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  • L'invité

    Ramon Pipin

    Invité : Ramon Pipin, musicien français.

    Figure inclassable de la scène rock française, Ramon Pipin, fondateur des groupes Au Bonheur des dames et Odeurs est de retour avec un album solo « Qu'est-ce que c'est beau ». Musique, cinéma, théâtre, ce touche-à-tout montre une nouvelle fois que l'on peut rester libre en dehors des circuits au risque de devenir culte.

    Présentation : Patrick Simonin.

    Transcription

    C'est un personnage unique en son genre, il fait partie de la scène française depuis si longtemps. Ramon Pipin est mon invité, avec un nouvel album, parce que vraiment on peut dire que vous êtes (inaudible), Desproges, Lanzmann. Vous êtes Coluche. Vous avez écrit des disques pour Renaud, vous avez écrit des chansons avec lu. Vous faites partie du paysage, Ramon. C'est bien, mais je bouge. Paysage, souvent ça ne bouge pas, sauf quand il y a des tremblements de terre. Mais moi je bouge encore. Ave (...)

    C'est un personnage unique en son genre, il fait partie de la scène française depuis si longtemps. Ramon Pipin est mon invité, avec un nouvel album, parce que vraiment on peut dire que vous êtes (inaudible), Desproges, Lanzmann. Vous êtes Coluche. Vous avez écrit des disques pour Renaud, vous avez écrit des chansons avec lu. Vous faites partie du paysage, Ramon. C'est bien, mais je bouge. Paysage, souvent ça ne bouge pas, sauf quand il y a des tremblements de terre. Mais moi je bouge encore. Avec des chansons drôles. Du rock, des musiques de film, des livres…  Un livre. Un livre. Un livre qui racontait quoi, d'ailleurs ? Comment lasser ses chaussures ? Ça s'appelait "Une jeune fille comme il faut". C'était un livre sur la décrépitude, mais bourré d'humour, je crois. Et malheureusement, la boîte d'édition a fait faillite deux mois après la parution. Ce n'est pas de ma faute. C'est ça qui rend les choses cultes. 

    On va entendre une chanson, qu'on n'a pas vraiment oubliée. Est-ce que vous vous doutiez, en chantant ça un jour, que ça allait devenir un tube, et qu'encore aujourd'hui on danserait là-dessus ?

    Je vais vous dire la vérité, c'est que je n'aimais tellement pas cette chanson, je ne voulais pas l'enregistrer. J'ai toujours été un peu visionnaire commercialement, si vous voulez. Bravo. Écoutez, "Au Bonheur des Dames - Oh les Filles".

    Elle me dit que tout est fini Oh les filles, oh les filles Elles me rendent marteau Oh les filles, oh les filles

    "Oh les filles, oh les filles", au Bonheur des Dames. La pochette est mythique, elle s'appelait "Twist". Vous fondez ce groupe, Ramon.

     Voilà, j'ai fondé… J'ai fondé ce groupe, disons qu'on était trois au départ, et puis des gens nous ont rejoints assez rapidement. C'était les membres de mon groupe précédent, et on avait décidé de faire quelque chose de beaucoup plus léger, pour entre autres faire un tremplin. À l'époque, on appelait ça un radio-crochet, qui s'appelait le tremplin du Golf Drouot. On s'était dit : "On ne va pas se faire chier à répéter pendant un mois, on va répéter pendant une semaine pour pouvoir monter un répertoire rapide." Et on a gagné.

    Je disais, un peu de parodies, c'est drôle : "Peppermint Twist", "Twist à Saint-Tropez". C'était très rétro.

    En même temps, c'était les bons musicos. Il faut que je vous dise la vérité ?  Il y avait un guitariste qui s'appelait Ramon Pipin. Voilà, je passais beaucoup de temps à ce que ce soit bon. Mais c'était mes amis, et c'était magique. Il se passait un truc.

    C'était un succès phénoménal, le tube qu'on vient d'entendre. Numéro 1 au Hit Parade, Disque d'Or.

    Vous étiez dépassé par ce qui est arrivé, ou pas ? Vous disiez quoi ?

    Non, je n'étais pas dépassé. On a beaucoup, beaucoup tourné. On a vraiment écumé les scènes françaises. On a fait 110 concerts en 1975, dans l'année. Ça fait quand même un tous les trois jours. On est passé à l'Olympia, on est passé partout. 

    Les genres de pochettes : "Roulez bourrés", "Coucou Maman". Deuxième album, "Coucou Maman", avec la chanson interdite à la radio, "Laura", qui racontait l'histoire d'une tournante. Oui, on ne pourrait plus faire ça aujourd'hui. Non, c'est vrai. Elle a été interdite par Malabar. Malabar vous a fait un procès.

    Là, il y a une chanson… Les chewing-gums.

    Oui, c'était plus commercial. Mais sur cet album, il y a une chanson qui a été interdite, qui est donc "Laura". Et sur l'album suivant, il y a une autre chanson qui a été interdite pour d'autres raisons, mais je n'ai pas besoin de vous expliquer, qui s'appelait "Roulez Bourrés".

    Ah oui, ça on ne peut pas. Ce n'est pas possible. Non.

    C'est votre côté un peu Coluche, je disais. C'est votre côté un peu Desproges, provoque. Ce n'est pas moi qui ai écrit "Roulez bourrés", ni "Laura" d'ailleurs. Mais la provoque n'est pas une recherche, n'est pas une quête désespérée. Non, ça vient comme ça, on ne cherche pas vraiment à provoquer. Si on provoque, tant pis.

    J'ai une autre pochette, regardez. C'est quand même mythique. 

    C'est le devenir album… C'est mythique de l'histoire du rock, ça. "1980 : No Sex !", "Ramon Pipin's Odeurs". Rudement épatant, ce disque. Rudement épatant, c'était les parodies des pubs pour les tapis, tous les trucs que vous voulez. On avait mis ça : "Rudement épatant". Cet album, qui a très bien marché aussi, le deuxième album "Odeur", on en a vendus 150 000, il a réunit vraiment les plus grands musiciens de ces années-là. Didier Lockwood, Jean-Michel Kajdan, Bernard Paganotti, Manu Katché, tout ça. Ils sont tous là-dessus. Vous aviez fondé votre propre studio d'enregistrement ? Ils tous enregistrer là ? C'est là que j'ai enregistré tous mes albums, oui. C'est là que je rencontrais un peu tout le monde. Et comme ils étaient tous en train de s'emmerder derrière qui… Mireille Mathieu, je ne sais pas qui, ils venaient s'amuser avec moi. Je vous mohtre ça. Ça ne s'arrêtera jamais. C'est le nouvel album de Ramon Pipin. Il y a une chanson qui s'appelle "Qu'est-ce que c'est beau". Ça doit être l'âge. C'est romantique, c'est ça. Vous êtes sensible… C'est romantique ; et à un moment, je dis : "Les doigts d'un enfant dans la prise, qu'est-ce que c'est beau." Donc quand même, je reste fidèle à mes convictions. 

    Le travail de l'image et du clip extrêmement sophistiqué. Ce clip a été fait… Je vous raconterai après, parce que c'est incroyable, ce clip.  C'est incroyable. On le regarde quelques instants, c'est tellement beau. Regardez, les couleurs, le rythme, c'est magnifique. Écoutez mon hymne, il est sublime et je le joue sur mon piano U n film de Chaplin, dernière bobine, lorsqu'il s'éloigne à l'horizon Qu'est-ce que c'est beau Un 33 tours de Queen sur ma platine après un boeuf bourguignon Qu'est-ce que c'est beau C'est magnifique. Les images sont étonnantes, on est vraiment hypnotisé.

    Il faut quand même que je vous raconte… Très rapidement, très beau clip. Cette personne, c'est Maxime Ruiz, c'est la personne qui s'occupe de mes visuels depuis cet album-là. Ça fait 30 ou 40 ans. On cherchait comment faire. Et en une nuit, il a fait ce clip, et il me l'a posté le matin, il m'a dit : "Qu'est-ce que tu en penses ?" J'ai dit : "Je trouve ça formidable." Et en fait, il réagit à la chanson. Et à la fin, il dit : "Sa chanson est super, mais je ne trouve pas d'idée." Et il m'a envoyé ça, et j'ai trouvé ça magnifique.

    On parle de tout là-dedans. On parle du Brexit, on parle des livres de Zemmour. Vous êtes dans l'actu.

    Moi je suis dans l'actu, je tweete tous les jours sur mon compte Twitter sur l'actu. Facebook, je suis assez actif sur les réseaux sociaux. Parfois, quand j'entends la pauvreté de la musique nationale, de la musique française, j'ai eu envie de faire cette chanson. Il y a aussi des choses biens, quand même. Il y a plein de trucs que vous n'aimez pas. Ça, c'est cool. Vous n'aimez pas trop le rock à la français. Le rock à la française, vous n'avez jamais trop aimé ? 

    Il y a des choses que j'aime bien. Le cinéma à la française, il y a plein de choses que je n'aime pas, mais il y a deux, trois trucs que j'aime bien aussi. Ce n'est pas beaucoup.

    C'est vrai, c'est vrai.  Il y avait une chanson sur votre album précédent, d'ailleurs, qui était un peu là-dessus, non ?  De quoi ? C'était quoi ? Ah oui, c'est vrai. J'ai fait une chanson, mais j'incarne un personnage qui dit que tout est de la merde. Le refrain, c'est : "J'aime que dalle, ce n'est pas banal, mais ça m'est égal parce que le principal c'est que mon avocat soit dans la salle." Voilà, c'est ça. Oui, parce que comme je dis tout, "Johnny Hallyday c'est de la merde", et tout ça. Quand je fais ça sur scène… Vous ne le pensez pas vraiment ? Vous ne le pensez pas ? De quoi ? Que Johnny Hallyday, c'est de la merde ?  Ce n'était pas mon truc, non. Vous n'avez jamais fait de duo avec lui, ou… ? Non, ce n'était pas mon truc. Il aurait pu chanter "Oh les filles". Il aurait pu chanter… Oui, je l'ai croisé plusieurs fois. Je l'ai même croisé dans mon ascenseur, parce qu'il allait se faire de la chirurgie esthétique dans mon immeuble.

    Vous alliez aussi vous faire de la chirurgie esthétique ?  Non, je n'ai pas fait de chirurgie esthétique. C'était la mode du Botox, vous savez. Moi, je n'ai pas fait ça. Mais on vous aime comme, on vous aime au naturel.  Voilà. 

    Heureux comme sur la pochette de votre nouvel album. Ramon Pipin, qu'est-ce que c'est beau ! C'est le mot qui vient, d'ailleurs, quand on regarde la pochette. C'est le mot…  Qui vient quand on écoute le disque, surtout. J'espère. Surtout. Merci, Ramon. On voulait vraiment vous saluer, vous êtes absolument unique. Ramon Pipin était notre invité aujourd'hui.

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