et de plantes qu'à base de viandes. Au-delà, c'est ce qu'on disait au début, pour sauver la planète, du réchauffement climatique, il faut arrêter de manger des animaux. Vous avez à chapitre qui s'appelle Une rivière de merde, une montagne de merde. Vous dites que c'est ça, élever des animaux. Un problème de merde. C'est vrai que la question des déjections est une question très importante. Les élevages de porcs bretons, uniquement les élevages de porcs bretons produisent autant d'excréments que 60 millions d'humains. Je ne sais pas si on se rend compte de l'impact que ça a sur un environnement. On a des exemples très fréquents de l'impact de ces problèmes de lisier. Quand une fosse à lisier cède et se déverse dans la rivière, comme ça arrive souvent en Bretagne, c'est toute la faune de la rivière, sur plusieurs kilomètres, qui est massacrée. Ce sont des élevages ultra-polluants pour l'environnement. Un chiffre à retenir, selon la FAO toujours qui est un organisme de l'ONU, l'élevage au niveau mondial dégage 14,5 % du total des émissions de gaz à effet de serre. C'est plus que le secteur des transports. C'est plus que toutes les voitures, tous les trains et tous les avions de la planète réunis.

    On a vu un agriculteur sur Internet vous interpeller et dire je demande à Hugo Clément, il n'a qu'à venir avec moi, dans ma ferme, on va voir s'il sait mieux faire les choses que moi.  Je n'ai pas du tout la prétention de savoir mieux faire que les agriculteurs. C'est un métier très respectable et ils le font très bien parce qu'on oublie de dire que dans les agriculteurs, il n'y a pas que des éleveurs. Il y a même une majorité de gens qui travaillent la terre, qui produisent des végétaux. Ils sont plus nombreux que les éleveurs au niveau mondial. J'ai le plus grand respect pour les agriculteurs, et en particulier pour ceux qui font des efforts et qui essayent de se mettre au bio même si c'est plus difficile au début. Vous dites qu'il faut une transparence. Il y a L214 qui montre la réalité des abattoirs. Il faut dire aux gens voilà d'où vient votre nourriture. C'est ce que disait Paul McCartney. Si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien. Ce n'est pas pour rien que les abattoirs sont cachés, en périphérie des villes ou dans des campagnes profondes. Il n'y a même pas de panneau d'indication pour trouver des abattoirs. C'est ce que raconte, dans le livre, Olivier Falorni. C'est un député qui a dirigé une commission d'enquête sur les abattoirs. Même lui, en tant que député, n'arrivait pas à trouver les abattoirs parce qu'ils sont cachés. C'est une volonté de cacher ce qui se passe. L'industrie de la viande sait que son succès, sa survie dépend de la méconnaissance des consommateurs de ce qui se passe dans leurs usines.

    Il y a les végétariens comme vous. Il y a les végétaliens. Il y a les végans. Il y a ceux qui condamnent, y compris les courses hippiques, qui condamnent le fait de porter un vêtement qui peut venir d'un animal. Ça va trop loin, selon vous ? Je pense que chaque personne décide en fonction de ce qu'il estime être nécessaire, d'adopter un régime alimentaire ou de refuser de porter du cuir. Je suis dans une position relativement modérée. Je pense que chacun doit faire ce qui lui semble juste. Pour faire ce choix-là, il faut avoir les informations. C'est le but de ce livre, c'est de porter ces informations sous les yeux du plus grand nombre.

    Merci beaucoup Hugo Clément. Merci à vous. Ça s'appelle Comment j'ai arrêté de manger des animaux, non pas de la viande, mais des animaux. Ce sont des animaux, il ne faut pas l'oublier. Vous avez arrêté, Hugo Clément. Merci beaucoup d'avoir été notre invité sur TV5 Monde. Merci.

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