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  • Légendes mythologiques

    Le mythe d'Achille

    Le mythe d'Achille

    La déesse Thétis, mariée au roi des Myrmidons, avait donné naissance à un fils, Achille. L’eau du Styx, l’un des fleuves des Enfers, avait le pouvoir de rendre invulnérable quiconque s’y baignait. Thétis était une mère aimante et protectrice, qui voulait assurer une longue vie à son enfant. Un matin, elle décida de se rendre avec son fils au bord du fleuve. L’enfant blotti dans ses bras était encore fragile et réclamait la tendresse de sa mère. Thétis lui caressa doucement les cheveux puis elle le souleva et le plongea dans l’eau vive, en le tenant fermement par le talon : 
    Mon enfant, grâce à cette eau, tu es désormais invincible, à toi maintenant d’accomplir ton destin.
    Pour éduquer son fils, elle avait demandé au centaure Chiron de lui apprendre le maniement des armes, la médecine, l’art de monter à cheval et la chasse. Ainsi, le jeune Achille avait toutes les qualités pour devenir un courageux guerrier, très redouté. Son tempérament naturellement fougueux et aventurier l’encourageait dans cette voie : il préférait une vie courte mais glorieuse à une vie longue et sans éclat. Telle était la nature d’Achille, un héros en puissance. 
    La guerre de Troie faisait rage. L’armée grecque cherchait de nouvelles recrues pour combattre dans ses rangs. Toutes les forces vives étaient mises à contribution. Un oracle, le devin Calchas, prédit alors qu’Achille serait indispensable à la victoire des Grecs.
    Apprenant cela, Thétis voulu soustraire son enfant à la guerre : elle le déguisa en jeune fille et le cacha sur l’île de Skyros, parmi la cour du Roi Lycomède. Mais la rumeur courait. Ulysse, valeureux combattant et héros de la guerre de Troie apprit où se cachait Achille et partit à sa recherche. Arrivé à Skyros, il lui dit :
    Achille, nous avons besoin de toi. Tu dois combattre à nos côtés car seul ton talent fera fléchir les Troyens.
    Achille n’avait pas besoin de beaucoup d’arguments pour être convaincu : sa nature guerrière reprit le immédiatement dessus, il accepta.
    Les guerriers grecs obéissaient à Agamemnon. Mais Achille, lui, dirigeait sa propre armée. La rivalité entre les deux puissants chefs était grande. Lors d’une conquête, Achille captura une jeune fille pour en faire sa compagne. Mais Agamemnon, jaloux, réclama que celle-ci le rejoigne. Achille dut céder à son rival.
    Blessé dans son orgueil, il entra dans une colère noire et prit une décision irrévocable :
    Puisque qu’Agamemnon m’a enlevé Briséis, je me retire des combats. Nous verrons s’il est capable de battre seul les Troyens.
    Achille s’isola sous sa tente. Les jours, puis les semaines passèrent. Sans lui et son armée, les Troyens progressaient vite. Pour les grecs, c’était la débâcle. Patrocle, son ami fidèle, demanda alors à Achille s’il pouvait combattre à sa place. Celui-ci accepta et, en signe d’amitié, il lui prêta son armure. Courageusement, Patrocle parvint, pendant un temps, à mettre en déroute l’ennemi. Mais un jour, lors d’un combat héroïque contre Hector, le prince troyen, Patrocle fut tué. Bientôt, Achille apprit la mort de son ami, il était désespéré. Il organisa des funérailles grandioses :
    Patrocle, mon cher ami, fidèle et loyal… ton sang n’aura pas coulé pour rien, je vengerai ta mort. Aujourd’hui même je reprends les armes, Hector mourra de ma main, je t’en fais le serment.
    Achille fit appel au dieu du feu, Héphaïstos, pour lui forger une nouvelle armure. Plus déterminé que jamais, le valeureux guerrier partit à la recherche d’Hector. Enfin, il le trouva et le duel s’annonçait féroce. A l’aube, les deux ennemis s’affrontèrent. Hector lança son épieu mais rata sa cible. Achille prit alors son épée et atteignit Hector à la clavicule : il chancela. Il se rapprocha ensuite de son ennemi pour lui asséner le coup de grâce : Hector tomba, mort. Son sang coula sur la terre humide. Et pour que personne ne put jamais oublier, Achille attacha le cadavre de son ennemi à son char et le traîna jusqu’au camp grec. Là se trouvait le tombeau de Patrocle. Sa mort était vengée, la gloire d’Achille était immense.
    Mais Pâris, le frère d’Hector, ne pouvait laisser un tel crime impuni. A son tour, il voulait se venger. Un soir où les derniers rayons du soleil éclairaient encore les plaines, Pâris et Achille se firent face, prêts pour un long et rude combat. Les premiers échanges montraient le courage de chacun. Mais peu à peu, leurs forces diminuaient. Le combat dura longtemps, ils étaient épuisés. A bout de souffle, Pâris sortit alors une ultime flèche de son carcan, banda l’arc et tira, avec une force décuplée. Le Dieu Apollon, guida la trajectoire de la flèche. Car lui seul connaissait la faiblesse d’Achille. L’invincible guerrier, qui avait surmonté tant d’épreuves, possédait une unique fragilité. Quand sa mère l’avait plongé dans l’eau, elle l’avait tenu par le talon, oubliant de baigner entièrement son fils. Le talon d’Achille resta ainsi le seul point du corps qui n’était pas invincible. La flèche transperça le talon, de part en part. Achille mourut, sous le coup.


    Publié le 14 mars 2017
    00:06:05
    Disponible jusqu'au : 15 mars 2030
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